Deux tiers des plate-formes d'approvisionnement sont bloqués par des agriculteurs en colère. Conséquence, certains rayons commencent à se vider. Le point. © eTF1Les agriculteurs sont remontés et ils entendent le faire savoir. Depuis jeudi soir, ils bloquent deux tiers des plateformes d'approvisionnement des grandes surfaces afin de dénoncer leurs marges. La mobilisation est plus importante que prévu et déjà les ruptures d'approvisonnement commencent à toucher certaines grandes surfaces. "Selon les enseignes, les ruptures d'approvisionnement peuvent aller jusqu'à 25% des produits laitiers", estime la Fédération du commerce et de la Distribution. Une situation qui "risque encore de s'aggraver avec le pic de consommation que l'on connaît traditionnellement le week-end". Selon la fédération, "si la situation ne se débloque pas immédiatement, plus de 50% des produits laitiers ne manqueront dès demain ou lundi dans les linéaires".
Vendredi après-midi, 41 plateformes sur 60 étaient bloquées par quelque 7000 agriculteurs, sur tout le territoire, à l'exception de l'Ile-de-France et du Nord-Pas-de-Calais. La FNSEA, principal syndicat agricole, réclame notamment la création d'un "dispositif d'encadrement des marges" des grandes surfaces, déplorant les effets pervers de la LME. Ce texte, adopté il y a près d'un an, "a conféré à la distribution un pouvoir de négociation encore plus grand qui, aujourd'hui, se répercute lourdement sur les équilibres économiques de leurs fournisseurs et par là même sur ceux des producteurs", déplore le syndicat, qui estime également que l'Observatoire des marges, mis en place en décembre 2008, "ne fonctionne pas". La FNSEA attend par conséquent "des engagements réels" de la part des industriels, des coopératives et de la grande distribution.
La transparence des prix
Face à la grogne des agriculteurs, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a d'abord assuré que le gouvernement était disposé à envoyer des inspecteurs du ministère des Finances dans les grandes surfaces ne jouant pas "le jeu de la transparence" sur les marges des produits agricoles. En milieu d'après-midi, le ministère a également annoncé que les agriculteurs seront reçus samedi à 10 heures par Michel Barnier et Luc Chatel, le secrétaire d'Etat à l'Industrie et la Consommation. La rencontre se tiendra à Bercy en présence des présidents de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs et portera notamment "sur la transparence dans la formation des prix alimentaires et sur les conditions d'application de la loi de modernisation de l'économie en matière de relations commerciales".
Après cette annonce, les agriculteurs du Puy-de-Dôme et de l'Allier ont décidé de lever leur blocage, estimant avoir "réussi à attirer l'attention des gens sur le problème des marges avec la grande distribution". Levée du blocage également de la plate-forme Aldi de Cavaillon, dans le Vaucluse, dans l'attente de la réunion de Paris et d'une autre mardi en préfecture. En Loire-Atlantique, les agriculteurs ont aussi levé vers 22 heures leurs barrages qui bloquaient depuis plusieurs jours deux centrales d'achats à Sautron et Saint-Etienne-de-Montluc, selon la FRSEA. Déterminés à obtenir gain de cause, la plupart des manifestants maintenaient toutefois la pression sur le terrain vendredi en début de soirée. Prévu pour durer 48 heures, le mouvement avait débuté officiellement jeudi soir, mais a en fait commencé depuis plusieurs jours dans le Grand Ouest à l'initiative d'éleveurs en colère contre le récent accord sur le prix du lait, jugé très insuffisant.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




