© DRRevendication récurrente de l'organisation patronale, vivement contestée par les syndicats, un éventuel report de l'âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans, sera examiné lors d'un point d'étape en 2010. Le Premier ministre, François Fillon, a estimé que la question devrait être posée lors d'élections présidentielle ou législatives. C'est dans ce contexte que la présidente du Medef, Laurence Parisot, réaffirme dans un entretien au Monde que reporter l'âge de la retraite en France est inéluctable pour répondre à l'allongement de la durée de la vie.
"Il est évident que, pour assurer de vraies retraites à tous, notre pays devra un jour repousser l'âge légal du départ à la retraite", déclare la "patronne des patrons". Selon elle, "on ne peut pas gagner chaque année un peu plus en espérance de vie, et cesser de travailler de plus en plus tôt. C'est un vrai problème et tant que nous ne l'aurons pas résolu, les Français continueront d'être minés par l'angoisse qui, hélas !, nous est si propre".
7,7 milliards d'euros de déficit
La question du financement est en effet posée avec plus d'acuité par la crise : la commission de comptes de la Sécurité sociale estime que le déficit de la branche vieillesse atteindra 7,7 milliards d'euros cette année. Le déficit global de la Sécurité sociale devrait doubler par rapport à l'an dernier sous l'effet de la crise, à 20,1 milliards d'euros. D'où la recherche de solutions.
Les réformes successives ont allongé la durée de cotisation nécessaire pour une retraite à taux plein, de 37,5 ans avant 1994 à 41 ans en 2012, mais n'ont pas touché à l'âge légal : les salariés peuvent donc partir à 60 ans, mais avec une pension amputée pour tous ceux d'entre eux qui n'ont pas assez cotisé. En mai 2008, François Fillon avait affirmé que le report de l'âge légal n'était "pas une piste", et le plan gouvernemental sur les retraites se contentait de "prendre acte" de la revendication patronale en ce sens. Lundi toutefois, une semaine avant le discours de Nicolas Sarkozy devant le Congrès à Versailles, François Fillon a estimé que ce n'est désormais "pas une question taboue", en soulignant que "dans tous les pays européens, on a repoussé l'âge légal de la retraite".
Infléchissement annoncé côté gouvernement
Cet infléchissement annoncé de la politique gouvernementale a poussé les syndicats à monter au créneau. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a estimé mardi sur i-Télé que le gouvernement commençait à "préparer l'opinion publique" à un possible relèvement de l'âge de la retraite légale. Face à ces mises en gardes syndicales, les dernières déclarations de Laurence Parisot dans Le Monde ne sont que le dernier épisode d'une offensive symétrique de la part du Medef : ainsi, lors de sa conférence de presse mensuelle mardi matin à Paris, la "patronne des patrons" avait déjà remis le sujet sur le tapis, avec prudence toutefois et en estimant qu'il fallait "regarder le dossier dans sa globalité" en prenant en considération "l'âge de départ, le taux d'activité des séniors, la pénibilité" de la carrière professionnelle. Et, rappelant qu'une négociation infructueuse sur ce dernier point avait eu lieu avec les syndicats, elle s'était dite "prête à signer à chaque instant" le volet prévention du projet d'accord inabouti.
Toutefois, sur le cas difficile de l'indemnisation, elle avait réaffirmé la position constante du Medef, qui avait fait achopper la discussion avec les syndicats : la pénibilité doit être "reconnue par une commission médicale, ça ne peut pas être un critère global mais une reconnaissance au cas par cas".
D'après agence
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