Nicolas sarkozy devant l'OIT le 15 juin 2009 © Pascal Lauener / Reuters"La mondialisation ne survivra pas à la loi de la jungle (...) Allons nous tirer les leçons de l'Histoire pour qu'elle ne recommence pas ? Alors que l'économie mondiale est plongée dans une crise sans précédent depuis 1929, pouvons-nous attendre ? ", a martelé un Nicolas Sarkozy alarmiste au sommet mondial sur l'emploi de l'Organisation internationale du travail à Genève. "Il faut régler la question du capitalisme financier. La crise nous rend de nouveau libres d'imaginer. Nous ne pouvons plus reculer. (...) Le monde est passé au bord de la catastrophe", a ajouté le président français.
Le chef de l'Etat a défendu devant les 183 membres de l'organisation une "révolution" qui permettrait de rendre obligatoires les normes votées par l'OIT, une institution créée en 1919. "Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme, c'est comme une feuille qui s'envole dans le vent", a-t-il insisté sous une nuée d'applaudissements.
Un zeste de taxe carbone
Concrètement, le président français Nicolas Sarkozy a prôné lundi un renforcement du rôle de l'OIT, qui œuvre à améliorer les conditions de travail au niveau international, face aux grandes institutions financières telles le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) ou l'Organisation mondiale du commerce (OMC). "L'OMC ne peut pas être le seul à décider de tout. Il faut plus de pouvoir au FMI, à l'OMS et à l'OIT", a-t-il insisté.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a appelé à "mettre en place les décisions du G20 sur la régulation financière. (...) Il est irresponsable de croire que la crise est une parenthèse. (...) Dans la déloyauté de la concurrence mondiale, ce sont les monnaies qui jouent aujourd'hui le rôle le plus important. Il faudra bien qu'à l'avenir le G20 se saisisse aussi de cette question". Il a aussi fait un lien entre l'emploi et le thème, très en vogue, de l'écologie. "L'Europe doit être exemplaire. La France veillera à ce qu'aucun débat ne soit enterré. (...) La taxe carbone est la condition d'une concurrence loyale", a encore déclaré le président de la république, une semaine après la vague verte aux élections européennes.
Le président du syndicat CFTC Jacques Voisin s'est déclaré "assez sceptique" sur l'application des engagements pris lundi par Nicolas Sarkozy à l'Organisation internationale du travail (OIT) tandis que la CFDT a souhaité que la France "passe des discours aux actes".
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