
Bien que déçus par la réunion avec le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, les salariés du sous-traitant automobile en liquidation New Fabris ont décidé de poursuivre les négociations jeudi, sans nouvelles menaces. "Les quatre syndicats de salariés se sont clairement positionnés pour continuer les négociations et les salariés ont décidé de les suivre. L'ultimatum qui avait été fixé au 31 juillet a été maintenu mais les bonbonnes de gaz ne seront pas pour l'instant réinstallées", a annoncé le délégué FO Dominique Duval. Une réunion de négociation était prévue dans l'après-midi à la sous-préfecture de Châtellerault à la suite de la réunion au ministère mercredi. "Il reste huit jours, le temps est compté, la porte a été ouverte, nous voulons aller jusqu'au bout mais nous voulons nos 30.000 euros", a souligné le délégué syndical.
Les 366 salariés de l'usine avaient suspendu lundi leur menace de la faire sauter afin d'obtenir un rendez-vous avec Christian Estrosi. Ils réclament 30.000 euros de prime extra-légale, au-delà des indemnités minimales prévues par la loi. Les propositions du ministre de l'Industrie sont restées bien en deçà : 11.000 euros par personne. La prime proposée par Christian Estrosi, qu'il appelle "aide personnelle à la recherche d'emploi", serait financée par les clients de New Fabris, les constructeurs Renault et PSA, qui se sont engagés à racheter les stocks (évalués à 2,4 millions d'euros) et une partie de l'outillage (1,3 million). "S'il doit y avoir une prime extra-légale, il faut la considérer comme une somme qui est utilisée pour favoriser le retour à l'emploi", a insisté le ministre, qui juge "qu'une prime, ça ne redonne pas un travail". Renault, devant le siège duquel les salariés avaient manifesté jeudi, estime aussi que la pratique de ces primes dans l'automobile n'est "pas une bonne chose" car "elles sont aléatoires et de court terme".
Les "Fabris" ne baissent pas les bras
Christian Estrosi a également annoncé que l'Etat investirait 1,5 million d'euro pour la revitalisation du territoire, somme que doivent compléter Conseil général et Conseil régional. Il vise la création de 400 emplois dans la zone, pour lesquels les salariés de New Fabris seront prioritaires. De plus, 18 salariés de plus de 56 ans pourront bénéficier "de manière dérogatoire" d'une allocation spéciale. Ils pourraient ainsi partir en pré-retraite.
Comme l'avait annoncé Christian Estrosi il y a une semaine, les salariés auront droit au Contrat de transition professionnelle, dispositif de reclassement ou reconversion réservé à quelques bassins d'emplois. Dans ce cadre, chaque salarié touchera "une indemnisation légale de 17.500 euros" et de plus, leur salaire sera garanti "à hauteur de 95% pendant un an". 236 des 366 salariés ont déjà signé un CTP et n'ont donc plus "les mêmes revendications" de 30.000 euros de prime, d'après le ministre.
Mais tout ceci reste insuffisant pour les "Fabris" qui, a précisé le délégué CGT Christian Paupineau, appellent à une manifestation le 30 juillet au départ de l'usine. Selon le syndicaliste, "le 31 juillet, ce sont les salariés présents qui décideront ce qu'il faut faire". Même si le chantage au gaz ne semble plus d'actualité, de nouvelles actions violentes ne sont pas exclues : vendredi dernier, déçus de ne pas avoir été reçus au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, les salariés avaient détruit une machine en l'incendiant, la neuvième depuis la liquidation le 16 juin.
D'après agence
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