Il n'y aura plus de chantage aux bouteilles de gaz

le 23 juillet 2009 à 08h08 , mis à jour le 23 juillet 2009 à 14h44

Déçus par les propositions d'Estrosi, les salariés de l'usine en liquidation judiciaire New Fabris poursuivent leur mobilisation, mais ne menacent plus de détruire le site.

Usine New Fabris

Bien que déçus par la réunion avec le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, les salariés du sous-traitant automobile en liquidation New Fabris ont décidé de poursuivre les négociations jeudi, sans nouvelles menaces. "Les quatre syndicats de salariés se sont clairement positionnés pour continuer les négociations et les salariés ont décidé de les suivre. L'ultimatum qui avait été fixé au 31 juillet a été maintenu mais les bonbonnes de gaz ne seront pas pour l'instant réinstallées", a annoncé le délégué FO Dominique Duval. Une réunion de négociation était prévue dans l'après-midi à la sous-préfecture de Châtellerault à la suite de la réunion au ministère mercredi. "Il reste huit jours, le temps est compté, la porte a été ouverte, nous voulons aller jusqu'au bout mais nous voulons nos 30.000 euros", a souligné le délégué syndical.

Les 366 salariés de l'usine avaient suspendu lundi leur menace de la faire sauter afin d'obtenir un rendez-vous avec Christian Estrosi. Ils réclament 30.000 euros de prime extra-légale, au-delà des indemnités minimales prévues par la loi. Les propositions du ministre de l'Industrie sont restées bien en deçà : 11.000 euros par personne. La prime proposée par Christian Estrosi, qu'il appelle "aide personnelle à la recherche d'emploi", serait financée par les clients de New Fabris, les constructeurs Renault et PSA, qui se sont engagés à racheter les stocks (évalués à 2,4 millions d'euros) et une partie de l'outillage (1,3 million). "S'il doit y avoir une prime extra-légale, il faut la considérer comme une somme qui est utilisée pour favoriser le retour à l'emploi", a insisté le ministre, qui juge "qu'une prime, ça ne redonne pas un travail". Renault, devant le siège duquel les salariés avaient manifesté jeudi, estime aussi que la pratique de ces primes dans l'automobile n'est "pas une bonne chose" car "elles sont aléatoires et de court terme".

Les "Fabris" ne baissent pas les bras 

Christian Estrosi a également annoncé que l'Etat investirait 1,5 million d'euro pour la revitalisation du territoire, somme que doivent compléter Conseil général et Conseil régional. Il vise la création de 400 emplois dans la zone, pour lesquels les salariés de New Fabris seront prioritaires. De plus, 18 salariés de plus de 56 ans pourront bénéficier "de manière dérogatoire" d'une allocation spéciale. Ils pourraient ainsi partir en pré-retraite.

Comme l'avait annoncé Christian Estrosi il y a une semaine, les salariés auront droit au Contrat de transition professionnelle, dispositif de reclassement ou reconversion réservé à quelques bassins d'emplois. Dans ce cadre, chaque salarié touchera "une indemnisation légale de 17.500 euros" et de plus, leur salaire sera garanti "à hauteur de 95% pendant un an". 236 des 366 salariés ont déjà signé un CTP et n'ont donc plus "les mêmes revendications" de 30.000 euros de prime, d'après le ministre.

Mais tout ceci reste insuffisant pour les "Fabris" qui, a précisé le délégué CGT Christian Paupineau, appellent à une manifestation le 30 juillet au départ de l'usine. Selon le syndicaliste, "le 31 juillet, ce sont les salariés présents qui décideront ce qu'il faut faire". Même si le chantage au gaz ne semble plus d'actualité, de nouvelles actions violentes ne sont pas exclues : vendredi dernier, déçus de ne pas avoir été reçus au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, les salariés avaient détruit une machine en l'incendiant, la neuvième depuis la liquidation le 16 juin.

D'après agence

le 23 juillet 2009 à 08:08
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7 Commentaires

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  • Gérard, le 24/07/2009 à 15h15

    Il n'y a pas grand danger car ce n'est pas à la portée du premier grèviste venu de faire sauter un ensemble de bouteilles de gaz. Leur menace est et a toujours été bidon.

  • Ppj01, le 24/07/2009 à 13h27

    Une telle négociation s'appelle du terrorisme. Pour retrouver un travail, vont-ils employés les mêmes méthodes ? Casser son outil de travail et se plaindre comme ils le font fait penser à un caprice de gamin de 6 ans. J'espère qu'ils éduquent leurs enfants sur d'autres bases que celles qu'ils nous montrent.

  • Gg, le 23/07/2009 à 13h03

    Je vais peut être quitter l'entreprise qui m'emploie car elle manque de travail, je vais donc être licencié ! croyez vous que je puisse espérer toucher une prime de départ suplémentaire de 30000 euros ...... ? non sans aucun doute et pourtant je ne veux pas faire sauter mon entreprise ! ! ! j'ai un peu honte de la façon de réagir des syndicats car il y a vraiment 2 sortes de travailleurs ! ceux qui cassent tout........ et ceux qui malgré tout sont responsables .

  • TOTO CGT 06, le 23/07/2009 à 11h33

    Me royal a toulour ètèe la plus unitaire à gauche c'est gros comme une maison !

  • ABSURDE, le 23/07/2009 à 09h34

    Et etonnant......C'est un chantage inadmissible meme si l'on peut comprendre le desarroi des salariés ... A quand le placement des bombonnes de gaz chez MME SEGOLENE ROYAL suite au licenciement de deux de ses collaboratrices ?

  • Tif, le 23/07/2009 à 09h05

    Menaces afin d'obtenir de l'argent...on appelle ça comment déjà? Ah oui Extorsion de fonds, racket...(merci de me publier de temps en temps) Tif Paris

  • LesComiques, le 23/07/2009 à 09h04

    C'est pathétique..... Pourquoi ne pas demander 1.000.000 euros par salarié... Je trouve cela incompréhensible vu qu'elle va déjà se cumuler avec les assédic. Une prime raisonnable n'est pas une prime de 30.000?. C'est vraiment un monde de fainéants et après on s'étonne de ce qui se passe partout. Si seulement tous ceux qui se faisaient licencier avait la CGT avec eux pour négocier.

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