"Les Fabris" déçus par leur rencontre avec Estrosi

le 22 juillet 2009 à 16h24 , mis à jour le 22 juillet 2009 à 19h04

Les 366 salariés de New Fabris, en liquidation judiciaire, n'ont pas obtenu la prime de 30.000 euros qu'ils réclament sous peine de faire sauter l'usine.

Usine New Fabris

Regardez la réaction des salariés
 

Les propositions du ministre de l'Industrie Christian Estrosi ne semblent pas avoir été à la hauteur des attentes des "Fabris". Une prime de 11.000 euros a été proposée à chacun des 366 salariés de l'usine New Fabris à Châtellerault  dans la Vienne par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, mais les syndicats,  venus mercredi à Paris le rencontrer, ont jugé cette mesure insuffisante. Les salariés de l'usine en liquidation judiciaire, qui avaient suspendu lundi leur menace de faire sauter l'usine afin d'obtenir ce rendez-vous,  réclament 30.000 euros de prime extra-légale, au-delà des indemnités minimales  prévues par la loi. Ils se prononceront sur les propositions gouvernementales jeudi en assemblée  générale sur le site de fabrication de pièces automobiles, en milieu de journée,  et décideront alors de réinstaller ou non les bonbonnes de gaz. Une nouvelle réunion avec les syndicats doit se tenir à 16h jeudi à la  sous-préfecture de Châtellerault.

Lors d'une rencontre à Bercy qui a duré plus d'une heure mercredi, en  présence de sept délégués de l'entreprise, M. Estrosi a proposé une prime, qu'il  appelle "aide personnelle à la recherche d'emploi", de 11.000 euros par salarié.  Elle serait financée par les clients de New Fabris, les constructeurs  Renault et PSA, qui se sont engagés à racheter les stocks (évalués par le  tribunal de commerce à 2,4 millions d'euros) et une partie de l'outillage (1,3  million), selon le ministre. "S'il doit y avoir une prime extra-légale, il faut la considérer comme une  somme qui est utilisée pour favoriser le retour à l'emploi", a insisté le  ministre, qui juge qu'"une prime, ça ne redonne pas un travail". Il a également annoncé que l'Etat investirait 1,5 million d'euros pour la  revitalisation du territoire, somme que doivent compléter le Conseil général et  le Conseil régional. Il vise la création de 400 emplois dans la zone, pour  lesquels les salariés de New Fabris seront prioritaires.

La CGT veut "du concret" 

De plus, 18 salariés de plus de 56 ans pourront bénéficier "de manière dérogatoire" d'une allocation spéciale. Ils pourraient ainsi partir en  pré-retraite. Comme l'avait annoncé Christian Estrosi il y a une semaine, les salariés auront  droit au Contrat de transition professionnelle (CTP), un dispositif de  reclassement ou reconversion réservé à quelques bassins d'emplois.   Dans ce cadre, chaque salarié touchera "une indemnisation légale de 17.500  euros" et de plus, leur salaire sera garanti "à hauteur de 95% pendant un an", a  assuré le ministre. 236 des 366 salariés ont déjà signé un CTP et n'ont donc  plus "les mêmes revendications" de 30.000 euros de prime, d'après lui.

"La CGT est très déçue, très en colère, nous on reste toujours sur 30.000  euros", a réagi Guy Eyermann, délégué CGT (majoritaire) et secrétaire du comité  d'entreprise, après la réunion. La CGT veut "du concret", car la "revitalisation  du bassin de Châtellerault (...), on en parle depuis des années, et on n'a  toujours rien vu", a ajouté le délégué. Les autres représentants se sont montrés plus modérés, bien qu'en attente de  "nouvelles avancées". "Je continue les discussions, peut-être que demain on arrivera à 18.000 et  lundi à 25.000", a espéré Dominique Duval (FO). Eric Poisson (CFDT) pense aussi "pouvoir arriver à négocier encore". Pour Christian Estrosi, "la discussion a été constructive, aussi constructive  qu'elle a pu l'être chez Nortel, aussi constructive qu'elle le sera sans doute  dans les semaines qui viennent chez Molex", d'autres entreprises en crise.

(D'après agences)

le 22 juillet 2009 à 16:24
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4 Commentaires

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  • Papou, le 22/07/2009 à 20h19

    Lulu79 et RV2005 c'est facile de faire la morale aux autres lorsqu'on n'est pas concerné par la crise actuelle et si demain matin votre patron mettait la clé sous la porte faute de commande, quelle serait votre réaction ?..... Alors un peu de respect et vivons unis pour être les plus forts. A bon entendeur salut!

  • ARMADA, le 22/07/2009 à 18h25

    Le désespoir peut amener à des pratiques et actions répréhensibles !

  • Lulu79, le 22/07/2009 à 17h43

    Mais quand ils auront bien écumé Renault et Psa et bien il faudra faire la même chose pour les employés de ces groupes qui seront mis dehors à leur tour donc c'est le serpent qui se mord la queue.....Alors un peu de retenue et formons nous Tous aux technologies de demain il y a urgence.

  • Rv2005, le 22/07/2009 à 17h25

    Mais que vont-il faire de leur 30 000 euros en prison...car si je ne m'abuse, menacer de faire sauter un lieu est répréhensible par la loi non...Parce que dans le cas contraire, dites-le moi,et je vais tout de suite demander une augmentation à mon patron avec un couteau et un bidon d'essence ou bien je vais exiger de ne pas payer d'impôts à l'aide d'un fusil mitrailleur...

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