
Une délégation des "Fabris" rencontre ce mercredi à Paris le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, pour une réunion vue par certains salariés comme celle de la "dernière chance", après leur décision de suspendre "momentanément" la menace de faire sauter l'usine. Les 366 employés de ce sous-traitant automobile de Châtellerault mis en liquidation réclament une prime de départ de 30.000 euros. Or les sommes proposées par Renault et PSA, les principaux clients de la société, restent bien inférieures à ce montant.
Avant cette rencontre, Christian Estrosi s'est efforcé de déminer le terrain en relativisant l'importance de la somme réclamée par les salariés. "Je comprends la préoccupation de la prime, mais la prime dans deux ans, quand on l'aura consommée, quel sera l'avenir de chacun ?", s'est interrogé le ministre de l'Industrie sur Europe 1. "Je ne veux pas privilégier la prime. (...) La prime c'est une impasse (...) parce qu'au terme de la prime, il n'y a plus de boulot et il y a des territoires totalement dévitalisés".
"Trouver le juste équilibre"
A l'opposé de cette impasse, "ce que je veux, assure le ministre, c'est trouver le juste équilibre entre la prime, qui est légitime et juste selon les situations, et la capacité que nous pouvons donner à chaque salarié de retrouver demain sa dignité par l'emploi. Ce sont ces deux pistes que je veux travailler et sur la base desquelles je veux discuter avec les salariés. J'étudie toutes les pistes de revitalisation et de retour à l'emploi, parce que le retour à l'emploi c'est pour moi beaucoup plus de dignité que le seul départ avec une prime".
Christian Estrosi a indiqué qu'il essayait "d'obtenir de PSA et de Renault qu'il y ait une part de rachat des outils qui permettrait de grossir l'évaluation faite par le tribunal de commerce". Les deux constructeurs se sont engagés à racheter les stocks qui leur étaient destinés "sous condition de la qualité et de la quantité des stocks" et "sous réserve que le montant de ce rachat soit consacré aux indemnités des salariés". Mais cette opération ne rapporterait que 6600 euros à chacun des salariés, disent les syndicats. Depuis le début du conflit et la liquidation le 16 juin dernier, les salariés ont détruit neuf machines de l'usine.
D'après agences
Retour MYTF1
Chargement en cours...




