© TF1Deux cents manifestants producteurs de fruits et légumes du Languedoc-Roussillon ont bloqué pendant une partie de la matinée de jeudi le trafic sur l'autoroute A9, à hauteur du péage du Boulou, à 6 km de la frontière espagnole, occasionnant d'importantes difficultés de circulation. S'ils laissaient passer les véhicules légers de tourisme, tout en distribuant des tracts à leurs occupants ainsi que des tomates, pêches et melons, ils empêchaient le passage des camions entrant en France.
Si le blocus a été levé en fin de matinée, les manifestants ont ensuite deversé des stocks de fruits et légumes à la sortie de l'autoroute à Perpignan. Les gendarmes ont détourné la circulation automobile en attendant que la chaussée soit dégagée. A la mi-journée, l'action avait occasionné 42 km de bouchons, sans compter les poids lourds. Ces derniers sont en effet retenus du côté espagnol, et la Garde civile, qui gère le problème en collaboration avec les forces de l'ordre française, a décidé de stocker les camions sur le circuit de Barcelone pour éviter qu'ils n'aillent ajouter à la confusion sur les routes françaises.
La grande distribution mise en accusation
Selon une source sur place, les manifestants auraient lancé un ultimatum au gouvernement : ils lui auraient laissé jusqu'à vendredi soir pour revoir le coefficient multiplicateur de leur production (qui sert à calculer le prix de vente d'un produit TTC à partir de son prix hors taxe), faute de quoi ils auraient menécé de saccager les grandes surfaces de Perpignan.
"Nous menons une action symbolique contre l'attitude de la grande distribution et les grossistes qui n'ont pas encore basculé leurs achats vers les produits français, à la différence des autres années", a fait savoir Gérard Majoral, responsable local de la FNSEA et membre de la fédération nationale des producteurs de fruits. "Nous avons choisi la journée de jeudi parce que c'est un gros jour d'approvisionnement pour les grandes surfaces, nous ne voulons pas toucher ni détériorer la cargaison des producteurs espagnols, qui sont aussi dans une situation difficile".
Selon le syndicaliste, "la grande distribution profite du différentiel de charges sociales entre la France et l'Espagne, et avec les grossistes ils spéculent contre les producteurs en invoquant une pseudo-crise, alors que les chiffres de consommation sont meilleurs que ceux de 2008, qui était une bonne année".
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