Martin Hirsch, initiateur du RSA, revenu de solidarité active. © TF1/LCILes premiers versements du revenu de solidarité active (le RSA) débutent ce lundi pour 1,3 million de foyers, environ un mois après l'entrée en vigueur de cette nouvelle allocation. Les premiers à toucher leur RSA sont ceux qui se sont inscrits avant le 15 juin ; ceux inscrits avant le 30 recevront un versement en août. Quant aux autres, ils ont tout simplement perdu leur droit pour le mois de juin. Sur les 1,3 million de "RSAistes", comme les appelle le Haut commissariat aux Solidarités actives, Martin Hirsch, 1,1 million sont d'anciens titulaires du RMI et de l'Allocation parent isolé (API) et environ 185.000 sont des "travailleurs modestes".
Premier anniversaire en demi-teinte pour le RSA
Créé il y a un an par Martin Hirsch le Revenu de solidarité active ne compte pas autant de bénéficiaires qu'escomptés mais il aurait "permis d'amortir le choc de la crise".
Publié le 01/06/2010
Les anciens Rmistes percevront un montant identique au RMI (454 euros pour un célibataire). Pour les actifs, le montant variera selon les ressources, la situation familiale et l'âge des enfants. A titre d'exemple, une personne seule avec un salaire de 1000 euros, sans allocation logement, touchera un RSA de 74,63 euros.
Hisser 700.000 personnes au-dessus du seuil de pauvreté
La plupart des dossiers ont été déposés dans les Caf, qui ont eu à gérer un important afflux avec des effectifs certes renforcés, mais encore insuffisants, pour les syndicats. Selon le cabinet de Martin Hirsch, à terme, 3,1 millions de foyers devraient percevoir le RSA qui permettra à 700.000 personnes de passer au-dessus du seuil de pauvreté (fixé en France à 880 euros). Aujourd'hui, environ 7,9 millions de personnes sont au-dessous de ce seuil. L'objectif du RSA est en effet de lutter contre la pauvreté. En plus de permettre un cumul revenus et allocation, il veut encourager les reprises d'emploi en garantissant aux titulaires de minima sociaux qu'ils ne perdront pas un euro s'ils retravaillent.
Mais depuis l'entrée en vigueur du RSA, les critiques se multiplient. La plus fréquente concerne le risque d'une augmentation et d'une "institutionnalisation" des "petits boulots", marqués par temps partiel et bas salaires. Martin Hirsch a assuré qu'il serait "vigilant" pour éviter les effets pervers, reconnaissant que du "mauvais temps partiel, ce serait une situation dans laquelle on passerait d'un emploi à plein temps à un emploi à temps partiel". Mais dans ses prévisions de juin, l'OCDE a estimé que la mise en place du RSA n'aura qu'un impact limité sur l'emploi des travailleurs peu qualifiés.
Autre critique : selon la CGT, qui demande "un travail décent" pour les pauvres, "le RSA, loin de résoudre les situations de la pauvreté dans notre pays, est l'alibi pour un contrôle toujours plus rigoureux des pauvres et des modestes". Une association de chômeurs, Apnée, a également estimé que le formulaire de demande du RSA constitue un "flicage des pauvres", car il pose des questions portant atteinte aux "libertés individuelles". Par ailleurs, un élargissement du RSA aux jeunes de moins de 25 ans est de plus en plus souvent demandé. La commission de concertation sur la jeunesse, présidée par Martin Hirsch, réfléchit à un "RSA jeune", pour permettre à ceux qui travaillent mais ont des revenus modestes de ne pas être exclus de cette prestation.
D'après agence
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