Les salariés mettent fin au mouvement

le 31 juillet 2009 à 06h25 , mis à jour le 31 juillet 2009 à 16h04

Les salariés qui menaçaient début juillet de faire sauter leur usine maintiennent le flou sur leurs intentions. Une réunion de la dernière chance doit avoir lieu.

Les salariés enlevant les bonbonnes de gaz de l'usine, mi-juilletLes salariés de New Fabris enlevant les bonbonnes de gaz de l'usine, mi-juillet © LCI

A une écrasante majorité, les salariés de New Fabris ont accepté vendredi par un vote la proposition d'une prime de licenciement supplémentaire de 12.000 euros nets présentée par le ministère de l'Industrie. Le vote, organisé à bulletin secret dans l'usine du sous-traitant automobile de Châtellerault, devrait mettre fin au conflit ouvert par la mise en liquidation de l'entreprise en juin. Les employés menaçaient de détruire leur usine au moyen de bouteilles de gaz. L'accord final ne satisfait que partiellement leur revendication, puisqu'ils demandaient une prime de 30.000 euros par salarié en plus des versements légaux. "Je demande à la minorité de respecter le vote des 204 salariés", a déclaré  Guy Eyermann (CGT), porte-parole des salariés, à l'issue de l'assemblée générale

Vendredi matin, le ministère de l'Industrie avait relevé sa proposition à 12.000 euros, net de toutes cotisations, impositions ou prélèvements cette fois-ci, s'ajoutant à l'indemnisation légale de licenciement comprise entre 17.500 et 19.000 euros. Le montant évoqué la semaine dernière lors de la rencontre de  Bercy -11.000 bruts, soit 10.120 euros nets - se trouve ainsi majoré de 1480 euros, soit près de 15%, indique un communiqué du ministère. 

La CGT "déçue"

Christian Estrosi a  salué vendredi le "dénouement positif du conflit". "C'est le dialogue social qui a gagné", a estimé le ministre, dans un  communiqué diffusé quelques minutes après l'annonce du vote. Il s'est félicité  d'une "sage décision", et jugé que "les salariés se mettent ainsi en situation d'aborder l'avenir avec le maximum de garanties". Avant l'AG, le ministre avait estimé "avoir obtenu le maximum d'avancées (indemnités,  préretraites...) dans le contexte d'une liquidation judiciaire avec cessation  d'activité". Le ministère rappelle que chaque salarié peut "adhérer au contrat de transition professionnelle (CTP)", lui  permettant de "conserver 95% de son salaire actuel net pendant 12 mois, et de  bénéficier d'un accompagnement personnalisé" dans sa recherche d'emploi. Il  précise que "259 salariés sur 366 y ont déjà souscrit". A l'issue du CTP, le salarié qui n'aura pas trouvé d'emploi pourra retourner "dans le dispositif d'indemnisation de droit commun, pour une durée de 12 mois,  ou 24 mois s'il a plus de 50 ans".

Le porte-parole des salariés Guy Eyermann (CGT) s'était dit avant l'AG "déçu" par la nouvelle proposition d'aide du gouvernement, la jugeant "toujours aussi minable". "On  est très loin des 30.000 euros qu'on souhaitait", avait déclaré le syndicaliste, à l'issue d'une réunion à la sous-préfecture vendredi. "Peut-être que financièrement, on a pas eu ce qu'on souhaitait, mais on s'est battu jusqu'au bout, c'est notre fierté", a aussi commenté Guy Eyermann.

D'après agence

Les Français comprennent, mais n'approuvent pas

La moitié des Français comprend, sans les approuver, les menaces de faire sauter leur usine par des salariés d'entreprises en difficulté, mais un tiers des sondés condamne ces actions, selon un sondage  Ifop pour l'Humanité publié vendredi. Egalement interrogés sur les séquestrations de patrons par des salariés, les Français sont de plus en plus nombreux à les condamner. 15% d'entre eux (contre  7% en avril) les condamnent tandis que 23% contre 30% les approuvent. Mais ils sont quasiment aussi nombreux (62%, -1 point) à les comprendre sans les approuver. Sondage réalisé du 27 au 29 juillet par internet auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus  (méthode des quotas).

le 31 juillet 2009 à 06:25
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48 Commentaires

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  • Contrenewfabris, le 03/08/2009 à 08h39

    Il n'y a plus de travail sur chatellerault avec plus de 50000 habitants. Comprenez les colères... Bien sur, nous c'est pareil avec des villes de 100 000... On fait quoi, on fait sauter la France ? Moi j'ai droit à 18.6 ?/mois d'aide de l'état, personne ne vient me soutenir et je peux crever, alors franchement les New fabris... vous nous gonflez.

  • Roger, le 02/08/2009 à 10h04

    Chantage......Et si Renault ou Psa faisait chantage au salariés des entreprises avec qui elle soustraite pour qu'ils roule avec les voitures qu'il fabrique au lieu de rouler aver des voitures étrancére et souvent asiatique

  • Bab, le 01/08/2009 à 19h13

    Ne jamais céder au chantage ! ! ! ! ils ont déja obtenus 12000 euros. Pourquoi ceux qui sont débauchés des petites entreprises n 'auraient pas les mêmes avantages ? ils sont aussi mal pris que les salariés de Chatellrauit . C'est honteux et désolant ! celui qui ne casse pas tout ! n'a rien .

  • Vingue, le 31/07/2009 à 20h26

    Bien loin du compte, les salariés de New Fabris peuvent s'estimer lésés. Je comprends leur colère exprimée mais je n'approuve pas leurs excès. Finalement, ils ont obtenu même pas la moitié de ce qu'ils réclamaient. C'est vraimment un résultat minable par rapport aux moyens utilisés et la campagne médiatique générée autour de cette affaire. Est ce que cela va faire tâche d'huile ? On verra bien dans les jours, dans les mois qui suivent. Mais l'obtention d'un résultat comme celui là devrait en dissuader plus d'un.

  • Ménage, le 31/07/2009 à 17h37

    Bravo a tous pour avoir été aussi courageux et pour avoir montrer le chemin a suivre a bientot j'espére dans d'autre entreprise et courage pour la suite votre femme de ménage

  • ALAINAIKI, le 31/07/2009 à 16h42

    Pourquoi parler de dialogue alors que maintenant ce qui marche est le rapport de force. Quand on se replonge dans les livres d'Histoire, tous les acquis ont été gagné par la force. Quand va t on admettre que, dans une entreprise, il n'y a pas de démocratie, le chef a tout les droits et le salarié doit admettre cela ou s'en aller. Pour la bonne marche d'une entreprise il est necessaire qu'existe ce rapport de force et si ce n'est pas le cas et bien il se passe ce qui s'est passé chez New Fabris. Vous avez eu raison messieurdames d'avoir fait ce que vous avez fait et pour cela je vous tire mon chapeau.

  • Antonio, le 31/07/2009 à 15h13

    Tanguy06 dit : "Ce qui est honteux, c'est ce manque de soildarité". Certes ! Mais dans les autres entreprises qui licencient, qu'obtiennent les salariés en plus de la prime légale ? Rien. La seule solidarité qui fonctionne résulte du chantage. C'est dégueulasse pour ceux qui se taisent, et ils sont nombreux.

  • Antonio, le 31/07/2009 à 14h39

    Monsieur Estrosi est, à juste titre, satisfait de ce que le dialogue social ait gagné. Facile de dialoguer avec les poches pleines du fric des contribuables ! C'est, au sens propre, "acheter la paix sociale".

  • Marie02, le 31/07/2009 à 14h20

    Quand je lis des réactions comme phaco ou c moi, je me dis que c est pas surprenant qu en france on soit tombé si bas...on nous bouffe un peu de nos acquis sociaux tous les jours de toutes les manières possibles, on distribue de l argent aux banques qui ont spéculé avec notre argent ,des aides a psa et renault pour qu ils licencient en masse et délocalisent. je viens à l instant d avoir au téléphone mon mari qui bossait chez New fabris depuis 30 ans..il venait de franchir pour la dernière fois la porte de l usine et il pleurait...tout l argent du monde ne pourra effacer ces années de travail. à 50 ans, dans un bassin indistriel tourné vers l automobile? qu allons nous devenir?????je ne souhaite à personne de vivre ce que nous vivons en ce moment. merci en tout cas à ceux qui comprennent le desarroi de tous ces gens

  • Kiki, le 31/07/2009 à 14h16

    Ce n'est pas un dialogue social qui à primé, mais bel et bien le pognon, et oui nous sommes comme vous messieurs les ministres, on aime ça. et en revanche pouvez-vous faire quelque chose pour Chateauroux (36), car ici il n'y a plus rien, juste ses yeux pour pleurer.

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