Les salariés de New Fabris enlevant les bonbonnes de gaz de l'usine, mi-juillet © LCIA une écrasante majorité, les salariés de New Fabris ont accepté vendredi par un vote la proposition d'une prime de licenciement supplémentaire de 12.000 euros nets présentée par le ministère de l'Industrie. Le vote, organisé à bulletin secret dans l'usine du sous-traitant automobile de Châtellerault, devrait mettre fin au conflit ouvert par la mise en liquidation de l'entreprise en juin. Les employés menaçaient de détruire leur usine au moyen de bouteilles de gaz. L'accord final ne satisfait que partiellement leur revendication, puisqu'ils demandaient une prime de 30.000 euros par salarié en plus des versements légaux. "Je demande à la minorité de respecter le vote des 204 salariés", a déclaré Guy Eyermann (CGT), porte-parole des salariés, à l'issue de l'assemblée générale
Vendredi matin, le ministère de l'Industrie avait relevé sa proposition à 12.000 euros, net de toutes cotisations, impositions ou prélèvements cette fois-ci, s'ajoutant à l'indemnisation légale de licenciement comprise entre 17.500 et 19.000 euros. Le montant évoqué la semaine dernière lors de la rencontre de Bercy -11.000 bruts, soit 10.120 euros nets - se trouve ainsi majoré de 1480 euros, soit près de 15%, indique un communiqué du ministère.
La CGT "déçue"
Christian Estrosi a salué vendredi le "dénouement positif du conflit". "C'est le dialogue social qui a gagné", a estimé le ministre, dans un communiqué diffusé quelques minutes après l'annonce du vote. Il s'est félicité d'une "sage décision", et jugé que "les salariés se mettent ainsi en situation d'aborder l'avenir avec le maximum de garanties". Avant l'AG, le ministre avait estimé "avoir obtenu le maximum d'avancées (indemnités, préretraites...) dans le contexte d'une liquidation judiciaire avec cessation d'activité". Le ministère rappelle que chaque salarié peut "adhérer au contrat de transition professionnelle (CTP)", lui permettant de "conserver 95% de son salaire actuel net pendant 12 mois, et de bénéficier d'un accompagnement personnalisé" dans sa recherche d'emploi. Il précise que "259 salariés sur 366 y ont déjà souscrit". A l'issue du CTP, le salarié qui n'aura pas trouvé d'emploi pourra retourner "dans le dispositif d'indemnisation de droit commun, pour une durée de 12 mois, ou 24 mois s'il a plus de 50 ans".
Le porte-parole des salariés Guy Eyermann (CGT) s'était dit avant l'AG "déçu" par la nouvelle proposition d'aide du gouvernement, la jugeant "toujours aussi minable". "On est très loin des 30.000 euros qu'on souhaitait", avait déclaré le syndicaliste, à l'issue d'une réunion à la sous-préfecture vendredi. "Peut-être que financièrement, on a pas eu ce qu'on souhaitait, mais on s'est battu jusqu'au bout, c'est notre fierté", a aussi commenté Guy Eyermann.
D'après agence
Les Français comprennent, mais n'approuvent pas |
La moitié des Français comprend, sans les approuver, les menaces de faire sauter leur usine par des salariés d'entreprises en difficulté, mais un tiers des sondés condamne ces actions, selon un sondage Ifop pour l'Humanité publié vendredi. Egalement interrogés sur les séquestrations de patrons par des salariés, les Français sont de plus en plus nombreux à les condamner. 15% d'entre eux (contre 7% en avril) les condamnent tandis que 23% contre 30% les approuvent. Mais ils sont quasiment aussi nombreux (62%, -1 point) à les comprendre sans les approuver. Sondage réalisé du 27 au 29 juillet par internet auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). |
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