Virés en France, on leur propose un CDD... en Hongrie

le 29 juillet 2009 à 07h08 , mis à jour le 29 juillet 2009 à 07h12

Des salariés en CDI du fabricant de pots d'échappement Bosal en liquidation se sont vus proposer des offres reclassement en Hongrie, selon les syndicats.

Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. Un client potentiel devant une Chevrolet Impala à Dearborn, Michigan le 29 décembre 2008. © REUTERS / Rebecca Cook

C'est la consternation chez les salariés Bosal, à Annezin, dans le Pas-de-Calais. Le fabricant de pots d'échappement en liquidation a proposé à certains salariés des offres de reclassement sous la forme de contrats à durée déterminée (CDD) en... Hongrie. Les élus CGT jugent ces propositions "indécentes" alors que la direction souligne au contraire qu'elle est "obligée" par la loi de proposer des postes vacants "dans le monde entier". "C'est honteux", a réagi Didier Beauchet, délégué CGT de l'entreprise. Il a dénoncé notamment une offre de magasinier au sein d'une filiale de Bosal en Hongrie "pour 5100 euros par an". "Le coût de la vie est quand même  plus élevé que ça", a-t-il dit, jugeant "illégal" de proposer des CDD à des salariés en CDI qui ont en moyenne, selon lui, une quinzaine d'années d'ancienneté.
 
La liquidation du site de Bosal à Annezin, qui employait 386 salariés, a entraîné le licenciement de 298 personnes. Les 88 autres ont pu retrouver du travail sur place grâce à une offre de reprise d'un ancien responsable marketing qui va transformer l'entité en plateforme de distribution des produits Bosal pour la France. Le gestionnaire de transition de la société, Jean-Marc Wieczorek, nommé jusqu'au 15 septembre par le liquidateur et les administrateurs judiciaires, a expliqué que deux postes en Hongrie avaient effectivement été proposés: l'un de responsable qualité et l'autre de magasinier. Mais il a ajouté qu'il y avait aussi trois postes de commerciaux basés en région parisienne.
 
Des offres bien légales
 
Evoquant cette obligation légale, Jean-Marc Wieczorek dénonce le "mille-feuilles du code du travail". "On répond à une obligation administrative par une procédure administrative", explique-t-il. Un texte, obligeant une entreprise qui procède à un licenciement économique  à assortir les offres de reclassement à l'étranger d'une "rémunération équivalente" à un salaire français, a été adopté fin juin en première lecture  par l'Assemblée nationale. Mais il n'est pas encore entré en vigueur.
 
La société Carreman à Castres avait déclenché une polémique similaire en mai en proposant à des salariés licenciés des emplois rémunérés 69 euros brut  mensuels à Bangalore (Inde), où elle possède un établissement, conformément à la  loi. A l'inverse, le fabricant français de chaussettes Olympia a été condamné en mai à verser 2,5 millions d'euros à 47 salariés pour ne pas leur avoir proposé  un reclassement en Roumanie.
 
D'après agence

le 29 juillet 2009 à 07:08
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22 Commentaires

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  • P!mpim, le 29/07/2009 à 17h41

    Bien résumé Loulou ... je partage ta pensée ... =D

  • Dom, le 29/07/2009 à 14h37

    Rémi à Prague : tu gagnes combien, plus ou moins de 400 euros?

  • Martin, le 29/07/2009 à 13h28

    Et pendant ce temps en France nos olitiques travaillent d'arache pied pour créer la taxe carbone et bien d'autres nouvelles taxes encore . Vive la France..pays foutu car étranglé par la fiscalité et les taxes

  • Luc, le 29/07/2009 à 12h38

    Les ouvriers ont vonté Sarko en 2007, tant pis pour vous !

  • Florent, le 29/07/2009 à 11h38

    Mais PERSONNE n'a rien contre travailler à l'étranger !!! Proposez de jobs en Suisse avec le salaire de là-bas, je parie qu'il ne reste plus un seul Français en France, sauf les fonctionnaires de plus de 50 ans ! Et sachez que ce n'est pas parce que l'on est ouvrier au SMIC que l'on est automatiquement bête : ces gens ont compris la réalité, à savoir qu'avec 400 euros par mois, en Hongrie, on gagne MOINS que les locaux !

  • Remi, le 29/07/2009 à 11h18

    Si on leur proposait Paris ou Londres, ils voudaraient etre payes plus et disant que c'est plus cher, mais dans l'autre sens ils ne veulent pas. Ils me font rire ces feneants; si ils veulent du travail il n'ont qu'a en chercher plutot que d'attendre que ca tombe du ciel et de se plaindre.

  • SP69, le 29/07/2009 à 11h09

    Encore une fois, les syndicats, qu'on appelle des "partenaires sociaux", ont d'abord fait de la politique partisane avant de faire leur boulot. Tiens, d'ailleurs, ces syndicats qui pensent que le socialisme est plus profitable que le capitalisme, pourquoi ne travaillent-ils pas dans les pays de l'Est?

  • Superyoda, le 29/07/2009 à 11h07

    Je suppose que les patrons se sont proposés eux-aussi des CDD pour être solidaire de leurs employés ??? Pour ma part, je trouve qu'ils n'ont pas été de bon niveau...ils n'ont rien anticipé !!! Que de décisions prises trop facile (je vire des gens) !!!

  • Jf73, le 29/07/2009 à 10h48

    Les réactions me choquent car si l'on regarde de plus près les prud'hommes, une entreprise a été condamnée car elle n'avait pas proposée de poste dans un autre pays à bas coût de main d'oeuvre. La loi Française est ainsi faite. cette entreprise n'avait rien propoée par décence envers ses salariées et a dû payer. Donc acte

  • Tartopum2003, le 29/07/2009 à 10h35

    Ce procédé peut paraître choquant, mais il n'est que la conséquence d'une loi probablement aberrante qui fait obligation à tout employeur dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi de proposer tous les postes disponibles dans le groupe auquel la société appartient. Changeons la loi, on ne verra plus de propositions aussi aberrantes...

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