Contre le licenciement, ils font un "stock de guerre"

Par D.H. (avec agence), le 20 août 2009 à 22h37 , mis à jour le 20 août 2009 à 22h56

Les salariés de Chaffoteaux-et-Maury ont expulsé jeudi leur directeur et comptent empêcher toute sortie de la production pour la "monnayer".

Le coup de massue pour les salariés de Chaffoteaux et MauryL'entreprise connue pour ses chaudières a annoncé entre 150 et 200 suppressions d'emplois sur 250 dans son usine de Ploufragan. Le personnel est sous le choc. © TF1/LCI

Après les patrons retenus, le patron expulsé. Les salariés de Chaffoteaux-et-Maury, sous le coup d'un vaste plan de licenciement, ont trouvé une nouvelle manière de faire pression, après ceux qui menaçaient de faire sauter l'usine et ceux qui menacent en ce moment de polluer la Seine d'un produit toxique (lire notre article) pour obtenir une indemnité de 100.000 euros. Ils ont expulsé jeudi leur directeur de l'usine de Ploufragan, près de Saint-Brieuc, selon une source syndicale.
 
Surtout, les "Chaffoteaux", qui observent un mouvement de "débrayages tournants", ont assuré qu'ils empêcheraient toute sortie de la production pour conserver un "stock de guerre" qu'ils entendent "monnayer en fonction du plan social", selon Martial Collet, délégué FO. Ils ont refusé lors d'un comité d'entreprise de lever le blocus de l'usine entamé début juillet après l'annonce de la suppression de 207 emplois --204 licenciements et 3 reconversions-- sur 251.
 
Comité central d'entreprise le 2 septembre
 
Les salariés entendent obtenir un plan de reclassement comparable à celui de l'usine Continental de Clairoix, et demander notamment une indemnité de licenciement de 100.000 euros pour que "personne ne reste sans solution ni sans ressources", a-t-il précisé. Ils revendiqueront également des "congés de reclassement et les formations les plus qualifiantes". La moitié des salariés a plus de 30 ans d'ancienneté, soulignent les syndicats.
 
Un nouveau comité central d'entreprise est prévu le 2 septembre à Saint-Denis, au siège de Chaffoteaux-et-Maury (filiale d'Ariston Thermo Group qui appartient au groupe italien Merloni TermoSanitari) dans la banlieue parisienne. Après la suppression des 207 emplois, l'usine historique de Chaffoteaux-et-Maury ne comptera plus que 41 postes "recherche et développement" en sursis. Fleuron industriel, le fabricant de chauffe-eau et chaudières a compté jusqu'à 2.300 salariés à Ploufragan au début des années 80, et en employait encore 850 lors du rachat de l'entreprise par Ariston Thermo Group en 2001.

Par D.H. (avec agence) le 20 août 2009 à 22:37
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41 Commentaires

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  • Yves, le 01/09/2009 à 21h41

    Aprés renseignement sur le site urgence licenciement, il semblerait que même si les gars sont menaçants, on ne peut pas leur reprocher une faute lourde avec intention de nuire puisque un stock ne constitue pas une nuisance...c'est donc assez bien vu pour les "Chaffoteaux" Yves du 44

  • Breiz, le 26/08/2009 à 16h17

    Pas compliqué. Dans les années c'était le plein boum. Alors revenons-y. Remettons tous les revenus à plat ; c'est à dire avec les mêmes différences qu'à cette époque. Gel des salaires pour les ouvriers et les cadres et divisons par 20 à 50 les très hauts revenus de certains. S'ils menacent de quitter la France, qu'ils le fassent. L' état ne les regrettera pas. Et nous serons fixés sur leur patriotisme.

  • Colette, le 23/08/2009 à 23h50

    Pendant que le monde est en train de changer profondément avec l'émergence de nouvelles puissances économiques, notre pays s'englue dans un processus de guerre sociale permanente. La classe politique dans son ensemble a une part de responsabilité en contribuant à infantiliser le corps électoral. En laissant croire aux français que l'Etat allait prendre en charge tous les aspects de notre vie quotidienne, les politiques ont fini par fabriquer un « citoyen » à la fois passif et de plus en plus exigeant comme un enfant gâté dont les parents seraient devenus esclave : moins j'offre aux autres mais plus j'en demande... le tout en invoquant le mot sacré de « solidarité ». C'est oublier que la première expression de la solidarité consiste à faire de son mieux, et tout son possible, pour ne pas être à la charge des autres. La démocratie a besoin du personnel politique ; mais la démocratie a aussi besoin d'individus responsables, innovants et entreprenants. La qualité des seconds fait la grandeur des premiers. Par contre, aucun dirigeant politique ne se grandit en rabaissant les électeurs au rang d'individus assistés et apeurés.

  • éric, le 22/08/2009 à 16h11

    Vive les charges sur le travail !!! vive la taxe professionnel !!! vive la t v a 19,6% !!! vive le pol emploi !!! merci a toute la classe politique pour cette bonne gestion de la france qui travail , très compétitifs pour engendrer du chômage ..mais si plus personne ne travail , qui va financer les chômeurs ?

  • Bonol74, le 21/08/2009 à 12h56

    Sans patrons pas d'ouvriers,sans ouvriers pas de patrons.il faut pour cela s'unirent pour le bien de tout le monde,faire un juste milieu dans les échelles des remunerations .la reconnaissance de l'un serais benefique pour l'autre patrons,ouvriers la guerre sera perdu pour tout le monde...............repensons pour fabriquer un autre monde social ou chacun de nous tiennent une place..............................

  • Z, le 21/08/2009 à 12h44

    A G de Paris: si les salariés des autres pays sont plus compétitifs, c'est aussi parce qu'ils ont un salaire de misère en travaillant bien plus que nous. Regardez les salaires rien qu'en Europe de l'Est, les gens sont payés une misère sauf les patrons bien entendu. Maintenant qu'un patron gagne correctement sa vie, c'est normal, c'est son entreprise et il a des responsabilités, mais il ne faut pas pousser non plus. Alors faire travailler des gens 50h par semaine pour 500 euros par mois par exemple, c'est ça que vous appelez de la compétitivité ? Travailler tout en restant dans la misère, c'est ça le progrès pour vous ? Qu'on refasse travailler les enfants tant qu'on y est. Ah mais j'y pense, cela existe déjà dans certains pays, forcément plus compétitifs que le nôtre. Les "Chaffoteaux" ont raison de réclamer 100.000 euros !

  • Den, le 21/08/2009 à 12h35

    Ce qui est étonnant dans un bon nombre de commentaires, ce sont ces mots" protéger les acquis". Protéger un acquis pour un employé, un ouvrier serait d'une autre époque selon les uns. En revanche protéger un acquis d'un grand patron serait d'actualité. Il faut savoir évoluer avec son temps, tourner la page pour aller chercher du travail là où il se trouve, soit. Prendre des risques, il me semble qu'aujourd'hui que pour un ouvrier, prendre des risques s'apparenterait à aller pointer à l'usine, d'y travailler pendant 30 ans, faire de son salaire un appui dans l'économie locale, et d'être considérer comme un mauvais en tout ,à défaut d'un bon à rien par une minorité se croyant investit d'une relative respectabilité issu d'un fruit du labeur certainement tout autant respectable. Gagner en Laboureur et dépenser comme un Prince. La responsabilité des uns n'est pas moins irrespectueuse que la responsabilité des autres. Vivement que je gagne au Loto.

  • Hug, le 21/08/2009 à 11h00

    Plutot que de reverser tous les benefices aux actionnaires ,il suffirait de prelever un pourcentage meme minime et le capitaliser en placements intouchables et le jour ou la situation se degrade , reverser a tous les acteurs de l'entreprise cet argent pour que les gens puissent rebondir serainement et surtout pour nr pas avoir a faire façe a ce genre de situation ,mais faut-il encore savoir partager....

  • Charles, le 21/08/2009 à 10h49

    Les dirigeants de grandes entreprises qui n'ont comme seul objectif que le profit. Hr, Troyes........... petite question? : si on vous double votre salaire demain ....vous allez refuser .......? alors parler de profit .... cela interesse tout le monde , une société qui ne fait pas de profit ne dure pas longtemps et puis pour ceux qui en font et bien ils font comme vous le feriez , ils le gardent et en profitent .(profit , profiter ) .

  • Jean, le 21/08/2009 à 10h46

    A ceux qui se demandent de quel droit ces ouvriers s'approprient ce "trésor de guerre", qu'ils se demandent aussi de quel droit certains patrons déménageaint dans la nuit, il n'y a pas encore si longtemps que cela, les outils de travail et les stocks de produits finis ou de matières premières. Les petits patrons ne sont pas en cause, ce sont les grands patrons qui le sont. Quant à celui qui affirme que ce sont les patrons qui créent les richesses et non les ouvriers, qu'il se demande un peu comment il ferait pour la créer, sa richesse, sans les ouvriers pour travailler à son compte ? Le travail est un partenariat, ce n'est pas de l'exploitation. Mais la plupart des travailleurs sont tellement serviles et ravis de leur situation qu'ils estiment "privilégiée", au prétexte qu'ils peuvent encore, en serrant les cordons de leur bourse, aller se faire dorer sur des plages bondées dans le sud de la France, qu'ils ont peur de perdre le peu, si peu de privilèges, qu'il leur reste encore. Ceux-là ne se battront pas, les autres se battront pour eux, comme en 36, et en 68.

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