
Une quarantaine de salariés réunis en assemblée générale devant l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, ont voté jeudi après-midi à l'unanimité pour la reprise du travail. A la suite de ce vote, ils ont été empêchés d'entrer dans l'usine par les vigiles de la direction. "Il faut qu'on vote la reprise du travail pour prouver qu'on veut travailler et qu'on ne peut pas. Le jour où ils auront débloqué le site, on pourra se remettre en grève", avait déclaré le secrétaire du comité d'entreprise, Denis Parise (CGT), avant le vote.
Les salariés ont fait constater par huissier de justice, à l'issue de ce vote, que l'entrée du personnel et des élus du CE, était interdite par des vigiles placés devant l'entreprise par la direction de Molex. L'usine, bloquée par les salariés et dont la production est paralysée depuis le 7 juillet, a été fermée mercredi soir "pour garantir la sécurité des employés (administratifs non grévistes) et des vigiles de l'usine après qu'un salarié et deux gardes eurent été blessés (mardi) dans un incident violent sur le site", selon la direction de Molex.
Les Américains veulent reprendre la main
Les salariés rejettent cette version, évoquant une simple bousculade au cours de laquelle des oeufs ont été projetés sur le directeur du développement de Molex et ses gardes du corps lors de leur sortie de l'usine mardi soir. La direction fait aussi état de dégâts matériels et critique violemment la police française pour sa "passivité". La fermeture de l'usine est prévue pour fin octobre mais le personnel espère une réindustrialisation du site, à condition que Molex cède l'outil de production, ce que refuse le groupe américain qui a construit une usine identique aux Etats-Unis pour y délocaliser sa production.
L'usine de l'équipementier est désormais gérée depuis le siège de Molex aux Etats-Unis, a annoncé jeudi Marcus Kerriou, qui a démissionné de son poste de co-gérant du site, tout comme l'autre co-gérant de la société, William Brosnan. "Je reste cependant impliqué sur le site de Villemur dans le cadre de mes attributions de vice-président des relations humaines pour Molex en Europe", a souligné le responsable, qui avait été retenu contre son gré par les salariés, pendant 24 heures en avril. "Les collègues aux USA prennent les rênes (...) La direction est extrêmement mécontente quant à la situation (à Villemur), même si ce n'est pas dû à notre travail", a ajouté Marcus Kerriou.
D'après agence
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