Nadine MoranoSelon elle, certains privilèges se justifient. Nadine Morano a estimé mardi qu'il fallait "trouver un moyen de préserver les avantages" des mères pour la retraite, estimant qu'on pourrait revenir sur ceux-ci quand il y aura une égalité entre hommes et femmes. "Nous sommes contraints à l'égalité homme-femme" en matière de retraite, après une délibération de la Halde et un arrêt de la Cour de cassation, mais "il nous faut trouver comment nous préserverons ces avantages pour les femmes parce que c'est elles qui assument la maternité", a déclaré la secrétaire d'Etat à la Famille sur RMC-BFMTV.
"Quand on voit le niveau de retraite des femmes qui se sont arrêtées au cours de leur carrière pour élever leurs enfants, elles sont extrêmement pénalisées", a-t-elle souligné. "On pourra revenir [sur les avantages accordés aux mères pour la retraite] lorsque l'égalité salariale et des retraites sera au même niveau, et lorsque les hommes participeront aux activités ménagères de la même façon", a estimé Nadine Morano.
L'égalité salariale à tout prix
"Je veux que les hommes prennent leur place à part entière", a-t-elle poursuivi, soulignant que 1% des 730.000 personnes qui prennent un congé parental sont des hommes. La secrétaire d'Etat a estimé qu'il n'y avait "pas suffisamment de contrôles" sur l'égalité salariale et "pas suffisamment d'actions en justice". "Il faudra pénaliser les entreprises qui ne respectent pas" l'égalité salariale, a-t-elle affirmé, estimant qu'il fallait être "opérationnel dans quelques années".
Le ministre du Travail Xavier Darcos organisera à l'automne une concertation sur l'égalité professionnelle avec les partenaires sociaux. Selon la Cnav, la retraite d'une femme représente en moyenne seulement 77% de celles des hommes. Sans la Majoration de Durée d'Assurance (MDA) dont elles bénéficient actuellement, elle tomberait à 64%.
Les fonctionnaires en ligne de mire
Par ailleurs, le gouvernement français a jusqu'à fin octobre pour proposer des aménagements de la retraite des fonctionnaires respectant un avis motivé de la commission européenne sur l'égalité de traitement entre pères et mères d'enfants nés avant 2004, a indiqué à l'AFP un porte-parole mardi. "L'avis motivé nous a été transmis le 22 juin et le gouvernement français a jusqu'au 30 octobre pour y répondre", a déclaré une porte-parole, en confirmant des informations du quotidien Les Echos.
"L'avis de Bruxelles concerne l'égalité homme-femmes sur un point particulier, les droits à la retraite des parents fonctionnaires ayant élevé des enfants nés avant 2004", a-t-elle ajouté."Nous sommes dans un processus d'échanges avec la Commission européenne", a précisé la même source, sans souhaiter s'exprimer, à ce stade, sur les pistes de réflexion.
Pour respecter une première injonction de Bruxelles, Paris avait ramené le 1er janvier 2004 de quatre à deux trimestres de cotisation retraite l'avantage supplémentaire accordé aux fonctionnaires pour l'éducation de tout enfant né après 2004. La véritable inégalité "réside dans le fait que les femmes cotisent en moyenne 34 annuités et les hommes 40", a réagi mardi la CFTC qui déclare s'opposer à "la guerre des sexes lancée par la Commission européenne à l'encontre des femmes françaises".
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