Image d'archives © TF1/LCI
Pressé par le gouvernement, France Télécom s'était engagé le 15 septembre à adopter des méthodes de gestion "plus humaines" pour enrayer la "spirale infernale des suicides" frappant ses salariés. Le PDG sera entendu mardi matin par la commission des Affaires sociales du Sénat. Mais un nouveau suicide de salarié, un homme de 51 ans récemment muté qui s'est jeté d'un viaduc et a laissé une lettre mettant en cause l'entreprise (lire notre article), a mis lundi le PDG de France Télécom en délicatesse. Venu sur place, à Annecy, dans l'après-midi, pour échanger avec les collègues de travail du salarié suicidé, il a été accueilli par des sifflets et des huées de salariés (voir la vidéo). "Lombard, démission, ça suffit", proclamait une pancarte improvisée à l'entrée des locaux. Après avoir écouté les salariés, Didier Lombard a tenu dans la soirée une réunion avec les syndicats.
Réunion au terme de laquelle il a annoncé deux mesures immédiates et fait une promesse. Il a affirmé que l'opérateur téléphonique mettait fin "au niveau national au principe de mobilité des cadres systématique tous les 3 ans". Il a également annoncé sa décision de "suspendre immédiatement les objectifs individuels sur ce plateau le temps d'y améliorer les conditions matérielles". Enfin, il a assuré que l'ensemble des propositions des délégués du personnels d'Annecy seraient prises en compte lors des négociations nationales sur le stress au travail. "Il y a du grain à moudre pour améliorer la méthode par laquelle nous obtenons nos objectifs. Ils n'est pas normal que l'humain ne soit pas passé en tête de nos préoccupations", a également estimé Didier Lombard. Interrogé sur la pression subie, selon les syndicats par les salariés dans l'entreprise, le PDG a répondu : "La pression correspond à ce qui est induit par l'état de la concurrence, mais il y a moyen de faire baisser la pression en étant plus humain dans l'application des choses".
Darcos presse la direction
Cela suffira-t-il a calmer la grogne ? Les délégués du personnel avaient déjà alerté la direction "sur la souffrance de ce salarié", soulignait dans la journée Christian Pigeon, du syndicat Sud-PTT, tout comme Patrice Diochet, de la CFTC. "C'est quelqu'un qui a été signalé à l'entreprise comme une personne en difficulté", a-t-il précisé, évoquant le récent "basculement" de cet employé d'un service de relations avec les entreprises "vers ce plateau d'appel à Annecy". Les syndicats ont dénoncé de nouveau lundi les conditions de travail dans cette centrale téléphonique située à Annecy-le-Vieux, dans l'agglomération d'Annecy. "C'est honteux. Il travaillait sur un plateau qui était connu depuis longtemps pour être invivable, il y avait une vraie indifférence, aucune humanité, on ne parlait que de chiffres, les salariés étaient de la chair à pâté", a réagi Patrice Diochet, de la CFTC. "Une semaine après le début de la négociation sur le stress au travail, on pensait que les managers auraient compris", a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre du Travail Xavier Darcos a demandé lundi dans la journée à Didier Lombard d'accélérer les "négociations sur la prévention des risques psychosociaux" au sein de l'entreprise. Xavier Darcos "s'est entretenu par téléphone avec Didier Lombard en tout début d'après-midi", et lui a demandé "d'accélerer l'aboutissement des négociations sur la prévention des risques psychosociaux", a indiqué son cabinet. "L'inspection du Travail a engagé une enquête", a précisé le cabinet.
Un 24e suicide, le PDG hué sur place :
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