© LCISelon une enquête Sofres commandée par la direction, la durée d'attente moyenne aux guichets de La Poste serait revenue en février 2009 à 5,59 minutes contre 9,04 minutes en novembre. Faux, répondent les syndicats, du moins faux à Paris, et encore plus faux dans les quartiers populaires, disent-ils. Les usagers "ne savent même plus où trouver les guichets", cachés par les présentoirs commerciaux, s'emporte Olivier Gault (CGT), selon qui l'attente peut monter à "30 ou 40 minutes, même dans des arrondissements résidentiels comme le XVe".
Journée de mobilisation contre la réforme de la Poste
Une journée nationale de mobilisation des fonctionnaires de La Poste contre le changement de statut de l'entreprise. Reportage à Marseille.
Publié le 22/09/2009
C'est la raison, jumelée avec la disparition selon eux de 7.500 postes en six mois, pour laquelle les postiers des 185 bureaux de poste parisiens se mettent en grève illimitée ce lundi, en prélude de la grève nationale de mardi que le PS et le PCF soutiennent. Une grève avait déjà commencé dès le 7 septembre au bureau de Poste de Château-Rouge (XVIIIe). L'appel à la grève illimitée lancé par CGT, Sud, CFTC et FO était suivi lundi par 17% à 40% du personnel, selon les estimations de la direction ou des syndicats, la direction affirmant que tous les bureaux étaient ouverts.
La Poste du Louvre, illustration de la polémique ?
Une soixantaine de grévistes portant des drapeaux Sud, FO et CGT se sont rassemblés lundi devant la Poste centrale du Louvre, symbolique selon eux des changements intervenus dans les bureaux de poste parisiens. "Les travaux ont commencé en juin et le ‘nouveau bureau' a ouvert le 8 septembre, l'effectif passant de 80 à 60 personnes", a déclaré à l'AFP, Michel Tombireau, délégué CGT à Paris-Louvre. "Le nombre de guichets a diminué, les clients ne savent plus très bien auquel s'adresser, car il y en a maintenant un par opération et des distributeurs automatiques partout", a ajouté la même source. La CGC et l'UNSA-Postes (respectivement 2,7% et 3,7% des voix aux élections professionnelles) ont de leur côté souligné lundi dans un communiqué commun, qu'elles ne s'associent pas à la journée nationale d'action de mardi, car "changement de statut et augmentation de capital sont une nécessité" pour "affronter la concurrence en position de force".
La polémique parisienne s'inscrit dans une contestation plus générale du projet de changement de statut de la Poste, vécu par les opposants comme un début de privatisation. "En écrivant en toutes lettres dans le texte qu'à aucun moment des capitaux de fonds privés n'entreront au capital de La Poste, y compris via la Caisse des dépôts, nous lèverons toute ambiguïté", a répliqué le ministre chargé du dossier, Christian Estrosi, dans une interview au Parisien Dimanche. Après la journée de grève mardi à l'appel d'une intersyndicale dans toute la France, le Parti socialiste a lancé une campagne de mobilisation de ses élus pour organiser du 28 septembre au 3 octobre un vote dans les mairies, en lien avec le "Comité national contre la privatisation de La Poste". La Poste emploie 295.742 personnes, dont 52% de fonctionnaires, et gère 11,2 millions de comptes courants, le courrier ne générant plus que 54% du chiffre d'affaires.
Besancenot : "On peut stopper" le processus de privatisation, |
Le porte-parole du NPA estime qu'on peut "stopper" le processus de privatisation de La Poste "si on arrive à se mobiliser", appelant au "bras-de-fer" avec le gouvernement, à l'image de la mobilisation anti-CPE en 2006. "A chaque fois qu'on change de statut, au début c'est 100% public et au fur et à mesure, on ouvre le capital et ensuite c'est la privatisation totale", a-t-il affirmé sur France Inter citant notamment GDF ou France Télécom. "Pourquoi changer de statut si ce n'est pour préparer l'ouverture du capital?", a-t-il demandé, se prononçant pour "un service public postal européen". Mais, selon lui, la privatisation qui "fera mal" aux salariés et aux usagers, n'est "pas certaine si on arrive à se mobiliser". "Si on laisse faire les mesures du gouvernement, c'est-à-dire le changement de statut, ce sera en effet un processus inéluctable mais on peut le stopper", a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la grève et de la consultation nationale du 3 octobre organisée par le "Comité national contre la privatisation de La Poste". Le ministre chargé de l'Industrie, Christian Estrosi, s'est déclaré lundi "favorable" à des amendements de l'opposition pour renforcer les garanties d'un maintien du caractère public de La Poste, dans le cadre du changement de statut de cette dernière. "S'il m'était demandé de porter un texte devant le Parlement qui menace un seul instant de porter atteinte au statut public de La Poste, je ne le ferai pas", a-t-il assuré sur France Info. |
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