Après avoir accepté le plan de fermeture de leur usine de Villemur-sur-Tarn, les salariés de Molex ont tenu, mercredi après-midi, une assemblée générale pleine d'émotion et de tristesse. La direction du groupe américain s'est pour sa part déclarée "très satisfaite de ce dénouement" et son vice-président des ressources humaines pour l'Europe, Marcus Kerriou, a confirmé "le paiement dès jeudi des salaires à compter du 6 août". Molex refusait jusqu'ici ce paiement, ayant fermé "provisoirement" l'usine le 6 août par mesure de sécurité après une altercation entre dirigeants et salariés.
La direction espère en finir maintenant avec les volets judiciaires du conflit, notamment au tribunal des prud'hommes, qui doit se prononcer vendredi sur une plainte des salariés. "Les prud'hommes pourraient prendre acte que notre requête est devenue sans objet, je leur demanderai alors de statuer sur le règlement des frais de justice des salariés", a indiqué leur avocat, Me Jean-Marc Denjean.
"Ils ne veulent tout de même pas qu'on les aide à déménager"
Après onze mois de contestation du bien fondé de la fermeture de l'usine, les salariés de Villemur sont loin d'être réconciliés avec leur futur ex-patron dont ils dénoncent "le mépris pour les règles sociales françaises". Même s'ils ont cédé, laissant leur comité d'entreprise rendre, mercredi à 5 heures du matin, "l'avis motivé" indispensable au lancement des licenciements.
Le plan social prévoit notamment une indemnité plancher de 26.000 euros et une moyenne d'un mois de salaire par année d'ancienneté (soit une moyenne de 63.000 euros par personne). Lors de l'AG rendant compte des négociations, les 200 salariés présents sont restés très dignes, sauf à l'annonce de la création d'une "prime complémentaire de bonne fin de 3571 euros". Elle est conditionnée à ce "qu'aucun acte de violence physique, sabotage ou dégradation volontaire" n'ait lieu "jusqu'à la fin des transferts de production, machines et biens de la société". "Il suffit d'une personne, d'un acte et la prime saute pour tous", selon Marcus Kerriou. "Ils ne veulent tout de même pas qu'on les aide à déménager", a lancé un salarié. "Molex ne vit que par le chantage et le diktat", a commenté Me Denjean.
D'après agence







