Image d'archives © TF1/LCI"Il ne faut pas ajouter la crise à la crise, ce n'est pas une personne qui est responsable, notamment de la mutation technologique qu'ont connu les télécommunications." Si le ministre du Travail, Xavier Darcos, a apporté un soutien appuyé mercredi soir sur BFM au PDG de France Telecom. Si Luc Chatel, porte-parole du gouvernement s'est aussi refusé à le mettre en cause à la mi-journée lors du compte-rendu du Conseil des ministres. Didier Lombard est de plus en plus en délicatesse depuis le 24e suicide en 18 mois, lundi, au sein de l'entreprise. Alors que la gauche réclame la démission de Didier Lombard (prévu à la tête de l'entreprise jusqu'en 2011), la ministre de l'Economie s'est à son tour emparée du dossier. Priée de dire si elle souhaitait une telle démission, Christine Lagarde a simplement répondu sur France 2 mercredi soir : "Je veux savoir s'il aura la détermination et la force de mettre en oeuvre ce qui doit être mis en oeuvre pour tempérer la violence de ce qui se passe."
"Je vais recevoir demain matin (jeudi), Didier Lombard (...), qui j'en suis sûr fait de son mieux, mais dont je veux comprendre quel plan il met en oeuvre, à quelle vitesse il interrompt un certain nombre de mesures de stress et comment il envisage d'accompagner la situation de l'ensemble des salariés" de France Télécom, dont l'Etat reste le principal actionnaire avec 27% du capital. "Je veux le voir pour savoir de quelle façon il va remonter le courant, redonner confiance aux salariés et vraiment prendre à bras le corps ces problèmes, qui sont des problèmes humains à dimension très grave", a-t-elle ajouté, se disant "très préoccupée" et rappelant que "tous les salariés sont inquiets, sont mobilisés". Après les appels des syndicats envers l'Etat au 23e suicide, des débrayages et manifestations ont en effet eu lieu mardi, au lendemain du 24e suicide.
Un médiateur des mobilités nommé
Le "plan" semble décevoir les syndicats. Ils sont sortis très déçus mercredi de leur réunion avec le PDG, ainsi que le directeur des opération France Pierre-Louis Wenes, et le directeur des ressources humaines Olivier Barberot. Une réunion pour discuter du mal-être au travail et au cours de laquelle leur a présenté la série de mesures visant à bâtir un "nouveau contrat social". La direction a indiqué qu'un bilan d'étape serait fait avec les syndicats avant le 31 octobre, "avant toute reprise des mobilités", qui sont pour l'instant gelées jusqu'à cette date. Les syndicats demandaient un moratoire jusqu'à la fin des négociations sur le stress, qui doivent s'achever à la fin de l'année. Un "médiateur des mobilités" a été nommé, qui "en cas de contestation, pourra être saisi directement par tout salarié ou via une organisation syndicale". Enfin, dans le cadre des négociations en cours, "des critères collectifs seront introduits dans la définition des parts variables en complément de critères individuels, là où ce ne serait pas déjà le cas".
"Cette réunion est un non-événement. On pensait que France Télécom avait pris la mesure de l'attente des salariés, il n'en est rien", a déploré Patrice Diochet (CFTC). "On est extrêmement déçu. On attendait un message fort, notamment concernant la date butoir du 31 octobre, pour négocier dans la sérénité", a expliqué Sandrine Leroy (FO). "C'est incompréhensible", a déploré Patrick Ackermann (Sud-PTT), qui a rappelé que localement "les mobilités continuent malgré l'annonce de la suspension des restructurations". Christian Mathorel (CGT) a "redit qu'il fallait des mesures d'urgences". "On en appelle à l'Etat", a ajouté Sébastien Crozier (CFE-CGC). FO et la CFTC appellent à une journée d'action unitaire le 6 octobre, et d'autres syndicats ont déposé des préavis de grève pour le 7, dans le cadre de la journée d'action interprofessionnelle "pour un travail décent". Les organisations syndicales appellent aussi à des débrayages jeudi, à 15h, au moment où sera inhumé le salarié qui s'est suicidé lundi en Haute-Savoie.
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