France TélécomLa vague de suicides chez France Télécom pousse la direction à réagir. Le groupe a annoncé qu'il allait "renforcer la prévention contre les suicides", en formant ses 20.000 cadres à "détecter les signaux de faiblesse psychologique". "Depuis un an, nous avons formé 6000 managers à la détection des signaux dans les équipes", explique le DRH du groupe Olivier Barberot dans une interview au quotidien Le Parisien. Et "pour aller jusqu'au bout de la démarche, nous allons former nos 20.000 manageurs", souligne-t-il. "Je suis confiant sur le fait que l'on puisse améliorer la situation".
Outre cette mesure, la direction de France Telecom a annoncé jeudi matin au Comité d'hygiène et de sécurité de l'entreprise que les mutations forcées de salariés étaient gelées jusqu'au 31 octobre et que des négociations s'ouvriraient le 18 septembre sur la mise en oeuvre d'un accord national concernant le stress au travail. Un audit sur le phénomène des suicides sera par ailleurs mené par un cabinet à choisir parmi trois proposés par la direction.
Journée d'action dans toute la France
Pour Olivier Barberot, le nombre de suicides chez France Télécom "n'est pas en augmentation" - et le DRH du groupe a cité deux chiffres à l'appui de cette affirmation : 28 suicides en 2000, soit 2,15 pour 10.000, et 29 en 2002, soit 2,49 pour 10.000 salariés. Mais le geste spectaculaire d'un technicien du centre d'intervention de Troyes, mercredi, a relancé le débat au sein du groupe : il s'est planté un couteau dans l'abdomen après avoir eu confirmation que son poste était supprimé. Le suicide fin août d'un autre salarié à Lannion avait déjà amené la CFDT à dénoncer un 22e suicide dans le groupe en 18 mois.
Les salariés de France Télécom étaient appelés jeudi à une journée d'actions dans toute la France jeudi pour dénoncer les conditions de travail et réclamer un changement des méthodes de management, pendant la tenue du CHSCT, consacré notamment au problème de la prévention du suicide. Environ cinquante salariés ont manifesté devant le centre d'intervention de France Télécom de Troyes jeudi matin. "L'ambiance est calme, mais le sentiment de révolte est profond et commence à monter", a expliqué Régis Pigre, délégué Sud de l'entreprise. "On a vraiment le sentiment de ne pas être entendu de la direction", a-t-il ajouté. A Lille, un rassemblement de salariés a également débuté jeudi en fin de matinée devant une boutique Orange. France Télécom employait 101.009 personnes en France à la fin 2008 contre 141.061 à la fin 2002, soit 40.052 de moins, selon les rapports financiers.
D'après agence
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