
Le principe émane de Jean-François Copé. Le patron des députés UMP a obtenu de Bercy la fiscalisation, à compter de 2010, des indemnités journalières versées par la Sécu aux salariés victimes d'accidents du travail, révèle-t-il dans une interview parue dans Les Echos. Une information confirmée sur LCI par le ministre du Budget Eric Woerth. "C'est un revenu qu'il s'agit de soumettre à l'impôt. Cela n'a rien de choquant. C'est de la coproduction budgétaire et cela rapportera environ 150 millions d'euros", affirme Jean-François Copé.
De son côté, Eric Woerth a estimé mercredi matin sur LCI que cet impôt était juste : "il n'est pas normal qu'un salarié arrêté pour accident du travail gagne plus qu'un salarié qui travaille. C'est une mesure de justice qui permet de mettre en avant le travail. La proposition nous a semblé assez logique". "Vous êtes pris en charge par la Sécurité sociale et éventuellement complété par l'entreprise et donc un revenu de remplacement doit être traité de la même façon qu'un revenu du travail" a estimé le ministre du Budget. Mais, a-t-il précisé "les compensations sur les accidents du travail longs termes ne sont pas concernés. Il y aura une partie d'exonération évidemment dans ce cas".
"Un triomphalisme indécent"
Les syndicats et la Fnath, association "d'accidentés de la vie", dénoncent régulièrement les projets de la majorité en ce sens. La mesure avait ainsi été inscrite dans le projet de budget Sécu pour 2008 avant d'être retirée in extremis face au torrent de protestations. Ce serait "une injure" pour les victimes, estime ainsi la Fnath. La CFDT et FO se sont aussi déclarées contre le projet.
Le chef des députés PS Jean-Marc Ayrault a dénoncé pour sa part le "triomphalisme indécent" de son homologue UMP Jean-François Copé, "se réjouissant de rapporter 150 millions d'euros", et a fustigé "l'indécence de cette coproduction gouvernement/majorité qui demande aux pauvres, aux malades et aux accidentés de payer pour les plus riches". Selon lui, "la débauche d'inégalités fiscales (...) donne de plus en plus la nausée". Le président de l'Assemblée nationale, l'UMP Bernard Accoyer, s'est lui-même déclaré "mal à l'aise" face au projet.
Eric Woerth sur LCI :
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




