Pas de courrier ce mardi

le 22 septembre 2009 à 07h12 , mis à jour le 22 septembre 2009 à 22h08

21% à 40% des personnels de La Poste étaient en grève mardi à l'occasion d'une journée de mobilisation nationale contre le changement de statut de l'entreprise publique.

Photothèque de La Poste © Photothèque de La Poste

Vos boîtes aux lettres sont restées vides ce mardi. Les postiers de France et de Navarre appellaient à une journée de grève et de manifestations contre le projet de changement de statut de La Poste. L'intersyndicale voit dans la réforme un début de privatisation, propre à entamer la mission de service public du groupe. Cet appel était suivi mardi matin par 21,5% du personnel, selon les premières estimations de la direction, Sud et FO parlant de 35% à 40% de grévistes.

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La manifestation a quant à elle rassemblé entre 2.300 personnes, selon la police, et 4.000, selon une source syndicale. Le cortège qui a démarré devant le siège de l'établissement public, boulevard de Vaugirard, à Paris (XVe), s'est rendu devant le Sénat (VIe), aux cris de "Cheminots, postiers, usagers, contre les privatisations" ou encore "La privatisation, on n'en veut pas - La privatisation, elle passera pas". "A ceux qui veulent privatiser la France, les postiers répondent résistance", scandaient les manifestants, qui ont reçu le renfort d'agents SNCF opposés à la réforme du fret. Une immense banderole de la CGT, premier syndicat du personnel, avait été déployée au moyen d'une grue devant la façade du bâtiment de huit étages, où se trouve la direction générale, avec l'inscription "Touche pas à ma poste - Non à la privatisation - Oui à un service public moderne et rénové". Le mouvement a reçu le soutien du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a souligné "le décalage entre les plans du gouvernement et les attentes de la population qui voit une dégradation du service public" et a rappelé la tenue d'une consultation populaire le 3 octobre. Une délégation de sénateurs socialistes et Verts a participé à la manifestation.

Un début de privatisation ?

Le mouvement a été précédé la veille, à Paris, par une "grève illimitée" dans les 185 bureaux de poste de la capitale. Les syndicats CGT, Sud, CFTC et FO entendent ainsi protester contre les sous-effectifs et les files d'attente dans les 185 bureaux de poste parisiens. Le mouvement a été suivi par 17% à 40% des guichetiers, selon les estimations de la direction et des syndicats. 
 
Le projet de changement de statut de la Poste est vécu par les opposants comme un début de privatisation. "En écrivant en toutes lettres dans le texte qu'à aucun moment des capitaux de fonds privés n'entreront au capital de La Poste, y compris via la Caisse des dépôts, nous lèverons toute ambiguïté", répliquait dimanche dans le Parisien, le ministre chargé du dossier, Christian Estrosi.
 
"Pas question de privatiser La Poste", promet Lagarde

Le Parti socialiste a lancé une campagne de mobilisation de ses élus pour organiser du 28 septembre au 3 octobre un vote dans les mairies, en lien avec le "Comité national contre la privatisation de La Poste". Nicolas Galepidès, administrateur Sud, parle de 43.000 emplois perdus "entre 2005 et 2008" et Pascal Barroit, administrateur CGT, maintient que "les derniers résultats semestriels font état de 7.500 suppressions d'emplois en 6 mois". "Par le non-remplacement d'un départ sur trois, on arrive à 3.400 emplois en moins" sur la période, dément à nouveau La Poste, selon qui la différence pourrait venir de la diminution du nombre d'emplois à temps partiel ou de CDD. FO s'est jeté jeudi dans cette bataille de chiffres en jugeant que Christian Estrosi, "entretient un flou révélateur sur les besoins réels de financement", évalués à "2,7 milliards" alors que le président de la République "fixait la barre à 6 milliards" fin 2008.La Poste emploie 295.742 personnes, dont 52% de fonctionnaires, et gère 11,2 millions de comptes courants, le courrier ne générant plus que 54% du chiffre d'affaires.
 

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré mardi sur France Inter qu'il n'était "pas question de privatiser La Poste", excluant que le projet d'ouverture du capital de l'entreprise publique puisse faire l'objet d'un référendum. "Je crois que les engagements sont très, très clairs", a-t-elle dit, au matin d'une journée nationale de mobilisation d'une intersyndicale contre la réforme envisagée. "L'ouverture du capital de La Poste, la modernisation de cette institution  pour qu'elle puisse faire face à la concurrence, pour qu'elle puisse investir, pour qu'elle puisse se moderniser, pour qu'elle puisse prendre le tournant de l'électronique en particulier est nécessaire maintenant", a-t-elle ajouté. "Les acteurs qui vont entrer au capital seront des acteurs publics, notamment la Caisse des dépôts et consignations" (CDC), a précisé Mme Lagarde.

 

(D'après agences)

Besancenot : "On peut stopper" le processus de privatisation,

Le porte-parole du NPA estime qu'on peut "stopper" le processus de privatisation de La Poste "si on arrive à se mobiliser", appelant au "bras-de-fer" avec le gouvernement, à l'image de la mobilisation anti-CPE en 2006. "A chaque fois qu'on change de statut, au début c'est 100% public et au fur et à mesure, on ouvre le capital et ensuite c'est la privatisation totale", a-t-il affirmé sur France Inter citant notamment GDF ou France Télécom. "Pourquoi changer de statut si ce n'est pour préparer l'ouverture du capital?", a-t-il demandé, se prononçant pour "un service public postal européen". Mais, selon lui, la privatisation qui "fera mal" aux salariés et aux usagers, n'est "pas certaine si on arrive à se mobiliser". "Si on laisse faire les mesures du gouvernement, c'est-à-dire le changement de statut, ce sera en effet un processus inéluctable mais on peut le stopper", a-t-il ajouté, soulignant l'importance de la grève et de la consultation nationale du 3 octobre organisée par le "Comité national contre la privatisation de La Poste".

Le ministre chargé de l'Industrie, Christian Estrosi, s'est déclaré lundi "favorable" à des amendements de l'opposition pour renforcer les garanties d'un maintien du caractère public de La Poste, dans le cadre du changement de statut de cette dernière. "S'il m'était demandé de porter un texte devant le Parlement qui menace un seul instant de porter atteinte au statut public de La Poste, je ne le ferai pas", a-t-il assuré sur France Info. 

le 22 septembre 2009 à 07:12
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117 Commentaires

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  • TANI, le 05/10/2009 à 14h10

    Bonjour j'ai envoyer une lettre de Kenitra maroc depuis le 23/09/2009 a ce jour 05/10/2009 elle n'est toujours pas arriver a marseille est ce normal si quelqu'un peut me repondre car vraiement je ne comprend pas ou est le probleme

  • Baro, le 05/10/2009 à 13h07

    Entre les lettres qui mettent un "fou" pour arriver,les erreurs de boite à lettre, les calendriers payant et les grèves faut pas s'étonner de la concurrence et c'est tout le service public qui est dans le colimateur

  • Rhamses, le 24/09/2009 à 09h10

    Eh oui thomas de roanne moi aussi suis abonne a une revue mais depuis lre debut de l annee j en ai recu que 2 doinc devant cela la societen a decidee de passer par un autre organisme depuis pas de probleme je critique pas je constate cest tout et un employe tout fier de dire qu il travaille aquand meme 7 heures par jour scandale c est quoi, cette france et pourtant nous avons les lmeilleurs ouvriers et artisans du monde le savoir faire francais est repute mais pas pour longtemps si on continue comme cela ahhhpour couler une boite nous sommes forts retroussez vos mpanches et bossez cela vous changera

  • Fonctionator, le 24/09/2009 à 00h59

    Le changement de statut de la Poste est une question de forme et non pas de FOND. Le statut actuel de la Poste ( Etablissement public à caractère commercial et industriel ) révèle clairement ses objectifs: le fonctionnariat à l' ancienne n 'a plus cours ( payé par prélèvement fiscaux ), l' agent de la Poste DOIT excercer une activité commerciale, c 'est à dire qui rapporte de l' argent, exactement comme pour une entreprise privée, et cela depuis une dizaine d 'années. Evidemment si le statut change en société anonyme, non seulement il y a risque d 'intérêts de capitaux privés, mais aussi possiblité de licenciement, alors qu 'un fonctionnaire ne peut être que révoqué sur faute grave ou démissionnaire. Depuis l' époque de sa commercialisation, il est facile de comprendre que l' embauche de fonctionnaires a cessé définitivement. Ceux qui restent s 'approchent de l 'âge de la retraite. (J 'en fais partie) En lieu et place , La Poste préfére engager des agents contractuels en C.D.D d 'abord, puis en C.D.I après des années de galère, de remplacements dans différents bureaux, selon des horaires variés (le retard au service est minuté pour eux) et si l' agent a donné satisfaction ... Donc bravo pour le C.D.I Ceux qui pensent que les employés de la poste se tournent les pouces se trompent beaucoup. C 'était peut-être valable, il y a 40 ans au temps des P.T.T ( Petit travail Tranquille ) et encore pourquoi il n 'y aurait que les fonctionnaires de fainéants ? Les tire-au-flanc, il y en a de partout , même en hauts lieux et bonnes places . Donc, dans ses activités, la Poste est déjà " privatisée " , même si l' Etat détient la majorité du capital. Que le profit revienne à l' Etat ou à un patron et aux actionnaires, il y a toujours profit à partir des RATIOS d 'explotation, c 'est à dire des agents et de leur salaires. L 'essentiel c 'est donc le pouvoir de l' argent et les doctrines qui l'alimentent . Merci de votre attention

  • Pilepoil, le 23/09/2009 à 17h34

    Moi aussi j'me marre, si un jour il devait y avoir la soi-disant"concurence", y en a qui vont faire la tronche lorsqu'il faudra payer pour des services au rabais. Ils regretteront le bon vieux temps.

  • Edouard, le 23/09/2009 à 01h29

    J'me marre en pensant à la prochaine ouverture à la concurrence ... y-en a qui vont faire la tronche. Ben oui, c'est qu'il va falloir bosser, pardi !!!

  • Libératorr, le 23/09/2009 à 00h46

    Le changement de statut d'une entreprise est une question de forme de gestion, mais non pas de fond. Attention au piège des arguments faciles selon les décideurs: il faut trouver de l'argent (des banques, des fonds publics)pour affronter la concurrence européenne ? Mais qui a dit de mettre en concurrence des services publics NATIONAUX pour les transformer ensuite en société anonyme ? Ne soyons pas naifs de croire que c'est pour créer des emplois,ils représentent au contraire un coût élévé dans la gestion: la preuve,les dizaines de milliers d'emplois supprimés à la Poste, commme dans l'automobile ,l'énergie,les télécoms, pour augmenter la productivité. le statut de la Poste est déjà ambigu: comment un étab.public (qui ne peut faire de bénéfice) peut-il être à la fois à caractères industriel et commercial ? Charchez l'erreur ... pas de souci la loi est là pour la corriger. Le libéralisme économique propre n'est pas une mauvaise doctrine, c'est son utilisation qui peut devenir dangereuse et dramatique... Une substance chimique peut devenir un médicament ou une drogue .Un avion peut transporter de la nourriture comme des bombes. La fonction publique ne peut diriger tous les secteurs économiques, elle ne crée pas de richesse et elle serait inadaptée pour certains.Une économie de marchés,d'accord, mais non concurrentielle,( jusqu 'à un certain point) adaptée à la demande ( aux besoins) et surtout profitable à parts équitables à tout un chacun, puisqu 'il parait que " tous les hommes naissent libres et égaux en droit " . Il serait peut-être temps de passer du droit au fait . Donc si vous avez compris , la fonction publique déficitaire, demande de l' argent alors qu 'une entreprise à " caractère ambigu" ou mieux " anonyme " en gagne, principalement pour ses FONDATEURS, anonymes donc. Dans l 'Ouest on les appelle les buisnessmen , les hommes d ' affaires, du faire, de Fer. Vous connaissez l' histoire : " il était une fois un pot de terre ... "

  • Thomas, le 22/09/2009 à 23h56

    Un constat : Je suis abonné à une collection de CD. Chaque mois je recevais on colis par la Poste. Depuis quelques mois, c'est un transporteur qui me livre mon colis. Une lettre de l'organisme expéditeur m'a expliqué que c'était plus sûr et moins cher.

  • DIDIER, le 22/09/2009 à 23h33

    Merci à TERMINATOR pour son exposé qui est des plus clair. Cela me rappelle les circulaires administratives desquelles on disait : pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliqué.

  • Cordelia, le 22/09/2009 à 23h01

    Vive la privatisation, d'ailleurs de nombreux contractuels qui travaillent à la Poste - notamment coté Banque Postale - le souhaitent mais n'osent s'exprimer.

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