Pour le moment, seul 1 restaurant sur 2 répercute la baisse de la TVA. Pour leur forcer la main, un député UMP demande la suspension de la TVA à 5,5%. Pas question répond le gouvernement. Le débat est en tout cas lancé. © TF1/LCIL'instauration d'un taux réduit de TVA dans la restauration devrait permettre de créer 6.000 emplois "à long terme", affirme le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) dans un rapport publié mercredi qui juge "optimiste" l'objectif de 40.000 embauches supplémentaires. "Les engagements des représentants des restaurateurs de créer 20.000 emplois et de signer 20.000 contrats de professionnalisation apparaissent optimistes", écrit cet organe rattaché à la Cour des comptes et présidé par Philippe Séguin.
"En retenant une hypothèse de deux tiers de la baisse du taux répercutés dans les prix, seuls 6.000 emplois pourraient être créés à long terme", ajoute-t-il dans son rapport sur "Les prélèvements obligatoires des entreprises dans une économie globalisée". Entendu par la commission des Finances du Sénat, Philippe Séguin s'est montré "réservé sur le respect des engagements d'embauche et de baisse des prix" formulés par les restaurateurs, affirmant que les effets de la TVA réduite en terme d'emploi n'étaient "pas démontrés".
La baisse de la TVA, une niche coûteuse
En contrepartie de l'entrée en vigueur, le 1er juillet, d'un taux de TVA à 5,5% dans la restauration contre 19,6% auparavant, les professionnels du secteur se sont engagés à créer des emplois supplémentaires et à ouvrir des négociations sur les salaires. Ils sont aussi censés diminuer les prix d'au moins 11,8% sur au moins sept produits et abonder un fonds de modernisation.
L'instauration du taux de TVA réduit dans la restauration représentera pour l'Etat en 2010 un manque à gagner de 3 milliards d'euros, ce qui en fait une des "niches fiscales" les plus coûteuses. Plus généralement, le CPO estime que "l'utilisation des taux réduits de TVA pour stimuler l'emploi est contestée, et son effet sur l'emploi mal documenté".
Le secrétaire d'Etat au Commerce Hervé Novelli a souligné jeudi que la Cour des comptes, qui a estimé que le nombre d'emplois créés à la suite de la baisse de la TVA dans la restauration serait inférieur à celui prévu initialement, n'avait pas fondé ses calculs sur "les mêmes hypothèses" que l'Etat. "La Cour des comptes reconnaît qu'il va y avoir des milliers d'emplois créés du fait de cette mesure", a tenu à souligner auprès de l'AFP Hervé Novelli, simplement "on n'a pas la même perception du nombre d'emplois car on n'a pas les mêmes hypothèses au départ".
D'après agence
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