Lagarde renouvelle sa "confiance" au PDG

Par S.M., le 01 octobre 2009 à 09h58 , mis à jour le 01 octobre 2009 à 19h51

Didier Lombard a été reçu jeudi matin par la ministre de l'Economie à Bercy, après la vague de suicides au sein de groupe.

Didier Lombard, PDG de France Télécom, reçu par Xavier Darcos (15 septembre 2009)Image d'archives © TF1/LCI

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a renouvelé jeudi à Didier Lombard "sa pleine et entière confiance pour faire traverser à l'entreprise cette période difficile et douloureuse". Le PDG de France Télécom était reçu à Bercy, après la vague de suicides au sein de groupe. La ministre de l'Économie a indiqué, dans un communiqué, que Didier Lombard lui avait fait part de "renforcements du plan d'action" du groupe en réaction aux suicides récents.

France Télécom s'engage à "intensifier le dispositif mis en place pour prévenir tout nouveau suicide", à "lancer (...) le processus des Assises de la refondation" du groupe et à "accompagner les familles" par un dispositif de soutien. Le PDG de France Télécom a été mis en cause par les syndicats et par l'opposition de gauche qui a demandé sa démission après le 24e suicide d'un employé du groupe en 18 mois.

"Clients agressifs"

A son tour, le numéro 2 de France Télécom se retrouve sur le devant de la scène. Dans l'enregistrement d'une conférence téléphonique "entre l'état-major du groupe et les 400 plus hauts cadres de l'entreprise", que Capital s'est procuré,  Louis-Pierre Wenes juge qu'il n'y a pas d'augmentation véritable du nombre de suicides chez France Télécom.

Dans cet enregistrement datant du 14 septembre (avant le 24e suicide), une responsable régionale s'alarme de l'explosion des demandes de résiliation "pour raisons éthiques". Selon elle, elles auraient "pratiquement doublé" en une semaine. Cette dirigeante fait aussi valoir que "les conseillers d'Orange sont interpellés par des clients agressifs, et ne savent pas comment leur répondre. Certains se sont entendus dire par des abonnés narquois : "Je ne vous en demande pas plus parce que sinon, vous allez vous suicider", lit-on dans l'article de Capital.fr. Louis-Pierre Wenes, le numéro 2 du groupe répond : "Un client m'appellerait pour me dire ça, j'aurais tendance à lui dire (...) que d'après ce que nous savons il n'y a pas d'augmentation véritable du nombre de suicides chez France Télécom, et que nous avons depuis plusieurs mois pris des mesures (...) pour faire face à ces drames".  

Les six organisations syndicales de France Télécom ont appelé jeudi l'ensemble du personnel à deux journées d'actions, les 6 et 7 octobre, pour dénoncer le mal-être au travail et les 24 suicides qui ont endeuillés le groupe depuis plus de dix-huit mois. Les obsèques du salarié de 51 ans qui a mis fin à ses jours lundi ont eu lieu jeudi après-midi.

Par S.M. le 01 octobre 2009 à 09:58
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28 Commentaires

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  • Magda, le 02/10/2009 à 11h40

    Elle n'est pas à une bourde de plus, quand la crise arrivait, elle voyait la croissance française en pool position.

  • Gae, le 02/10/2009 à 09h58

    Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'ai ni parlé de CSP, ni de records de statistiques de suicides. Je constate juste que les sujets polémiques sont fabriqués par les medias et que s'ils avaient voulu mettre le haro sur n'importe quelle entreprise ou dans n'importe quel domaine, ils auraient trouvé le même type de cas de figure. Du coup, on en vient à stigmatiser une entreprise et en faire le symbole des effets de la crise, de la mondialisation, de l'excès de capitalisme, etc, etc avec les effets boule de neige que cela peut avoir sur les salariés fragiles. Parce que n'oublions pas non plus que l'acte de suicide n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe, parce qu'on vous annonce une affectation dont vous ne voulez pas. C'est souvent une (grosse) goutte d'eau qui vient faire déborder un vase bien plein, et peut être pas seulement pour des problèmes professionnels.

  • Françoise, le 01/10/2009 à 21h13

    J'aime bien les commentaires toujours sensés de Pilepoil à Marseille. Effectivement peu importe la courbe du nombre de suicides, que ce soit dans le privé ou dans le public. Le comble serait que l'on se mette à faire des statistiques sur ce sinistre sujet. Le respect des employés, du plus petit contrat au plus gros, doit être primordial dans toutes les sociétés. Quant au mot "confiance", je ne sais pas s'il a été vraiment employé par Christine Lagarde mais le moins que l'on puisse dire est qu'il est inapproprié ......

  • Pilepoil, le 01/10/2009 à 15h36

    Certains se lancent dans de tristes calculs statistiques ici. Peu importe de savoir dans quelle catégorie socio-professionnelle ou dans quelle entreprise le record de suicides est le plus élevé. C'est du chacun pour soi, même sur ce sinistre sujet ? Gardons seulement en mémoire que la France est le pays d'Europe où le taux de suicides est le plus fort. Et la course à la productivé, au mépris de l'humain, ne va pas arranger les choses. Essayons plutôt de faire comprendre aux responsables que cette situation ne peut perdurer. Même les Japonais l'ont compris.

  • Alex, le 01/10/2009 à 14h41

    Le coupable n'est ni Mr Lombard, ni Mme Lagarde. C'est l'extrème fragilisation de la population dans une culture ou tout est axé sur les droits acquis, l'assistanat et la sécurité à tout les niveaux. L'employé "Lambda" ne sais plus ce que se battre veut dire, il est incapable de réagir positivement à la moindre contradiction. Les autres grands coupables sont les médias qui montent ce genre d'affaire en scandale national, mais qui oublient tous les jours de mentionner les 30.000 enfants qui meurent quotidiennement par manque de soins dans le reste du monde. Quel avenir pour les Européens (et les français en particulier) face aux tigres asiatiques et aux Américains ? Quiconque a un peu voyagé en Asie, aux Amériques ou en Afrique ne peut que constater à quel point la mentalité en Europe Occidentale est nombriliste et décalée.

  • KOREAMATH, le 01/10/2009 à 14h13

    Pour repondre à JGH, le probleme des suicides dans le monde du travail n'est pas nouveau. le management commence a s'en preoccuper maintenant que ca leur eclate à la figure. C'est "marche ou creve" pour atteindre obligatoirement les objectifs. Voila ou mene la politique des resultats poussée a fond!

  • Speedo, le 01/10/2009 à 14h10

    Et si on parlait un peu des suicidés du privé ?Ben oui la aucun impact sur le gouvernement ni sur Sarkosy donc rien à foutre et surtout rien à se mettre sous la dent pour critiquer l'état.On va quand meme pas virer tous les patrons du privé.

  • Peyreyres, le 01/10/2009 à 13h56

    Lorsque l'on n'est pas "heureux" de travailler chez un employeur despote, on le quitte et l'on va voir ailleurs. Le suicide est "l'arme" des faibles.

  • Gae, le 01/10/2009 à 13h21

    16.2 suicides pour 100000 habitants en France en 2006. 187000 salariés chez France Telecom dont 100000 en France. Statistiquement, en France, sur 18 mois, 24 salariés de FT se suicident. Si je ne me trompe pas, on en est à 24 suicides sur les 18 derniers mois... C'est comme d'habitude, les medias ont leurs phases : les bébés congelés, les chiens qui bouffent les enfants, les enfants oubliés dans la voiture, maintenant ce sont les suicides chez France Telecom. Bizarrement, du coup, on ne parle plus de ceux de chez Peugeot. La situation s'est elle tellement améliorée chez Peugeot en ces temps de crise ? Ca m'étonnerait. Alors arrêtez de vous émouvoir à chaque fois que les medias tentent de vous "focuser" sur un sujet qui, même s'il est triste pour les familles concernées, n'est jamais que ce qui se passe malheureusement tous les jours...

  • JGH, le 01/10/2009 à 13h10

    Mme Largarde reconnaît implicitement que M.Lombard ne fait qu'éxécuter scrupuleusement la politique que lui impose le gouvernement .La véritable responsabilité du malaise ( qui touche également les autres entreprises nationales, la fonction publique et sans doue, un jour, le privé) est à rechercher, un étage plus haut, auprès de la Présidence, de Matignon et des ministères ...

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