Didier Lombard contre vents et marées

le 17 octobre 2009 à 10h31 , mis à jour le 17 octobre 2009 à 10h34

Malgré un 25e suicide au sein du groupe, le PDG de France Télécom affirme dans Le Figaro qu'il ne démissionnera pas.

Didier Lombard, PDG de France Télécom, reçu par Xavier Darcos (15 septembre 2009)Image d'archives © TF1/LCI

De plus en plus contesté au sein des syndicats, Didier Lombard l'est aussi désormais au sein du gouvernement. Récemment, Laurent Wauquiez a jugé "urgent" que France Télécom "se retrousse les manches" et que le PDG "aille à la rencontre de ses salariés". Ce dernier sera d'ailleurs auditionné début novembre par l'Assemblée nationale. Cette semaine, Xavier Darcos a demandé des négociations plus rapides et Nicolas Sarkozy a regretté que "certaines entreprises" aient "oublié la qualité des relations sociales".

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Il faut dire que le 25e suicide d'un salarié chez France Télécom, malgré l'annonce par la direction et le gouvernement de plusieurs dispositifs pour répondre au profond malaise dans l'entreprise, pose la question de savoir comment le groupe peut assainir sa situation de travail. "Plus que jamais, il faut que nous accélérions l'ensemble des mesures" afin de "sortir de cette spirale infernale", a déclaré jeudi soir Didier Lombard, en déplacement à Lannion. Il avait déjà fait une déclaration similaire mi-septembre, en présentant, avec Xavier Darcos, les premières mesures pour enrayer la souffrance au travail après une série de suicides durant l'été.

Les salariés ne doivent pas croire "qu'on ne les aime plus"

Mais le PDG de France Télécom, dont la gestion est mise en cause face à la vague de suicides qui frappe l'entreprise, exclut de démissionner. "Ce n'est pas quand le bateau est dans la tempête que le capitaine quitte le navire. Je dois l'amener à bon port, à un état d'entreprise humaine et prospère", déclare Didier Lombard dans une interview au Figaro. "Tout ne peut pas changer en une semaine, mais d'ici deux mois la situation devrait être plus sereine", assure-t-il encore. Cette déclaration se double d'un appel aux salariés, qu'il décrit comme "impliqués, motivés, dévoués. En dépit de la crise que nous traversons, ils travaillent, l'entreprise tourne". Pourtant, analyse Didier Lombard "cet attachement viscéral à France Télécom fait aussi que certains attendent tout de l'entreprise, qui devient comme une grande famille où tout prend un tour affectif. Or, ils ont tort de penser qu'on ne les aime plus : tout ce qu'on fait vise justement à permettre de les garder tous".

Rappelant la série de décisions et d'actions que le groupe est en train de mettre en place pour faire face au malaise dans l'entreprise, le patron de France Télécom estime que "si les salariés sont heureux, toute l'entreprise sera gagnante au final".

Depuis que la hiérarchie de France Télécom a reconnu la hausse du nombre de suicides dans les rangs du groupe, ont été annoncés la création d'un numéro vert avec des "psychologues", le recrutement de médecins du travail et de DRH de proximité en plus, et la suspension des mobilités forcées de salariés, d'abord jusqu'au 31 octobre, puis jusqu'au 31 décembre. Autre mesure, encouragée par le gouvernement : l'ouverture de négociations sur le stress. Reste que ce 25e décès en moins de deux ans, selon un décompte syndical, a relancé la crise. Vendredi, les salariés de Lannion ont défilé silencieusement, et des dizaines de rassemblements ont eu lieu dans toute la France, selon la CGT.

D'après agence

le 17 octobre 2009 à 10:31
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11 Commentaires

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  • Pilepoil, le 18/10/2009 à 03h00

    Attendons donc un peu, quelques suicides de plus, pour être bon au niveau des "stats" et mériter ainsi cette "surmédiatisation". A vos calculettes !

  • Jean, le 17/10/2009 à 17h29

    à zoom de toulouse, tu n'as rien compris : sil n y a pas de benefices, à moyen terme il n y a plus dentreprise et donc plus aucun salarié, mais c'est certain que pour que cela soit paannt pour tous, il faut que les salariés soient heureux dans leur travail: ainsi ils seront plus productifs; mais un des problemes de france telecom comme edf c'est que par le passé etant des entreprises dites publiques, il n y avait jamais pas ou presque jamais la notion de responsabilité. Autre point important une entreprise n est pas là pour te donner du bonheur, sa base c'est d equilibrer les comptes et à terme de faire des proftis qui...ramenent donc des impots donc du revenu aux gouvernements et aussi d emploi

  • Zooml, le 17/10/2009 à 14h03

    Je répond a Myriam de paris , je comprend bien votre sujet "La rentabilité d'une entreprisse" ,MAIS !!! faut il attendre comme d'habitude des morts pour ce rendre compte d'une mauvaise politique et surtout a FT comme EDF que la première chose c'est de donner le bonheur de ses employés avant de faire du frics sur leurs dos ! Comme disais Sully (1560-1641) "Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France". Aujourd'hui le temps a changer avec une politique de négrier de l'UMP Les prolos et les Smicars pas de social pour eux , mais plein de frics pour nous. A bon entendeur DBG

  • Jackydu78, le 17/10/2009 à 13h47

    France Telecom est gangrenée par la cooptation entre "jeunes loups" sortant de l'ENST ou Polytechnique, cette société ne sait pas reconnaitre à sa juste valeur le travail des "autres". C'est tout simple, les RH ont des grilles avec des carrières prêtes à l'emploi pour les bardés de diplômes (le fameux label Telecom Talent) et pour les autres c'est marche ou crève !

  • Jeanmi, le 17/10/2009 à 13h13

    En France, il faut un coupable derriere chaque acte...Laissez la justice gérer votre vie !!! ....Avec ce qu'elle a démontré (ex Outreau) il y aura de quoi faire regretter les régimes staliniens !!! Non merci, tres peu pour moi...

  • Bilbochon, le 17/10/2009 à 13h05

    Bonjour. Le PDG le dit lui-même : "Plus que jamais, il faut que nous accélérions l'ensemble des mesures". Il faut que. Je dis plutôt : "il aurait fallu que" et ce dès le premier cas de suicide. Il a bien sûr une entreprise à faire tourner. Mais il s'exprime comme un politique. Nous devons faire, nous allons faire. Et pas : "il aurait fallu faire" ... et rien n'a été fait. Après non pas un, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, non pas cinq, non pas six, non pas sept, non pas huit, non pas neuf, non pas dix, non pas onze, non pas douze, non pas treize, non pas quatorze, non pas quinze, non pas seize, non pas dix-sept, non pas dix-huit, non pas dix-neuf, non pas vingt, non pas vingt et un, non pas vingt-deux, non pas vingt-trois, non pas vingt-quatre ....... Ce type doit être renvoyé à ses études de manager qui doit faire tourner une boite mais qui ne sait pas intervenir en aval efficacement pour enrayer le drame. Ne me dites pas que la France ne compte pas des managers capables de mettre en place une politique efficace de management pour une telle entreprise; politique qui combine la rentabilité et l'humain. Tout ira mieux par la suite ? Pourquoi pas après un suicide ?

  • Nono94, le 17/10/2009 à 12h42

    Le capitaine peut quitter le navire si un autre plus compétent le remplace...seulement la place est bonne... Lombard-toi!

  • Domi, le 17/10/2009 à 12h42

    Et pourquoi on ne l'inculperait pas pour "non assistance à personnes en danger"? C'est un peu ce qu'il se passe.

  • Myriam, le 17/10/2009 à 12h29

    Je ne dis pas que ce type est formidable, mais je ne suis pas d'accord avec vous John !!! Il a une boite à faire touner, avec des objectifs de rentabilité à respecter et des comptes à rendre à l'Etat sur ce sujet. Il fait son boulot, avec plus ou moins de délicatesse au niveau humain. Je ne suis pas en train de dire que 25 vies ce n'est rien, c'est dramatique. Par contre, très froidement, il y a beaucoup de salariés à FT, et quelqu'un a rapproché ça des stats nationales, c'est en dessous ( on n'a pas demandé au PDG de RENAULT de démissionner quand c'est arrivé dans son entreprise, et là également c'était 6 sur des 10aines de millieirs de personnes, donc beaucoup moins que dans la vie hors entreprise ). Ensuite, au delà de ça, je pense qu'il faut se poser la question de fond: pourquoi quelqu'un d'équilibré et heureux dasn sa vie privée se suiciderait plutôt que de démissionner ? Et puis, pour reprendre un cas précis, de manière générale, lorsqu'on va en réunion, c'est avec un bloc et un stylo, pas un couteau pour se le planter dans le ventre devant ses collègues. Ces cas me semblent être des pathologies pour le moins curieuses, sur médialtisées eu égard au contexte ambiant.

  • Vingue, le 17/10/2009 à 11h58

    Il a fallu 25 suicides pour que le PDG de France Télécom prenne des mesures correctives de sa politique générale de l'entreprise. Qui mieux que lui est responsable !! Il semble sur de lui quand il annonce que tout ira mieux par la suite. Affaire à suivre donc !!

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