Les forçats du métro

Par O. L. avec agences, le 15 octobre 2009 à 10h57 , mis à jour le 15 octobre 2009 à 17h37

Vingt-trois sans-papiers rénovant les quais du métro ont révélé une vidéo montrant leurs conditions de travail, en pleine grève sur les conditions de régularisation.

Vingt-trois sans-papiers rénovant les quais du métro ont révélé une vidéo montrant leurs conditions de travail Vingt-trois sans-papiers rénovant les quais du métro ont révélé une vidéo montrant leurs conditions de travail © DR /Détail d'une vidéo du site de France Info

Ils sont le nouveau symbole des sans-papiers qui travaillent dans des conditions terribles. 23 d'entre eux, Maliens, Mauritaniens ou Sénégalais, âgés de 29 à 50 ans et en France depuis 1999 pour certains, ont présenté des images tournées au téléphone portable, les montrant charriant dans les escaliers d'une station de métro des plaques de bitumes usagés, pesant 50 kilos selon l'un d'eux et portées à l'épaule ou à même la tête. Ils portent ensuite sans protections des seaux de goudron bouillant. "Résultat : sans équipement adéquat, certains se brûlent. Sans oser, faute de papiers, aller se faire soigner", explique France Info qui diffuse ces images sur son site.
 
C'est un sous-traitant de la RATP, la société Asten chargée de la réfection des quais de métro, qui est accusé d'employer ces intérimaires sans-papiers pour du travail de nuit effectué dans des conditions dignes du tiers-monde. La RATP a déclaré dans un communiqué qu'"à sa connaissance, aucun salarié travaillant sur ses sites n'était en situation irrégulière" et rappelant faire travailler "plus de 5.000" fournisseurs. A son tour, la société Asten a "réfuté l'emploi de salariés irréguliers". "En cas d'intérim, les sociétés d'envergure nationale à qui nous faisons appel nous attestent formellement la régularité de la situation du personnel qu'elles mettent à notre disposition", affirme le communiqué.
 
"Arbitraire" dans les régularisations
 
Depuis lundi, près de 2000 salariés sans-papiers se sont mis en grève en Ile-de-France. Ils occupaient encore mercredi une trentaine de sites, avec le soutien d'un front syndical et associatif élargi qui dénonce "l'arbitraire préfectoral" dans l'examen des dossiers de régularisation par le travail. Alors que le gouvernement refuse toujours toute régularisation massive, une loi de 2007 a ouvert des possibilités d'obtention d'un titre de séjour, valable un an et à renouveler, pour certains métiers et selon certains critères. Or, constatent plusieurs syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) et associations (Cimade, Ligue des Droits de l'homme, RESF, Femmes Egalité, Autremonde, Droits devant), "le traitement de chaque dossier de salariés est loin d'être similaire selon les départements, et même entre des salarié(e)s de situation parfaitement identique, y compris au sein d'une même entreprise".
 
Le grief fait au gouvernement, exposé dans une lettre commune adressée au Premier ministre début octobre et sans réponse à ce jour, est de "ne pas faire appliquer les textes qu'il a lui-même édictés". Dans un communiqué, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé vouloir "faire procéder à une comparaison des résultats enregistrés dans chaque département". A charge ensuite pour ses services "de lui proposer, si nécessaire, toute démarche utile afin d'assurer une plus grande harmonisation".

Par O. L. avec agences le 15 octobre 2009 à 10:57
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43 Commentaires

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  • Regis, le 16/10/2009 à 18h53

    Banania, Paris : c'est tout ce que vous avez trouvé pour vous opposer a son opinion? pas terrible... personnellement je partage son avis...

  • Jean, le 16/10/2009 à 15h40

    A ceux qui ne comprennent pas le faite qu'il faille les renvoyer ouvrez votre domicile et sortez votre porte monnaie

  • Imari, le 15/10/2009 à 17h30

    Je suis entièrement d'accord : ce sont les employeurs qui devraient etre financièrement punis,et de façon telle qu'ils réfléchiraient à deux fois avant d'employer des sans-papiers.Il est humain de s'émouvoir des conditions de vie et de travail de ces hommes,mais en arrivant en France clandestinement,ils ne pouvaient tout de meme pas s'attendre à des situations de ministres.

  • Banania, le 15/10/2009 à 17h26

    Cedric Drancy votre réaction est consternante de bétise... Et puis commençez par revoir vos conjugaisons

  • Martin, le 15/10/2009 à 16h19

    Un travail, un logement sont plus qu'équitables de nos jours et en prime des papiers en régles.

  • Cedric, le 15/10/2009 à 16h15

    S'ils sont sans papiers, le remède est simple : les licenciés et les expulsés. Et on en parle plus.

  • Michel, le 15/10/2009 à 16h02

    Pour les sans papier il y a des lois, si elles étaient appliquées par les parties concernées, ces gens n'en souffriraient pas de cette manière. En d'autres termes ce sont les sans -papiers qui souffrent de notre système, dont la responsabilité incombe le politique et l'associatif. Coupables.

  • Il est deja, le 15/10/2009 à 15h53

    Guy, Epinay sous sénart je ne craint qu'il ne soit deja trop tard et pourtant seul le FN depuis des décennies n'a eu pour cesse de nous prevenir de ce qu'il adviendrait de la France et nul n'en a pris la mesure et aujourd'hui tous les dire de Jean Marie s'avére etre vrai !!!

  • Phil, le 15/10/2009 à 15h51

    Je suis meurtri par le sort qui est fait à ces pauvres gens, ceci n'est pas admissible. Je suis stupéfait par le, discours associatif ambiant qui les incitent à venir dans un hexagone en plein déclin économique (nous dit-on). Il serait courageux de leur faire savoir que ce sont les « passeurs » qui les exploitent au lieu de leur faire miroiter un pseudo eldorado intellectuel de pays de droits de l'homme ou tout est merveilleux. Grande responsabilité que nous avons là en promouvant une richesse matérielle ou morale que nous saurions être quasiment les champions à détenir. Une vitrine en somme. Pour leur bien, ces braves gens, il ne leur faut pas que des associations militantes dédiées les encouragent à fuir puis venir chercher leur misère en les déracinant du pays de leurs aïeux pour je ne sais quelle chimère consumériste. Accentuons de faire le bien dans leur patrie originelle. Faisons le bien, et surtout avec d'autres ,dans leurs continents pour qu'ils accèdent à notre jouissance replète de pays bienheureux et comblés et sans doute pas extensibles

  • Pascal, le 15/10/2009 à 15h46

    L'entreprise qui les emploient doit être très lourdement sanctionnée ! ! ! sinon pourquoi les autres entreprises sérieuses et respectant les lois continueraient à jouer le jeu

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