Vingt-trois sans-papiers rénovant les quais du métro ont révélé une vidéo montrant leurs conditions de travail © DR /Détail d'une vidéo du site de France InfoIls sont le nouveau symbole des sans-papiers qui travaillent dans des conditions terribles. 23 d'entre eux, Maliens, Mauritaniens ou Sénégalais, âgés de 29 à 50 ans et en France depuis 1999 pour certains, ont présenté des images tournées au téléphone portable, les montrant charriant dans les escaliers d'une station de métro des plaques de bitumes usagés, pesant 50 kilos selon l'un d'eux et portées à l'épaule ou à même la tête. Ils portent ensuite sans protections des seaux de goudron bouillant. "Résultat : sans équipement adéquat, certains se brûlent. Sans oser, faute de papiers, aller se faire soigner", explique France Info qui diffuse ces images sur son site.
C'est un sous-traitant de la RATP, la société Asten chargée de la réfection des quais de métro, qui est accusé d'employer ces intérimaires sans-papiers pour du travail de nuit effectué dans des conditions dignes du tiers-monde. La RATP a déclaré dans un communiqué qu'"à sa connaissance, aucun salarié travaillant sur ses sites n'était en situation irrégulière" et rappelant faire travailler "plus de 5.000" fournisseurs. A son tour, la société Asten a "réfuté l'emploi de salariés irréguliers". "En cas d'intérim, les sociétés d'envergure nationale à qui nous faisons appel nous attestent formellement la régularité de la situation du personnel qu'elles mettent à notre disposition", affirme le communiqué.
"Arbitraire" dans les régularisations
Depuis lundi, près de 2000 salariés sans-papiers se sont mis en grève en Ile-de-France. Ils occupaient encore mercredi une trentaine de sites, avec le soutien d'un front syndical et associatif élargi qui dénonce "l'arbitraire préfectoral" dans l'examen des dossiers de régularisation par le travail. Alors que le gouvernement refuse toujours toute régularisation massive, une loi de 2007 a ouvert des possibilités d'obtention d'un titre de séjour, valable un an et à renouveler, pour certains métiers et selon certains critères. Or, constatent plusieurs syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) et associations (Cimade, Ligue des Droits de l'homme, RESF, Femmes Egalité, Autremonde, Droits devant), "le traitement de chaque dossier de salariés est loin d'être similaire selon les départements, et même entre des salarié(e)s de situation parfaitement identique, y compris au sein d'une même entreprise".
Le grief fait au gouvernement, exposé dans une lettre commune adressée au Premier ministre début octobre et sans réponse à ce jour, est de "ne pas faire appliquer les textes qu'il a lui-même édictés". Dans un communiqué, le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé vouloir "faire procéder à une comparaison des résultats enregistrés dans chaque département". A charge ensuite pour ses services "de lui proposer, si nécessaire, toute démarche utile afin d'assurer une plus grande harmonisation".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




