Les producteurs veulent plus, Bruxelles dit non

Par L.D. (Avec agences), le 19 octobre 2009 à 16h17 , mis à jour le 19 octobre 2009 à 18h50

Les 280 millions d'euros d'aides sont loin de calmer les producteurs. Mais du côté de Bruxelles, on assure qu'il n'y aura pas un euro de plus.

Les producteurs de lait deversant leur production devant une préfecture de l'Ouest, le 19 mai 2009Les producteurs de lait deversant leur production devant une préfecture de l'Ouest, le 19 mai 2009 © LCI

L'annonce d'une aide 280 millions d'euros pour aider les producteurs en 2010 n'aura pas suffi à apaiser un secteur en crise. Ainsi, dans leur ensemble, les syndicats agricoles français ont accueilli la rallonge européenne, qui correspond à 1000 euros par producteur européen, très froidement, la FNSEA déclarant que "c'est trop peu au regard de la détresse paysanne et c'est bien tard au regard de cette crise qui dure depuis trop longtemps".
 
Mais la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel reste droite dans ses bottes. Elle a affirmé lundi que "la poule aux oeufs d'or a été plumée au maximum" après l'annonce d'une aide de 280 millions d'euros pour aider le secteur en crise. "Il ne me reste rien. Donc c'est fini, il n'est plus question pour une délégation de venir demander un euro de plus", a averti la commissaire au cours d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des ministres européens de l'Agriculture à Luxembourg.

"Supercherie"
 
La commissaire danoise, qui il y a encore peu de temps refusait catégoriquement toute aide financière nouvelle au secteur, a reconnu avoir réagi à la colère des producteurs laitiers.  Elle a expliqué que le "fonds laitier" était "la contribution de la Commission pour mettre un terme aux manifestations dans les rues".  "On peut avoir d'autres craintes dans le monde agricole, mais là je le dis il n'y aura plus un sou", a-t-elle toutefois ajouté, alors que d'autres secteurs du monde paysan, dans les céréales ou l'élevage, se plaignent aussi de la chute de leurs revenus et réclament des aides. Notamment en France. La commissaire a précisé que l'enveloppe de 280 millions d'euros qu'elle propose serait répartie au niveau national en fonction "de la production" des différents Etats, en ne dépassant pas toutefois le niveau des quotas (plafonds) de production qui leur ont été alloués. Ce système favorisera mécaniquement les grands pays de production que sont la France, l'Allemagne, le Danemark ou la Pologne.
 
Mais, comme la FNSEA, les autres syndicats ne l'ententendent pas ainsi. En témoignent leurs réactions qui ne sentent pas la résignation. Ainsi, la Coordination rurale (CR) a, elle aussi, estimé que ce "n'était pas suffisant". "C'est par le marché que l'on peut apporter une solution aux producteurs", selon la CR qui "préfèrerait que la commissaire (européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, ndlr) déclare qu'elle va mettre au point une réglementation d'urgence" pour faire remonter les prix. Enfin, la Confédération paysanne a estimé que le montant des aides ne serait pas en mesure d'améliorer la situation des éleveurs européens. "C'est une supercherie", a estimé Philippe Collin, porte-parole.

 

Les agriculteurs reçus par Bruno Le Maire

Les syndicats agricoles, confortés par le succès des manifestations des producteurs vendredi, seront reçus mardi par le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire pour discuter du "plan global" de soutien au secteur qui devrait être annoncé prochainement par le chef de l'Etat.
"Aucune annonce n'est prévue" à l'issue des différentes réunions organisées mardi au ministère où les trois syndicats représentatifs du monde agricole --FNSEA/JA, Coordination rurale et Confédération paysanne-- s'entretiendront à tour de rôle à partir de 16h30 avec le ministre, a-t-on indiqué au ministère.
Ces rencontres sont destinées à faire le point au lendemain du conseil des ministres européens de l'Agriculture, qui a déjà permis lundi le déblocage d'une aide de 280 millions d'euros pour les éleveurs laitiers, dont 50 à 60 millions pour les Français, selon la même source. Une aide d'ores et déjà unanimement qualifiée d'"insuffisante" par les syndicats.

D'après agence

Par L.D. (Avec agences) le 19 octobre 2009 à 16:17
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16 Commentaires

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  • Opalip, le 28/10/2009 à 10h50

    Les subventions sont un feu de paille. Ce que veulent les agriculteurs, c'est être payé comme il faut pour pouvoir vivre de leur travail. Si je vends un litre de lait ? 0,21 et qu'il me coute ? 0,30 à produire, le calcul est vite fait, j'arrête mon activité dans 6 mois maximum. D'une part la solution serait de réguler, ce qui entrainera une diminution des quantités = augmentation des prix. D'autre part les agriculteurs doivent se diversifier afin de ne pas être dépendant d'un seul produit et s'organiser afin de faire face efficacement aux 5 centrales d'achats qui font la pluie et le beau temps.

  • Levicomte44, le 27/10/2009 à 11h25

    à antonio de perpignan , enfin un français qu a tout compris , on pense la meme chose . baisse de production et les prix augmenteront , c est pourtant simple à comprendre un enfant de 10 ans vous le dira .y faut arreté de demandé du pognon à l état , l état c est nous et Mr sarkosy fait ce qu il peut pour aidée tout le monde , merci de me publié , mais comme d habitude se ne sera pas le cas *

  • Titus, le 27/10/2009 à 09h52

    Bonjour. Je comprends la détresse des laitiers, mais je pense à tort, peut être qu'ils se trompent de cible. L'état, n'est pas la pour compenser et aider a outrance, la mauvaise négociation de leur vente de lait. Il faut se mettre dans la tête que l'argent ne tombe pas du ciel et que toutes les aides pour eux et ou pour les banques par exemple se retrouvent sur nos feuilles d'impôts. Dans le cas des laitiers en apparence, avec des syndicats puissants, ils devraient plutôt chercher qui les plumes, et imposer des barèmes d'achat et de ventes, autrement c'est l'escalade, c'est a qui obtient le plus de subvention mais on ne règle pas le problème. Et derrière c'est le consommateur (les familles aujourd'hui silencieuses) qui paye encore et encore. Il faut arrêter de faire l'autruche et NE PLUS demander toujours une solution par des aides. L'état n'est pas la pour ca . Titus de bordeaux

  • Cool44, le 22/10/2009 à 23h19

    Ils en veulent toujours plus. ils ont "manger" tous les petits, il ne reste pour la plupart que des grosses exploitations. a les entendre ils travaillent 7 jours sur 7, mais bien souvent il sont en société à 2 ou 3 et donc ils ont 2 week-end sur 3. Celà ne ressemble plus à l'agriculture d'il y a 20 ans et à la rigueur tant mieux. Pour eux les ouvriers sont des gens qui ne sont pas à plaindre "35 heures puis repos". Nous actuellement dans le bâtiment on est content qu'ils ont encore du fric car on ne fait que des maisons pour eux "résidence secondaire pour louer". je veux bien croire qu'il y en a qui ont des difficultés mais ceux on ne les entend pas et si des aides sont alloués ils n'auront que des miettes et ceux qui en ont pas besoin grossiront encore et pourront acheter des tracteurs qui ont les roues plus haute que nous .

  • El gringo 92, le 22/10/2009 à 11h30

    Si on aide financièrement une filière agricole à se développer et si les surproductions font baisser les prix de vente faut il financer une 2ème fois quand les revenus sont trop bas ?? 1 habitant sur 6 meurt de faim dans le monde et il sera heureux d'apprendre que les agriculteurs vont toucher 280 millions d'? d'aide

  • 034, le 20/10/2009 à 16h34

    Bravo à ceux et celles qui sont clairvoyants. La pression fiscale est trop lourde en France ? Mais comment la réduire dans la mesure où l'Etat doit se substituer trés souvent au chef d'entreprise (de secteurs trés différents ) dont le produit n'est plus en adéquation prix/marché ? Il appartient me semble t il a chacun de prendre ses responsabilités et organiser la filière ( production, conditionnement, vente...)...

  • Saxo6531, le 20/10/2009 à 13h15

    Je suis de tout coeur avec les agriculteurs que ferons nous si un jour le monde agricole disparait. Avec toute les charges et malgret les aides leurs exploitations ne sufisent plus a les faire vivre et pour finir leur vieux jours la retraite corespond a la moitié d'un RMI formidable quand on sait qu'ils travailent du lundi au dimanche sans jour fériés ni vacances avec des semaines a 80 heures et le reste.

  • Julia88000, le 20/10/2009 à 10h43

    1000 ? ? C'est du grand n'importe quoi. Quand on voit qu'un paysan n'a pas de vacances, travaillent 365 jours par an, et trime comme un malade pour ramener 3 sous à la maison !!!!! A Bruxelles, ils connaissent pas ça !! ils font leur s35 heures et basta, retour tranquille à la maison, levé à 8h et non à 5 !!! Dans une exploitations, les vaches ne font pas la différence avec un lundi, un dimanche, le 14 juillet ou le 1er janvier. Qu'ils prennet un peu leur place, juste quelques jours, ils comprendront peut-être.

  • Robert, le 20/10/2009 à 10h17

    Ce que beaucoup oublient, c'est que ce sont surtout les français qui hurlent au loup, dans les autres pays, la situation est plus calme parce que l'agriculture n'est pas seulement là a attendre la manne de l'État providence pour se transformer. La situation n'est pas facile mais elle ne justifie en aucun cas un débordement e violence qui coûte cher à tous les contribuables.

  • Antonio, le 20/10/2009 à 05h44

    Pour faire cesser la crise du prix du lait, la solution n'est pas de manifester mais d'organiser la pénurie en produisant moins. Les agriculteurs ont la solution de leur propre problème. Si la production devient inférieure à la consommation, le prix augmentera naturellement.

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