Payées à se tourner les pouces

Par , le 06 octobre 2009 à 09h26 , mis à jour le 07 octobre 2009 à 11h38

Depuis quatre mois, cinq salariées d'une entreprise de Pontarlier sont sans travail mais continuent à être rémunérées. Leur employeur est injoignable.

[Expiré] témoignage anonyme femme inconnue © SXC.HU

Carmen Girard n'a plus personne pour jouer avec elle au Scrabble. Depuis juin, cette femme de 36 ans et ses quatre autres collègues passaient leur journée de travail à faire des jeux de société, papoter autour d'un café, feuilleter des magazines... Depuis juin, ces cinq salariées de National Power Packs, une entreprise chargée de l'assemblage de batteries rechargeables située à Pontarlier, dans le Doubs, sont payées à ne rien faire.
 
Le coup de massue remonte à mai dernier. Le 28, Carmen Girard reçoit un mail de son patron néerlandais. La situation est catastrophique : 500.000 euros de dette. Il a décidé de fermer cette petite boîte, qu'il avait rachetée en 1997. Le 25 juin : les onze dernières palettes partent aux Pays-Bas, près de Rotterdam. "Quand on a vu le camion partir, on a réalisé que c'était vraiment fini, se souvient Carmen Girard. Avant, on réalisait sans vraiment réaliser. Que c'était un moment difficile à cause de la crise mais que ça allait s'arranger."
 
Son patron lui envoie un nouveau mail. La teneur du message : il faut informer les clients de la fermeture de l'entreprise. Préparation des bons de commandes, facturation, devis, relations salariales... Voilà, seize ans que Carmen Girard travaillait à National Power Packs. "Je faisais tout ce qu'un patron peut faire, sans le statut de patron", explique-t-elle à LCI.fr. Ses quatre autres collègues étaient à la production.
 
"On se dit que notre salaire n'est pas mérité, c'est dégradant..."
 
Le dernier mail du patron batave date de jeudi dernier. Le message est laconique. "Il voulait la photocopie du contrat de location de l'entreprise et précisait qu'on allait être payées", relate Carmen Girard. Mais c'est tout. "Notre employeur ne répond plus sur son téléphone portable et on reçoit les informations au compte-gouttes". Conformément aux instructions de l'Inspection du travail, elles ont continué à venir sur leur lieu de travail chaque jour de la semaine, de 7 heures à 16 heures. "Nous étions toujours payées donc on venait", raconte-t-elle comme pour s'excuser d'être rémunérées à ne rien faire. Mais que faisaient-elles dans une entreprise sans client, sans fournisseur, sans matériel... "On regardait les murs et les machines", rit-elle amèrement. Les cinq salariées s'organisent : installation d'un hamac, d'un poste de télé... Le tout dans la salle la plus ensoleillée du site.
 
Vendredi, elles ont rencontré une avocate spécialisée en droit du travail, Me Anne-Sylvie Grimbert. Sur son conseil, elles ont écrit une lettre à l'Inspection du travail et à leur direction pour indiquer qu'elles n'iraient plus sur leur lieu de travail, tout en restant "à la disposition" de l'employeur. "Jusqu'à présent, (l'employeur) ne répond pas, ni à mes clientes, ni à l'inspection du travail qui lui a écrit", a indiqué la défenseure à l'AFP. La direction reste injoignable.
 
Aujourd'hui, seule Carmen Girard se rend encore dans l'entreprise. Elle y passe quelques heures puis repart. Relever le courrier, répondre au téléphone, regarder les murs... "C'est invivable de rester dans une entreprise fantôme, se désole la jeune femme. On est enfermé dans une pièce à attendre je ne sais pas quoi". Pour elle, c'est une forme de harcèlement moral. "On se sent inutile, on se dit que notre salaire n'est pas mérité, c'est dégradant..." Les cinq employées savent toutes à "quelle sauce" elles vont être mangées. Elles voudraient juste savoir quand, que leur patron vienne s'expliquer, qu'elles puissent tourner la page, "on ne pas le séquestrer !".

Par Amélie Gautier le 06 octobre 2009 à 09:26
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76 Commentaires

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  • Invisivible, le 17/10/2009 à 09h26

    YOUNET.....ha oui quelle genre d'affaire????? cela m'arrangerais bien de boucler mes fins de mois!!!j'ai un pc mais avec des annonces tellement bidon....qui circulent.....si vous avez une piste sérieuse n'hésitez pas de nous en faire profité....

  • Younet, le 15/10/2009 à 23h11

    Moi je me fais ch... 8 heures par jour sur des lignes de montage avec des horaires que tous le monde n'accepterai pas et si je pouvais être payer à ne rien faire t'inquiète que je trouverai à m'occuper pour arrondir mes fins de mois il suffit d'un PC portable et d'un accès à internet pour faire des affaires.

  • Levieux, le 15/10/2009 à 10h38

    Le travail c'est la santé. Travailler sans but, sans résultat, attendre, je plains franchement ces gens. Je comprends leur frustration, leur sentiment de honte. Je comprends moins la haine de JMC, les critiques envers les fonctionnaires, c'est ce que l'on constate lorsqu'on se rend dans les administrations, déplacement nonchalant, un bonjour difficile, regard détourné, prendre les gens pour des imbéciles (comme JMC). Sa place il l'a doit certainement à un concours, mais le piston existe aussi. Il m'a l'air très fatigué et aigris, je pense qu'il devrait prendre des RTT ou laisser sa place à un jeune à BAC ...... qui serait heureux de travailler pour moins de 1500 euros. Je n'irai pas plus loin c'est un autre débat comme dit JMC.

  • JACKIE, le 15/10/2009 à 10h33

    à JMC de RENNES , OK pour bac plus 5 mais celà ne vous empèche pas de faire des fautes d'orthographe.... JACKIE PIROU

  • JACKIE, le 15/10/2009 à 10h29

    JMC RENNES, bac plus 5 OK mais celà ne vous empèche pas de faire des fautes d'orthographe.....

  • Titi, le 14/10/2009 à 21h38

    Moi je connais quelqu'un qui travaille 30 minutes par semaines sur 37 heures de présence c'est bien pire puisque c'est réellement son job et ça lui va tres bien

  • John Duff, le 09/10/2009 à 03h46

    Vive la Poste,on y fait pas plus dans certains villages mais on est sur de garder son job a vie.

  • Did, le 08/10/2009 à 18h55

    Euh... il embauche encore car je suis dispo

  • Realitad, le 07/10/2009 à 13h53

    Faut vraiment être bête Moi j'ai un boulot comme ça ou je fait rien et je suis payer, mais je le garde a vie SANS JAMAIS en parler autour de moi, (c'était peut être le plus beau travail au monde) je pense que ces personnes ont fait une connerie en parlant a la presse :/

  • Champaloux, le 07/10/2009 à 00h54

    Ces femmes n'ont pas choisi cette situation dont elles ne sont que victimes ! elles ont eu le mérite d'etre présentes pendant leurs 8 heures de travail théorique ,alors , qui pourrait les blamer ? combien de chomeurs sont en recherche d'emploi de 7heures du matin à 16 heures , tous les jours ? elles ont largement mérité leurs salaires , que de toutes manières , elle percevront , une fois liicenciées économiques !

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