© SXC.HULa loi Fillon, qui depuis 2003 autorise les salariés ayant commencé à travailler entre 14 et 16 ans à prendre leur retraite avant 60 ans, aurait été "massivement détournée de son objet initial", selon Le Parisien. D'après l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) "l'épluchage de 12.000 dossiers concernant des demandes de régularisation de trimestres a fait émerger 10% de cas très suspects". Conséquence : dès lundi, "1200 personnes soupçonnées d'avoir escroqué la Sécu pour prendre une retraite anticipée et 2400 autres soupçonnées de les avoir aidées" recevront un courrier de rappel à la loi émanant de la Mutualité sociale agricole ou de l'Urssaf.
"La fraude n'est pas encore avérée sur les 1200 dossiers" mais "nous donnons priorité au contrôle des déclarations", affirme la présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse, Danièle Karniewicz (CFE-CGC), dans les colonnes du Parisien.
Ce qui a rendu les fraudes possible
A l'origine, les personnes qui ne pouvaient fournir d'attestation d'employeur de l'époque pouvaient demander à deux témoins de faire une simple déclaration sur l'honneur. Depuis 2008, la procédure a été renforcée puisque "les témoins sont convoqués" et que les trimestres régularisables sont limités à quatre. Mais avant cela, les déclarations frauduleuses semblent avoir été nombreuses. "A côté de cas réels de régularisation, certains assurés sociaux ont obtenu des témoignages de complaisance sur leur soi-disant activité professionnelle quand ils étaient jeunes", explique Danièle Karniewicz.
Ces faux témoignages supposés pourraient dans certains cas avoir dépassé les simples cas individuels, pour déboucher sur de vraies filières de fraude. Selon Le Parisien, à Créteil et à Marseille notamment, "la justice a été saisie pour enquêter sur de véritables réseaux".
D'après agence
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