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| "Les mesures annoncées ne sont pas appliquées" |
France Télécom : deux nouveaux suicides
Deux salariés se sont donnés la mort cette semaine hors de leurs lieux de travail. "L'entreprise est sous le choc", déclare la direction qui ne privilégie aucune hypothèse pour le moment.
Publié le 12/02/2010
"Didier se sentait inutile, il était totalement isolé dans son équipe, largué", raconte un proche. Un ingénieur de France Télécom de 48 ans, en arrêt-maladie depuis un mois sur les conseils de son médecin du travail, s'est pendu jeudi à son domicile à Lannion (Côtes-d'Armor). Selon des sources concordantes à Lannion, ce père de trois enfants avait récemment postulé pour une position à Rennes, qui lui a été refusée. L'homme a laissé une lettre qui fait référence à une déception ressentie après une promotion manquée, a dit le nouveau n°2 de la société, Stéphane Richard. Sans en connaître "la teneur exacte", il a indiqué que le salarié y faisait "état d'une déception dont il aurait souffert, à la suite d'un choix professionnel pour un poste sur lequel il était candidat, et où il n'a pas été retenu". "C'est un choc terrible pour l'entreprise. Cette série met en évidence une série de détresses et de souffrances dans une partie de l'entreprise", a-t-il dit sur France 5.
Le PDG de France Télécom, Didier Lombard, "profondément affecté" s'est rendu "immédiatement sur place". Il a indiqué vouloir "sortir de la spirale infernale". "Plus que jamais, il faut que nous accélérions l'ensemble des mesures que nous prenons pour sortir de cette spirale infernale. Il faut absolument arrêter cette vague de suicides qui est en train de frapper l'entreprise", a-t-il dit à son arrivée en jet à l'aéroport local. Deux cadres dirigeants de France Télécom participaient justement jeudi avec des cadres de l'entreprise à Lannion à un séminaire sur le stress au travail au moment, selon des salariés du centre. A l'annonce du drame, le séminaire a été interrompu et les dirigeants sont revenus au centre de recherche pour se réunir avec les représentants du personnel.
Nicolas Sarkozy estime, dans un entretien au Figaro de vendredi (lire notre article) que le phénomène montre que le travail des salariés doit passer avant le reste et critique indirectement la politique de l'entreprise. "On a trop privilégié dans certaines entreprises l'avis des analystes financiers et ainsi on a oublié la qualité des relations sociales. La moralisation du capitalisme doit nous amener à changer cette détestable habitude", dit-il.
"Toujours en danger"
Le ministre du Travail Xavier Darcos a exprimé de son côté, dans un communiqué, "sa profonde émotion". "Ce triste événement survient au moment où l'entreprise s'est engagée dans une démarche de lutte active contre les risques psychosociaux", a-t-il souligné, en invitant "les partenaires sociaux de France Telecom à intensifier les échanges entrepris dans le cadre de la négociation sur la prévention du stress au travail et à s'accorder dans les meilleurs délais sur la mise en place de procédures adaptées".
Il s'agit du 25e suicide dans le groupe depuis février 2008 et du deuxième sur le site de Lannion. Un autre salarié, technicien au centre de recherche, s'était donné la mort dans la nuit du 29 au 30 août dernier, sans laisser de message expliquant son geste. Il s'agissait alors du vingt-deuxième suicide.
Les syndicats de France Télécom (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC/Unsa, Sud) ont appelé jeudi le personnel à "agir sous toutes les formes, et notamment des assemblées générales" le 20 octobre, jour de la prochaine séance de négociation sur le stress au travail, estimant notamment que les personnels étaient "toujours en danger". Pour les syndicats, "c'est intolérable et inacceptable".
(D'après agence)
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