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Par Olivier LEVARD, le 24 novembre 2009 à 18h01, mis à jour le 25 novembre 2009 à 16:15
Dossier : Une semaine pour l'Emploi
Dans le cadre de la semaine pour l'emploi, le président de l'Agence nationale des services à la personne, revient sur leur image et les perspectives d'emplois du secteur.
Laurent Hénard, député et président de l’Agence nationale des services à la personne © LCI.fr / Olivier Levard
Ils sont un espoir pour le gouvernement. Malgré la sinistrose de l'emploi, les services à la personne continuent à recruter. De plus en plus de Français profitent de ces aides au quotidien (ménage, soutien scolaire, aide aux personnes agées...) ou y songent pour se reconvertir ou compléter leurs revenus.
La garde d'enfants, l'aide aux personnes dépendantes, les services de la vie quotidienne sont en plein boom. Découvrez le secteur des services à la personne.
Publié le 30/10/2009
Du 23 au 30 novembre, TF1, LCI, TF1 News et LCI Radio se mobilisent avec vous contre le chômage. Plus de 16.000 offres sont à consulter. Des opportunités qu'ont déjà saisies de nombreux chômeurs.
Publié le 23/11/2009
Laurent Hénard est président de l'Agence nationale chargée de leur développement. Dans le cadre de la "semaine pour l'emploi" de TF1, ce député UMP de Meurthe-et Moselle et tête de liste aux régionales en Lorraine, commente la santé du secteur et son image.
TF1 News : L'année 2009 est terrible pour l'emploi. Les services à la personne sont-ils épargnés?
Laurent Hénard, président de l'Agence nationale des services à la personne : Pour les services à la personne, la crise se traduit par un ralentissement. Nous créons toujours des emplois mais à un rythme moins soutenu, deux fois moins rapide que les années passées. Mais le secteur restera créateur net d'emplois en 2009, ce sera d'ailleurs peut être le seul....
TF1 News : L'objectif chiffré du plan était de doubler le rythme annuel des créations d'emplois, de passer de 60.000 à 120.000 emplois, ce qui, en quatre ans, devait permettre la création de 500.000 emplois. Avez-vous renoncé à cet objectif?
L. H. : C'est difficile à dire avant la fin de l'année mais sur la période 2005-2010, nous aurons bien doublé les créations d'emplois dans le secteur. Nous sommes déjà à plus de 400.000. Bien entendu, il s'agit de créations brutes, pas forcément de nouveaux emplois. Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui, une création d'emploi sur quatre en France se fait dans les services à la personne.
TF1 News : Y-a-t-il encore des réserves d'emploi dans les services à la personne. Dans quels secteurs en particulier?
L. H. : Il y a clairement encore de la réserve. D'abord, car le vieillissement de la population est là est qu'il faut bien s'en occuper collectivement : maintenir un personne âgée chez elle, cela implique de la création d'emploi. D'autres niches marchent à plein. D'une part, la garde des petits et le soutien scolaire, d'autre part, le "combiné" au foyer", c'est-à-dire un panel plus large de services pour une même famille - ménage, repassage, jardinage, cuisine... -apportés par une ou plusieurs personnes. Cela n'est pas spectaculaire mais chaque petite niche de métier participe de la croissance. Il y a aussi l'aide informatique à domicile, l'aide pour les papiers administratifs, la sécurisation des domiciles de personnes âgées ou des jeunes enfants, la cuisine à domicile lorsque vous recevez...
TF1 News : Tout le monde n'a pas les moyens de faire venir un cuisinier lorsqu'il reçoit des amis... Est-ce à dire que les services à la personne sont réservés aux riches ?
L. H. : Certainement pas ! Avant que l'on passe de la réduction d'impôt au crédit d'impôt, c'était peut-être vrai, car les 50% des Français qui paient l'impôt sur le revenu sont les plus aisés. Maintenant, on s'intéresse aussi, avec ce crédit d'impôt, au Français les plus modestes. Ils représentent déjà 40% de la dépense fiscale. Aisé ou pas, vous avez envie que l'on s'occupe bien de vos enfants, et éventuellement qu'on les aide à réussir à l'école. Cela concerne tout le monde.
TF1 News : Un des moteurs des services à la personne est cet abattement fiscal très généreux dont ils bénéficient. En période d'économies tous azimuts, avez-vous des assurances sur son maintien?
L. H. : Le gouvernement a validé un programme jusqu'en 2012 et cette stabilité est un élément majeur du succès. Je pense qu'il n'augmentera pas mais ne baissera pas et c'est la position que je défends.
TF1 News : Dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a décidé d'offrir 200 euros de Cesu (Chèques emploi service universel) à 1,5 million de foyers en France. Où en est cette mesure ? Sera-t-elle reconduite?
L. H. : La mesure a été décidée au printemps et lancée à l'été. Les chèques sont tous arrivés chez les particuliers et ils commencent à être consommés depuis la rentrée. C'est une bonne mesure car c'est du pouvoir d'achat qui crée directement de l'emploi local et qui s'adresse à ceux qui en ont besoin, des ménages modestes et des personnes âgées. Sur la reconduction, il faut être lucide. L'Etat doit faire des choix et nous ne sommes pas le secteur économique le plus touché par la crise. Par ailleurs, les entreprises subventionnent davantage ces chèques pour leurs salariés.
TF1 News : Les services à la personne sont faiblement rémunérés et conservent une image un peu "ingrate".
L. H. : C'est vrai que l'idée de "petit boulot" reste toujours et que c'est un secteur qui n'est pas tous les jours facile. Mais nous faisons des efforts pour mieux former les acteurs, reconnaître les acquis de l'expérience : il y a des offres de formation qui se développent, des conventions collectives qui se signent ... Cela permet de garantir un salaire minimum. Bien entendu, ce n'est pas le même pour quelqu'un qui fait du repassage et quelqu'un qui assiste une personne âgée malade chez elle : ce ne sont ni les même compétences, ni la même difficulté de tâche. Lorsque vous avez une forte variété de métiers, il y a une forte variété de rémunérations. Le problème n'est pas dans le salaire horaire mais dans le nombre d'heures. Il y a du temps partiel choisi mais également du temps de travail subi. Notre travail, c'est de le faire reculer.
TF1 News : Comment?
L. H. : Par exemple en lançant des centres de ressources en région pour mettre en contact des particuliers-employeurs et des personnes qui cherchent des heures. Une personne peut s'occuper du lever et du coucher d'une personne âgée et garder des enfants pendant la journée... Nous encourageons cette multi-activité.
TF1 News : Concrètement, quelle démarche faut-il faire pour se mettre aux services à la personne, se reconvertir ? Les formations sont méconnues...
L. H. : La meilleure solution, c'est d'en parler à son agence Pôle Emploi qui a des offres à placer et considère les services à la personne comme un secteur à part entière. Après, cela fonctionne au cas par cas. Il y a un module d'insertion intensif de deux semaines, le MISAP, qui permet de mettre un premier pied avant d'aller vers des formations complémentaires. Il y en a beaucoup, chacun peut trouver celle qui lui convient.
TF1 News : Vous avez remis un rapport au Premier ministre sur l'apprentissage des jeunes dans la fonction publique. Quelles sont vos pistes pour favoriser leur emploi ?
L. H. : D'abord, il n'est pas normal que le secteur public ne prenne pas sa part dans la réussite professionnelle des jeunes et donc à leur préparation à l'emploi. C'est une question de solidarité. Or, nous n'avons que 7000 apprentis alors que les nombreux emplois proposés dans l'administration peuvent aussi s'exercer dans le privé. Si vous êtes dans le service "parc et jardins" d'une mairie, vous pouvez devenir pépiniériste.... Pour développer les formations en alternance, nous proposons donc d'assister les petites communes qui recrutent des apprentis pour toutes leurs formalités et d'offrir aux administrations un outil pour recruter par l'alternance. Cela apportera davantage de diversité. En clair, le public dira aux jeunes intéressés par l'apprentissage "viens-te former chez nous" et leur proposera aussi des emplois.
TF1 News : Nicolas Sarkozy tient pourtant à sa règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux...
L. H. : Même en embauchant moins, le secteur public embauche quand même. Il y a plusieurs centaines de milliers de recrutements par an. La question est de savoir si on ne recrute que par un concours académique ou si l'on ouvre aussi une voie par l'alternance qui donne une chance à des personnes moins diplômées mais qui méritent aussi d'intégrer la fonction publique.
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