"Les services à la personne ne sont pas réservés aux riches"

Par , le 24 novembre 2009 à 18h01 , mis à jour le 25 novembre 2009 à 16h15

Dossier : Une semaine pour l'Emploi

Dans le cadre de la semaine pour l'emploi, le président de l'Agence nationale des services à la personne, revient sur leur image et les perspectives d'emplois du secteur.

Laurent Hénard, député et président de l’Agence nationale des services à la personne Laurent Hénard, député et président de l’Agence nationale des services à la personne © LCI.fr / Olivier Levard

Petit Logo semaine pour l'emploiIls sont un espoir pour le gouvernement. Malgré la sinistrose de l'emploi, les services à la personne continuent à recruter. De plus en plus de Français profitent de ces aides au quotidien (ménage, soutien scolaire, aide aux personnes agées...) ou y songent pour se reconvertir ou compléter leurs revenus.

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Laurent Hénard est président de l'Agence nationale chargée de leur développement. Dans le cadre de la "semaine pour l'emploi" de TF1, ce député UMP de Meurthe-et Moselle et tête de liste aux régionales en Lorraine, commente la santé du secteur et son image.


TF1 News : L'année 2009 est terrible pour l'emploi. Les services à la personne sont-ils épargnés?
 
Laurent Hénard, président de l'Agence nationale des services à la personne : Pour les services à la personne, la crise se traduit par un ralentissement. Nous créons toujours des emplois mais à un rythme moins soutenu, deux fois moins rapide que les années passées. Mais le secteur restera créateur net d'emplois en 2009, ce sera d'ailleurs peut être le seul....
 
TF1 News : L'objectif chiffré du plan était de doubler le rythme annuel des créations d'emplois, de passer de 60.000 à 120.000 emplois, ce qui, en quatre ans, devait permettre la création de 500.000 emplois. Avez-vous renoncé à cet objectif?
 
L. H. : C'est difficile à dire avant la fin de l'année mais sur la période 2005-2010, nous aurons bien doublé les créations d'emplois dans le secteur. Nous sommes déjà à plus de 400.000. Bien entendu, il s'agit de créations brutes, pas forcément de nouveaux emplois. Ce qui est sûr c'est qu'aujourd'hui, une création d'emploi sur quatre en France se fait dans les services à la personne.
 
TF1 News : Y-a-t-il encore des réserves d'emploi dans les services à la personne. Dans quels secteurs en particulier?
 
L. H. : Il y a clairement encore de la réserve. D'abord, car le vieillissement de la population est là est qu'il faut bien s'en occuper collectivement : maintenir un personne âgée chez elle, cela implique de la création d'emploi. D'autres niches marchent à plein. D'une part, la garde des petits et le soutien scolaire, d'autre part, le "combiné" au foyer", c'est-à-dire un panel plus large de services pour une même famille - ménage, repassage, jardinage, cuisine... -apportés par une ou plusieurs personnes. Cela n'est pas spectaculaire mais chaque petite niche de métier participe de la croissance. Il y a aussi l'aide informatique à domicile, l'aide pour les papiers administratifs, la sécurisation des domiciles de personnes âgées ou des jeunes enfants, la cuisine à domicile lorsque vous recevez...
 
TF1 News : Tout le monde n'a pas les moyens de faire venir un cuisinier lorsqu'il reçoit des amis... Est-ce à dire que les services à la personne sont réservés aux riches ?
 
L. H. : Certainement pas ! Avant que l'on passe de la réduction d'impôt au crédit d'impôt, c'était peut-être vrai, car les 50% des Français qui paient l'impôt sur le revenu sont les plus aisés. Maintenant, on s'intéresse aussi, avec ce crédit d'impôt, au Français les plus modestes. Ils représentent déjà 40% de la dépense fiscale. Aisé ou pas, vous avez envie que l'on s'occupe bien de vos enfants, et éventuellement qu'on les aide à réussir à l'école. Cela concerne tout le monde.
 
TF1 News : Un des moteurs des services à la personne est cet abattement fiscal très généreux dont ils bénéficient. En période d'économies tous azimuts, avez-vous des assurances sur son maintien?
 
L. H. : Le gouvernement a validé un programme jusqu'en 2012 et cette stabilité est un élément majeur du succès. Je pense qu'il n'augmentera pas mais ne baissera pas et c'est la position que je défends.
 
TF1 News : Dans le cadre du plan de relance, le gouvernement a décidé d'offrir 200 euros de Cesu (Chèques emploi service universel) à 1,5 million de foyers en France. Où en est cette mesure ? Sera-t-elle reconduite?
 
L. H. : La mesure a été décidée au printemps et lancée à l'été. Les chèques sont tous arrivés chez les particuliers et ils commencent à être consommés depuis la rentrée. C'est une bonne mesure car c'est du pouvoir d'achat qui crée directement de l'emploi local et qui s'adresse à ceux qui en ont besoin, des ménages modestes et des personnes âgées. Sur la reconduction, il faut être lucide. L'Etat doit faire des choix et nous ne sommes pas le secteur économique le plus touché par la crise. Par ailleurs, les entreprises subventionnent davantage ces chèques pour leurs salariés.
 
TF1 News : Les services à la personne sont faiblement rémunérés et conservent une image un peu "ingrate".
 
L. H. : C'est vrai que l'idée de "petit boulot" reste toujours et que c'est un secteur qui n'est pas tous les jours facile. Mais nous faisons des efforts pour mieux former les acteurs, reconnaître les acquis de l'expérience : il y a des offres de formation qui se développent, des conventions collectives qui se signent ... Cela permet de garantir un salaire minimum. Bien entendu, ce n'est pas le même pour quelqu'un qui fait du repassage et quelqu'un qui assiste une personne âgée malade chez elle : ce ne sont ni les même compétences, ni la même difficulté de tâche. Lorsque vous avez une forte variété de métiers, il y a une forte variété de rémunérations. Le problème n'est pas dans le salaire horaire mais dans le nombre d'heures. Il y a du temps partiel choisi mais également du temps de travail subi. Notre travail, c'est de le faire reculer.
 
TF1 News : Comment?
 
L. H. : Par exemple en lançant des centres de ressources en région pour mettre en contact des particuliers-employeurs et des personnes qui cherchent des heures. Une personne peut s'occuper du lever et du coucher d'une personne âgée et garder des enfants pendant la journée... Nous encourageons cette multi-activité.

TF1 News : Concrètement, quelle démarche faut-il faire pour se mettre aux services à la personne, se reconvertir ? Les formations sont méconnues...
 
L. H. : La meilleure solution, c'est d'en parler à son agence Pôle Emploi qui a des offres à placer et considère les services à la personne comme un secteur à part entière. Après, cela fonctionne au cas par cas. Il y a un module d'insertion intensif de deux semaines, le MISAP, qui permet de mettre un premier pied avant d'aller vers des formations complémentaires. Il y en a beaucoup, chacun peut trouver celle qui lui convient.
 
TF1 News : Vous avez remis un rapport au Premier ministre sur l'apprentissage des jeunes dans la fonction publique. Quelles sont vos pistes pour favoriser leur emploi ?
 
L. H. : D'abord, il n'est pas normal que le secteur public ne prenne pas sa part dans la réussite professionnelle des jeunes et donc à leur préparation à l'emploi. C'est une question de solidarité. Or, nous n'avons que 7000 apprentis alors que les nombreux emplois proposés dans l'administration peuvent aussi s'exercer dans le privé. Si vous êtes dans le service "parc et jardins" d'une mairie, vous pouvez devenir pépiniériste.... Pour développer les formations en alternance, nous proposons donc d'assister les petites communes qui recrutent des apprentis pour toutes leurs formalités et d'offrir aux administrations un outil pour recruter par l'alternance. Cela apportera davantage de diversité. En clair, le public dira aux jeunes intéressés par l'apprentissage "viens-te former chez nous" et leur proposera aussi des emplois.
 
TF1 News : Nicolas Sarkozy tient pourtant à sa règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux...
 
L. H. : Même en embauchant moins, le secteur public embauche quand même. Il y a plusieurs centaines de milliers de recrutements par an. La question est de savoir si on ne recrute que par un concours académique ou si l'on ouvre aussi une voie par l'alternance qui donne une chance à des personnes moins diplômées mais qui méritent aussi d'intégrer la fonction publique.

Par Olivier Levard le 24 novembre 2009 à 18:01
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9 Commentaires

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  • doti27, le 15/04/2010 à 18h55

    J' ai une amie qui travaille pour l'ADMR en temps plein et en cdi. actuellement, bien qu'ayant un DAVS, elle s'occupe d'un handicapé mental 20 heures par mois, d'un handicapé physique plusieurs heures par semaine, fait du ménage (le nombre d'heure le plus important sur une semaine). Tout cela au même salaire horaire. Quant à moi j'assume la garde et l'aide aux devoirs d'une petite fille de huit ans ainsi que l'entretien de la maison 8 heures par semaine pour cette association AU TARIF HORAIRE DU SMIC.J' ai un bep sanitaire et sociale.IL n'y aura pas de formation pour progresser parce que cela les obligeraient à nous payer plus et,selon cette association, il n'en on pas les moyens. Aucune reconnaissance des diplômes ou de l'expérience professionnelle,, pour ma part :garde de nuit en fin de vie, prise en charge de personnes handicapées. Il faut être polyvalent, capable d'assumer une personne handicapée ou en fin de vie,faire du ménage, du jardinage etc . Tout cela pour le même salaire à quelques centimes prêts. De qui ce moque t-on?. Et pourquoi un BEPSS, qui se prépare en 2 ans, a t-il moins de valeur qu'un DEAVS se préparant en moins de temps. C'est inadmissible et dévalorisant. Ce métier assistante de vie exige de grandes compétences humaines et énormément de résistance physique et morale. Pour quand des salaires motivants et une reconnaissance de ce métier extrêmement difficile.

  • lynette530, le 13/04/2010 à 09h47

    Je suis aide à domicile des particuliers depuis plus de 3 ans à mon propre compte! En ce moment aucun appel, les associations font la sourde oreille lorsque je leur envoie mon cv, pourtant bien rempli...Je suis en mayenne peut être que ceci explique cela !!

  • valoche50, le 04/01/2010 à 13h29

    Bonjour, je suis aide a domicile dans le secteur public,je travaille auprès de personnes agées et/ou malades,mon metier consiste au maintient des personnes à leur domicile le + longtemps possible et ce dans les meilleures conditions.j'effectue pour elles tout genre de tache:ménage, repassage, accompagnement, stimulation,aide à la marche,aide à l'administratif simple, toilettes, douche, aide à l'habillage et au deshabillage,levers, couchers, aides à la préparation et à la prise des repas.... et tout les autres actes de la vie au quotidien; quand je lit dans cet article qu'une personne qui repasse n'est pas remunéré au mm titre que qu'elqun qui donne de l'assistance et de l'aide, je repond qu'il faut inverser le resonnement en disant que des gens comme nous qui sommes tous les jours auprès de ces personnes et qui leur donnons tout ce qu'elles sont en droit d'attendre et ce ss tenir compte des taches que nous accomplissons sont très mal remunérées tout simplement, très mal considérées et que ceux sont réellement "des petits boulots". Le gouvernement veut faire des ces metiers des metiers dd'avenir, qu'il y mette les moyens financiers!!! sinon les jeunes ne voudrons jamais se tourner vers ce genre d'activité.merci au gouvernement pour ce qu'il fera OU PAS!

  • valeriedu28, le 26/11/2009 à 14h54

    Ce n'est pas fait pour les riches ! toute fois les personnes qui en auraient le plus besoins sont bien souvent les plus mal informers sur le dispositif. il n'y a pas que les personnes agées aussi des familles avec 1 ou plusieurs enfants atteint d'handicap lourds ,je travaille aupres d'adultes autistes nombres de famiiles sont en difficultées pour trouver une babbysiter qualifiée , c'est une prise en charge qui ne s'improvise pas toute fois je constate que les familles les plus modeste n'ont pas les moyens financiers de s'octroyer les services d'une tirece personne . alors quand je consulte les différents commentaires et bien sachez qu'ila des gens qui n'ont pas plus les moyens de se payer 40euros de repassage par mois et pas d'avantage en teléphone mobile et que ben oui ont peut bénéficier du rsa et non du rmi et avoir besoin d'une tierce personne pour les actes de la vie quotidienne la maladie comme le handicap touche toute les couches social , le fait que de pouvoir deleguer a une personne rend parfois la vie un peu moins pénible .

  • cosmobac, le 25/11/2009 à 18h20

    Encore faudrait-il laisser la possibilité au personnel en place de grimper socialement en dehors des concours qui la plupart du temps ne sont pas le reflet des tâches à exercer dans le poste dans lequel on concourt mais plutôt de leur laisser la possibilité de grimper socialement sur dossier et entretien avent de recruter par apprentissage!

  • moncommandant, le 25/11/2009 à 11h45

    "Les services à la personne ne sont pas réservés aux riches": pour payer quelqu'un, il faut avoir de l'argent. Encore une affirmation à l'emporte pièce destinée à prendre les Français pour des ânes!

  • djinn66, le 25/11/2009 à 09h57

    Les rmistes vont pouvoir rester au lit et embaucher des aides à domicile...

  • willh1978, le 25/11/2009 à 09h43

    C'est sur que c'est pas fait pour les riches, moi je prend quelqu'un pour mon repassage cela me coute 45 ?uro par moi pour 4H de bon boulot soit l'équivalant d'un abonnement à CanalSat ou de téléphonie Mobile se que tout les français, surtout les plus modestes, arrivent à payer tout les mois.

  • rique57, le 25/11/2009 à 09h12

    Je suis très réservé sur cette affirmation, car j'ai une amie qui est employée par une entreprise de ce style, elle fait les carreaux chez des particuliers, elle touche 10? de l'heure, la personne qui l'emploi donne 30? à la sociétée ,vous n'allez pas me faire croire que cela est à la portée de tout lemonde!!!!! En plus si cette personne est malade ou arrive avec quelques minutes de retard chez son ou sa patronne elle est très vite remerciée, est ce normal????? Et en plus on leur modifie leur contrat à la guise du patron de la société , donc il y a des chose à revoires , que l'on fasse travailler les gens cela est bien, mais le respect existe aussi!!!!!!! MERCI RIRI RUEIL

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