Détritus à Marseille lors d'une grève des services de collecte des déchets (3 novembre 2009) © TF1/LCILes grèves d'éboueurs sont une spécialité de Marseille. La ville a déjà connu des mouvements sociaux de longue durée en la matière, notamment celui de 2003, resté dans les mémoires des Marseillais. Aujourd'hui encore, une nouvelle fois, les poubelles débordent : une centaine d'employés de la société privée Bronzo bloquent depuis jeudi les centres de transfert des déchets pour protester contre la réorganisation de la collecte. Les grévistes, qui se relaient jour et nuit pour empêcher l'accès à une demi-douzaine de sites, réclament des "garanties en termes d'emploi, de salaires et de conditions de travail".
Le contrat de Bronzo, chargée depuis une vingtaine d'années de la collecte des déchets dans le 14e arrondissement, s'achève en décembre, avec la décision de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) de passer au public, selon son directeur Gabriel Lesbros. Dans le même temps, des appels d'offres ont été lancés pour les secteurs du centre ville, mais Bronzo, qui avait postulé pour le 1er arrondissement, n'a pas obtenu le marché. D'où la colère des agents, qui se sont dits déterminés à poursuivre leur mouvement à l'issue d'une réunion infructueuse lundi avec Eugène Caselli, président de MPM.
"On ne peut pas s'engager à la place des employeurs"
"Dès que les marchés seront régulièrement attribués", c'est-à-dire dans dix jours, "nous obtiendrons des entreprises la reprise intégrale du personnel à son niveau intégral de rémunération", a promis Eugène Caselli. Mais "on ne peut pas négocier avec des entreprises tant que celles-ci n'ont pas été déclarées officiellement adjudicatrices du marché", a-t-il souligné, ajoutant qu'il ne pouvait pas, comme le demandent les grévistes, "prendre des engagements écrits à la place des employeurs".
Selon lui, "1600 tonnes d'ordures ménagères" s'entassent chaque jour dans les rues de Marseille. Or, déplore le président de MPM, "on ne peut plus vider les conteneurs parce qu'une fois qu'on a collecté les déchets et que les bennes sont pleines, on ne peut plus les vider, c'est une situation de blocage complet". Aussi Eugène Caselli s'insurge-t-il : "Ce n'est pas tolérable que 100 personnes prennent en otage 850.000 Marseillais !", estimant que "ça va finir par poser un problème de santé publique". Antoine Rouzaud, vice-président de la communauté urbaine chargé de la propreté, regrette pour sa part ce conflit "alors que la première phase de la réorganisation s'était bien passée".
D'après agence
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