Vue extérieure de la station du RER A Noisy-Champs © TF1/LCI / F. LEFEBVRE-BILLIEZCe lundi, à nouveau, 100% du trafic est assuré sur le RER A, après la fin de la grève annoncée ce week-end. Hélas, c'est au tour du réseau banlieue Paris-Saint Lazare de prendre le relais. Le trafic y était perturbé lundi sous l'effet d'une grève illimitée à l'appel de Sud Rail en raison d'un conflit concernant les conducteurs de manoeuvre, chargés du transfert des trains à vide entre les quais et les voies de garage.
Quatre trains sur cinq sur le réseau Saint-Lazare
Ce mardi encore, le trafic est réduit pour cause de grève sur les tronçons Paris-Versailles Rive Droite, Paris/Saint-Nom-la-Bretèche, Noisy-le-Roi/Saint-Germain Grande Ceinture, Paris/Maisons-Laffitte.
Publié le 28/12/2009
En raison de cette grève, un train sur deux seulement circule depuis dimanche sur les tronçons Paris-Versailles Rive Droite et Paris-Saint-Nom-la-Bretèche, fréquentés par quelque 100.000 voyageurs en cette période de fêtes (200.000 en temps normal), a indiqué la SNCF. Cette grève, suivie par 95% des 27 conducteurs de manoeuvre de Saint-Lazare, a un impact sur le trafic car elle est aussi suivie par un nombre indéterminé de conducteurs "classiques" parce qu'ils ont été conducteurs de manoeuvre dans le passé ou parce qu'ils la soutiennent, a indiqué Sud Rail.
"Continuer l'action sous d'autres formes"
Ce nouveau conflit à la SNCF et celui qui a touché la portion RATP du RER A témoignent d'un climat particulièrement tendu au sein des employés des deux sociétés. D'ailleurs, la fin du conflit sur la ligne A du RER est une conclusion en queue de poisson du plus long mouvement qu'ait connu la RATP depuis 1995, avec plus de deux semaines d'un conflit marqué par l'inflexibilité de la direction. Pour les syndicats, cette inflexibilité, que la CGT juge "télécommandée par l'Elysée" afin notamment de "démontrer sa capacité à mettre en place un service garanti", a débouché sur une situation "inédite" de tension entre direction et conducteurs grévistes. Malgré cette tension, les pertes de salaire dues à la grève ont fini par amener les salariés à reprendre le travail, selon l'Unsa. Or, cette situation "ne permettant pas de reprendre le travail dans des conditions correctes", les syndicats devraient se réunir dès début janvier pour "continuer l'action sous d'autres formes", a précisé la CGT.
L'intersyndicale CGT-Unsa-Indépendants-FO-CFDT-Sud avait engagé le 10 décembre une grève illimitée pour obtenir une prime de 120 à 150 euros, un "dû" selon elle, lié à l'augmentation de l'offre de RER, début 2008, qui a dégradé les conditions de travail des quelque 550 conducteurs de la ligne. La RATP, qui avait mis sur la table, au bout de quelques jours, une prime de 80 euros, conditionnée à l'atteinte des objectifs de régularité sur la ligne, a déclaré qu'elle appliquerait cette proposition "dès janvier 2010". Mais les syndicats soulignent que ces objectifs, dont celui de faire circuler 27 trains en une heure à certains moments de la journée, ne peuvent être atteints sans une augmentation des investissements et des effectifs.
Incidents techniques à répétition
"Il y a quelques années, on passait effectivement 27 trains aux heures de pointe, mais l'affluence n'était pas la même et il n'y avait pas d'incidents techniques à répétition", a noté Joël Joseph (CGT). "Avoir plus d'effectifs permet aux conducteurs de souffler, mais aussi de rattraper des retards. Un train peut arriver en retard, mais si quelqu'un d'autre est là pour le reprendre, le conducteur n'a pas à remonter le train pour repartir et le train repart plus vite", a-t-il ajouté. C'est pourquoi, selon lui, "le combat mené par les salariés va dans le sens des usagers qui n'arrêtent pas de se plaindre du trafic, souvent de mauvaise qualité sur la ligne A. Ce qu'on demande, des effectifs et de la fluidité, c'est dans le cadre de l'amélioration du trafic".
Dans un communiqué, la direction de la RATP a aussi annoncé le "développement d'actions destinées à améliorer encore les conditions concrètes d'exercice des métiers de conduite sur la ligne A", qui transporte chaque jour un million de voyageurs à travers l'Ile-de-France sur un axe est-ouest. En outre, elle "confirme qu'une attention plus spécifique sera encore apportée à la qualité d'écoute et de dialogue social sur la ligne A, en lançant dès à présent des initiatives de nature à favoriser les échanges et la solidarité des équipes". Une vision très différente de celle de Sud, pour qui la RATP "est en pleine restructuration, comme France Télécom ou La Poste". "On va être restructuré pour être privatisé, pour en tirer un maximum de rentabilité. Sur le terrain, ça se traduit par des conditions de travail dégradées. On ne baisse pas les salaires, on augmente juste la productivité. C'est travailler plus pour gagner moins", estime le syndicat.
Selon un sondage CSA-Le Parisien publié samedi et réalisé les 22-23 décembre, la grève suscitait le soutien ou la sympathie de seulement 46% des Français - contre 65% en moyenne pour la plupart des mouvements sociaux depuis 1995 (selon des précédentes enquêtes CSA) - et de 37% des Franciliens.
| Ça s'améliore sur le RER C |
Fortement ralentie depuis plus d'une semaine, la circulation des trains sur la ligne C du RER et au départ de la gare d'Austerlitz s'est améliorée lundi. "Aux heures de pointe (de 6h30 à 9h et de 16h à 19h), 8 trains par heure circulent au lieu de 6 précédemment", selon la SNCF, tandis "qu'aux heures creuses (de 9h à 16h) un train circule tous les quarts d'heure alors que rien ne circulait pendant ces périodes pour permettre la réalisation des travaux" de remise en état la ligne, endommagée par le déraillement d'un train dimanche 20 décembre. Concernant les trains corail, "22 trains Teoz sur 25 circulent, 30 trains Intercités sur 44, et le trafic des trains de nuit Lunea est normal", selon la SNCF. |
Retour MYTF1
Quatre trains sur cinq sur le réseau Saint-Lazare
Chargement en cours...




