François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) manifestent ensemble à Paris le 13 juin 2009 © REUTERS / Gonzalo FuentesSi la CGT souhaitait donner des signes d'ouverture, c'est raté ! Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque ne viendra finalement pas jeudi au congrès de l'organisation syndicale à Nantes, où il avait été invité. C'est Bernard Thibault lui-même, son homologue CGT, qui lui déconseillé de faire le déplacement par crainte d'un incident.
Le dilemme de la CGT : s'adapter ou s'étioler
Bernard Thibault va devoir défendre sa stratégie de compromis et la mutation engagée au sein du syndicat, au cours du 49e congrès de la CGT qui se tient cette semaine.
Publié le 07/12/2009
"Je regrette, et la direction confédérale avec moi, de faire ce constat: l'ambiance de nos travaux hier (mercredi), qui n'est pas à l'image de l'expression démocratique des syndicats (de la CGT), aurait pu se détériorer davantage à l'occasion de cette visite", a confirmé à la presse Bernard Thibault. Selon le secrétaire général, "une partie, une petite partie des délégués, manifestement, n'accepte pas les résultats des votes qui sont tout à fait clairs". Les différents textes soumis aux congressistes ont été adoptés par des majorités allant de "76% à 86% des votes", a-t-il précisé.
"Défouloir"...
Selon lui, "une minorité, ne se satisfaisant pas de constater que la consultation démocratique aboutit à des résolutions largement approuvées par les délégués, pense judicieux de compenser les résultats des votes en créant une ambiance hostile, pesante". Dès lors, a-t-il ajouté, "il était évident que la présence de François Chérèque allait être instrumentalisée". C'est pourquoi "j'ai pris l'initiative
de contacter François pour lui demander de ne pas venir, a ajouté Bernard Thibault expliquant que, dans ce climat, la venue de François Chérèque "n'était absolument pas souhaitable" et risquait de servir "de défouloir à une partie des délégués".
L'entourage de François Chérèque a confirmé cette version. "François Chérèque n'a pas envie de gêner Bernard Thibault dans son congrès", a commenté un proche du secrétaire général, en déplorant des manifestations de "sectarisme" de la part de délégués CGT au congrès.
"CFDTisation de la CGT"
Selon un cadre de la CGT ancien responsable de la CFDT, "l'image du syndicalisme rassemblé" cher à la direction de la CGT "aurait volé en éclats" en cas de dérapage lors de la venue de François Chérèque. Au premier jour du congrès, la mention de la CFDT parmi les invités avait provoqué des sifflets d'une partie de la salle. Lors des débats, la centrale cédétiste a été épinglée par quelques congressistes. L'un d'eux avait mis en garde contre "une CFDTisation de la CGT".
"Il faut dire maintenant qu'on ne va pas se battre avec la CFDT sur les retraites", avait lancé mercredi un délégué de Seine-Maritime, François Chérèque ayant finalement accepté la réforme de 2003 portant à 40 ans la durée de cotisation des fonctionnaires pour la retraite. Un ancien responsable cégétiste, habitué des congrès de la confédération, a déploré "un décalage entre le ton du débat, qui fait la part belle à des opposants minoritaires, et les votes de la salle, toujours majoritaires" et en faveur de la direction. Bernard Thibault devait tenir un point de presse en milieu de matinée pour commenter l'annulation de la venue de François Chérèque. Celui-ci avait essuyé quelques sifflets lors du précédent congrès de la CGT à Lille en 2006.
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