La dernière étape est donc franchie, pour une mesure qui avait suscité, mais en vain, une levée de boucliers à gauche : le Conseil constitutionnel a validé la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidents du travail, prévue dans le projet de loi de Finances pour 2010. Tout comme dans le cas de l'emblématique taxe carbone, c'est l'opposition qui avait demandé aux juges constitutionnels de se prononcer au sujet de cette mesure. Mais contrairement à la taxe carbone, cette fiscalisation des indemnités a été finalement validée par les Sages.
Les maladies professionnelles ne connaissent pas la crise
<b>Interview -</b> Effet inattendu de la crise, les accidents du travail sont en baisse. Les maladies professionnelles, elles, augmentent en dépit de la conjoncture. Décryptage avec Bernard Salengro, secrétaire confédéral CFE-CGC et médecin du travail.
Publié le 02/08/2010
"Plus une entreprise est dangereuse, moins elle paie"
<b>Interview -</b> Pourquoi imposer les accidentés du travail plutôt que les entreprises dangereuses ? Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, dénonce cette réforme.
Publié le 16/12/2009
Les accidentés du travail taxés, mais moins que prévu
Le Sénat a voté la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécu. Le taux forfaitaire sera finalement de 50%.
Publié le 08/12/2009
Les accidents du travail bientôt taxés
Les députés ont entériné vendredi un amendement UMP qui vise à soumettre à l'impôt sur le revenu les indemnités journalières versées aux victimes d'accidents du travail et de maladie professionnelle.
Publié le 13/11/2009
Ces derniers ont notamment estimé que le parlement "n'avait pas créé une différence de traitement injustifiée entre les bénéficiaires d'indemnités journalières d'accident du travail et les autres personnes qui perçoivent des indemnités journalières parce qu'elles se trouvent dans l'incapacité de travailler en raison de leur état physique". Ils relèvent également que "ces dispositions ne portent pas atteinte au droit à réparation des personnes victimes d'accident du travail".
"Obscénité" et "injustice"
La mesure, défendue par le chef de file des députés UMP Jean-François Copé, avait été vivement combattue par une gauche dénonçant son "obscénité" et son "injustice". Elle avait également été critiquée par certains dans la majorité. Elle avait été soutenue publiquement par le président Nicolas Sarkozy et plusieurs ministres, notamment Christine Lagarde (Economie), Xavier Darcos (Travail) et Eric Woerth (Budget). Mais les députés du Nouveau Centre y étaient opposés. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), s'était montré réservé sur l'amendement, ne le trouvant "pas logique".
Les indemnités journalières pour accident du travail garantissent au salarié 60% de son revenu (plafonné) pendant les 28 premiers jours d'arrêt. Contrairement aux indemnités liées aux autres types d'arrêts de travail, celles résultant d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail n'étaient pas soumises jusque-là à l'impôt sur le revenu. Mais il y avait une bonne raison à cela : les indemnités maladie proviennent, comme le souligne Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS, d'une assurance du salarié et c'est donc le produit de cette assurance qui est imposé, alors que les indemnités versées après un accident du travail représentent plutôt la réparation d'un préjudice subi par le salarié du fait de l'entreprise, et proviennent plutôt d'une assurance de l'employeur.
Le produit de cette fiscalisation qui s'appliquera aux indemnités journalières touchées en 2010 (et donc imposées en 2011) a été évalué à 135 millions d'euros par Eric Woerth. Une goutte d'eau face à la marée montante du déficit budgétaire, quand une fiscalisation des surplus de cotisations des entreprises les plus dangereuses (qui, à l'heure actuelle, ne sont pas imposées sur ces cotisations au titre de l'impôt sur les sociétés) pourrait rapporter de 1,5 à 2 milliards.
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