C'est la réunion de la dernière chance. Patronat et syndicats de routiers se retrouvent sous l'égide du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, toujours persuadé que "la bonne volonté triomphera", pour tenter de trouver un terrain d'entente sur les revendications des syndicats, qui réclament des augmentations de salaire. Les médiateurs nommés lundi par Dominique Bussereau ont rencontré séparément les organisations patronales dans la journée de mardi. Divisées sur les éventuelles concessions salariales, les organisations patronales sont tombées d'accord pour dénoncer une nouvelle fois une "pandémie fiscale", avec notamment la taxe poids lourd et la taxe carbone.
Bussereau veut lever les menaces sur la dinde de Noël
Alors que les routiers, qui veulent être mieux payés, menacent de bloquer les entrepôts dès dimanche, le ministre les reçoit ce lundi et promet la mise en place d'un médiateur.
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Publié le 26/06/2008
Dès l'ouverture des discussions, Dominique Bussereau, a proposé l'organisation d'"états généraux du transport" au premier semestre 2010 pour mettre à plat l'ensemble des problèmes, ont indiqué plusieurs syndicalistes. Ces états généraux, qui se tiendraient sous l'égide du ministère, comprendraient "trois piliers: social, environnemental et économique", a indiqué Gérard Martinez, secrétaire général de FO transports. Ils auraient notamment pour objectif "une refonte de la convention collective qui est obsolète", a expliqué Dominique Bussereau selon Gérard Martinez.
Les chargeurs viendraient eux aussi autour de la table, a indiqué Maxime Dumont, secrétaire général de la CFDT des Transports. Les états généraux aboutiraient notamment à "une réforme complète de la convention collective", a-t-il dit en se félicitant de cette "bonne nouvelle". "Enfin, on va se pencher sur la réalité du transport en France", a-t-il ajouté. "A voir", s'est contenté de déclarer Gérard Martinez.
Hausses de salaires de 4% ?
Les discussions de mercredi devraient se concentrer sur les salaires et les frais de déplacement. Elles ont débuté dans "une ambiance tendue", selon FO. Pour éviter la grève, il faudrait que "d'ici à vendredi matin au plus tard, un accord soit paraphé par l'ensemble des organisations syndicales sur les salaires et les frais", a souligné Gérard Martinez. Selon lui, "il n'y a pas de nouveauté" de ce point de vue côté patronal. Les organisations patronales proposent des hausses se situant généralement aux alentours de 1,5% à 2%.
Les syndicats réclament le passage à un salaire de 10 euros brut de l'heure pour les coefficients les plus élevés (contre 9,25 actuellement selon la CFTC), 4% de hausse pour les cadres, 4% pour l'augmentation des frais de déplacement et un 13e mois pour tous. "Une femme de ménage, aujourd'hui, c'est 12 à 15 euros de l'heure. Un chauffeur routier, c'est 9,16. Quand on demande 10 euros, ça n'a rien de délirant", a lancé Bernard Jubin (CFE-CGC). Selon lui, les routiers forment désormais "un sous-prolétariat".
Selon plusieurs syndicalistes, les médiateurs nommés par Dominique Bussereau ont proposé des hausses de salaires de 3% et de 4%, selon les coefficients horaires, et de 2% pour les frais de déplacement, comme base de négociation. Côté patronal, le président de la Fédération des entreprises de Transport et Logistique de France (TLF), Philippe Grillot, a répété qu'"il va falloir que l'Etat mette la main à la poche". Les négociations doivent réunir "trois piliers: les organisations patronales, les organisations syndicales et l'Etat", a-t-il souligné. "Il faut que le gouvernement change, bouge, tienne ses promesses", a déclaré la présidente de l'UNOSTRA, Catherine Pons, avant le début des négociations. Mardi, l'ensemble des organisations patronales avaient insisté sur la nécessité d'un engagement de l'Etat pour les aider à éventuellement "faire un pas" lors des négociations.
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