Le gouvernement et le président n'avaient pas caché leur optimisme, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, évoquant dès mercredi matin une "bonne" tendance et même un "redressement". Il y a eu 18.700 chômeurs sans activité en moins au mois de décembre par rapport à novembre 2009. Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois, à la recherche de tout type de contrat (catégorie A), a ainsi baissé de 0,7% sur un mois, à 2.611.700 en métropole, a annoncé mercredi le ministère de l'Emploi.
En novembre, 3.100 demandeurs d'emploi supplémentaires avaient été comptabilisés. Sur un an, par rapport au mois de décembre 2008, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A a progressé de 407.200 (+18,5%). Le rythme de baisse mensuel de décembre se rapproche de celui de juin, seul autre mois de 2009 marqué par un repli. Excepté ces deux mois, les inscriptions dans cette catégorie ont crû sans cesse depuis juin 2008.
En incluant les personnes ayant exercé une activité réduite (catégories A, B et C), le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi a progressé de 0,2% (+8.600 personnes) sur un mois, atteignant 3,82 millions en métropole et 4,06 millions avec les Dom. En un an, il a augmenté de 587.800 (+18,2%), proche de la prévision faite en mai par l'assurance chômage.
Chômeurs en fin de droit : c'est là qu'est l'os
Et le nombre de demandeurs d'emplois en stage, en formation ou en maladie (catégorie D) ou en contrats aidés (catégorie E) a aussi augmenté à la fois sur un mois et fortement sur un an. Le nombre d'inscrits de moins de 25 ans, qui avaient été les premiers touchés par la crise avec notamment la chute des effectifs intérimaires, a encore diminué en décembre sur un mois. Mais le mois de décembre a confirmé l'existence de deux nouveaux points noirs, les seniors et les chômeurs de longue durée : les inscriptions des plus de 50 ans ont à nouveau augmenté sur un mois et la durée d'ancienneté moyenne d'inscription à Pôle emploi s'allonge. Le nombre d'inscrits depuis plus d'un an a atteint 1,27 million en décembre (+3% sur un mois) en catégories A, B, C. Plus d'un tiers des demandeurs d'emplois étaient ainsi inscrits au chômage en décembre depuis plus d'un an.
Commentaire de la ministre de l'Economie à ces chiffres : ils ont marqué une "très forte" baisse, d'autant qu'"une diminution du chômage, cela n'était pas arrivé depuis très longtemps", prouvant que les "politiques de relance et de soutien ont marché" notamment pour les jeunes, a affirmé Christine Lagarde. Et pour la suite, la ministre incline à "penser qu'on aura une poursuite de cette évolution en tôle ondulée, avec des bons mois et des mauvais mois, mais globalement mieux orientée". "Maintenant il va falloir sur 2010 inverser la courbe et faire reculer durablement le chômage", avait déjà affirmé mercredi matin sur France Info Laurent Wauquiez. D'autant que malgré la décrue attendue du chômage d'ici la fin de cette année 2010 -Nicolas Sarkozy l'a d'ailleurs assuré lundi soir-, le nombre de demandeurs d'emploi arrivant en fin de droits faute de retrouver du travail devrait, lui, augmenter, un enjeu social majeur.
Interrogé à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez a précisé que le plan d'urgence de l'Elysée, lancé fin avril 2009, avait permis à 20.000 jeunes de retrouver un emploi. "La France est avec l'Allemagne le pays qui a le mieux su sauvegarder son emploi. Par rapport aux premiers mois très durs de 2009 nous sommes parvenus progressivement à inverser la tendance et nous commençons à pouvoir espérer à voir des mois ou nous allons faire reculer le chômage", a-t-il dit. A l'adresse de l'opposition, il a ironisé sur les "donneurs de mauvaises leçons": "Le plan de relance (...) vous l'avez soutenu vous avez eu raison. A l'inverse, il y avait une proposition socialiste consistant à baisser la TVA. Un pays l'a expérimenté, le Royaume-Uni et tout au long de l'année 2009, il a connu une augmentation de son chômage deux fois plus grave que la France". "Vous nous dites emplois aidés mais dans nos communes, ils sont tous pourvus, nous avons fait l'effort demandé", a réagi le député PS Michel Liebgott (Moselle), en demandant l'"attribution exceptionnelle" de l'allocation spécifique de solidarité (ASS) à "ceux qui n'ont plus rien" et la revalorisation de celle-ci. Dernier point, le gouvernement, qui mise sur les contrats aidés en réponse à la remontée du chômage de longue durée, n'exclut pas d'étoffer le budget alloué, a indiqué Laurent Wauquiez.








