Militant du LKP en Guadeloupe © TF1/LCIUne nouvelle fois, le LKP, collectif à l'origine de la grève générale ayant paralysé la Guadeloupe durant 44 jours l'an dernier, appelle à la mobilisation le 20 janvier. Son leader, Elie Domota, également secrétaire général de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe) a annoncé la couleur dans un entretien au Parisien. Et en guise d'apéritif avant ce mouvement qu'il annonce "d'une durée indéterminée", il a appelé à manifester samedi à Pointe-à-Pitre. Mais, pour la ministre de l'outre-mer, Marie-Luce Penchard, a estimé vendredi que les Guadeloupéens "n'ont pas envie aujourd'hui de repartir sur un mouvement qui va détruire ce territoire".
Guadeloupe: La volte-face de Domota
Le leader du LKP affirme n'avoir jamais lancé d'appel à la "grève générale" le 20 janvier. Il parle seulement désormais de "mobilisation".
Publié le 09/01/2010
La goutte qui a fait déborder le vase est la hausse du prix des carburants de 4 centimes d'euros le litre, entrée en vigueur le 1er janvier. Une réunion, le 30 décembre dernier, de l'Observatoire départemental des prix à l'issue de laquelle le préfet avait annoncé cette hausse du prix des carburants, s'était déjà accompagnée de menaces du LKP.
"L'Etat est en train de faire marche arrière"
Or, la vie chère avait été au centre du mouvement de début 2009. Un mouvement qui s'était alors conclu par un accord dit "Bino", du nom de Jacques Bino, représentant syndical tué en marge de la grève, sur une augmentation des salaires de 200 euros et diverses aides. Mais aujourd'hui, l'accord n'a été qu'en partie appliqué. Et "au niveau des prix alimentaires, de l'essence et des salaires, l'Etat est en train de faire marche arrière (...). On ne se laissera pas faire", déclare Elie Domota.
Pour lui, l'augmentation du prix des carburants est une décision "non concertée et illégale", mais les recours en justice n'ont toujours eu aucune réponse, explique-t-il, en déplorant : "Ça se passe comme ça sous les cocotiers". Concernant en outre la hausse des salaires de 200 euros, Elie Domota regrette que l'Etat ait "modifié la base de calcul, excluant ainsi 10.000 personnes". Et de souligner : "Au final, sur les 50.000 bénéficiaires prévus, 30.000 risquent d'être exclus de l'accord".
Interrogé sur la possibilité d'un nouveau conflit social dur en Guadeloupe, Elie Domota affirme que la population y est prête : "les salariés n'accepteront pas la hausse du carburant et la perte des 200 euros d'augmentation de salaire promis lors de l'accord de mars". En outre, l'appel à la grève intervient sur un fond d'insatisfaction. Après l'accord Bino, Nicolas Sarkozy avait annoncé début novembre 137 mesures en faveur des collectivités d'outre-mer pour lutter contre la vie chère et favoriser leur développement économique sur une période de cinq à dix ans. Mais, insatisfait, le collectif "contre la profitation" avait déjà menacé d'appeler à nouveau à la grève s'il n'obtenait pas de réponses plus précises, notamment sur le chiffrage des mesures.
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