Image d'archives © ABACAEn novembre dernier, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) présentait les grandes lignes de son projet de réorganisation. Un projet prévoyant 90 à 100 millions d'euros d'économies par an... via, notamment, des suppressions d'emplois, pour retrouver un équilibre budgétaire en 2012. Les syndicats avaient alors exprimé haut et fort leurs craintes que ce plan ne se traduise par la disparition de près de 3500 emplois.
Après des mois de discrétion sur le contenu concret de ce projet, le directeur de l'AP-HP, Benoît Leclercq, prend aujourd'hui la parole dans les colonnes du Parisien. Pour confirmer, en gros, le nombre de suppressions de postes envisagées d'ici 2012, et pour détailler son plan de réorganisation des hôpitaux parisiens. "Pour maintenir nos équilibres économiques, nous devons développer notre activité et mieux maîtriser nos coûts, entre 90 et 100 millions d'euros par an d'ici à 2012", détaille-t-il ; or, "70 % de notre budget correspondant à de la masse salariale, nous devons effectivement supprimer entre 3000 et 4000 postes sur un total de 92.000. La moitié environ concernera les soignants et les médecins, l'autre moitié le personnel administratif", déclare-t-il.
Pourquoi ne pas rénover ? Trop cher...
Cette drastique cure d'amaigrissement concerna aussi le nombre des établissements. L'AP-HP compte actuellement 37 hôpitaux et 676 services cliniques. "D'ici 2020, nous pourrions réduire de quelques sites", indique-t-il, estimant que "du fait de la vétusté de certains locaux, moderniser en regroupant revient souvent moins cher que de rénover". Par exemple, poursuit le responsable, "la seule mise aux normes de l'Hôtel-Dieu coûterait ainsi 280 millions d'euros, alors que la création de 450 nouveaux lits à Necker ne représente que 180 millions d'euros".
Pour autant, assure-t-il, pas de "baisse de l'offre de soins" à redouter. "Grâce aux 450 millions d'euros que nous investirons chaque année pendant cinq ans, souligne-t-il, cette modernisation se traduira le plus souvent par une meilleure organisation de la prise en charge". C'est dans le cadre de cette réorganisation que l'AP compte "regrouper certains services de chirurgie de Cochin et de l'Hôtel-Dieu", de même que les services ORL de Saint-Louis et Lariboisière. "D'ici la fin 2010, les trois services qui s'occupent des grands brûlés seront regroupés sur Saint-Louis", détaille encore le patron des hôpitaux parisiens. Il assure aussi qu'en "cinq ans, l'offre en périnatalité pourrait progresser de 5 à 10% à l'AP. Soit entre 2000 et 4000 accouchements en plus".
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