Amertume et colère chez les raffineurs "oubliés" de Dunkerque

Par L.D. (Avec agence), le 24 février 2010 à 21h30 , mis à jour le 24 février 2010 à 21h40

Les salariés de cinq raffineries Total sur les six qu'exploite le groupe pétrolier en France ont voté mercredi à une large majorité la reprise du travail. Seul le site de Dunkerque a voté la poursuite du mouvement mercredi soir.

Total raffinerieImage d'archives © REUTERS

Les salariés de cinq raffineries Total sur les six qu'exploite le groupe pétrolier en France ont voté mercredi à une large majorité la reprise du travail après une semaine de grève pour protester contre la possible fermeture de la raffinerie de Dunkerque (Nord), a annoncé la CGT. Les expéditions de produits pétroliers reprendront dès mercredi et le redémarrage des unités de production qui prend deux ou trois jours se fera progressivement, a poursuivi le syndicat majoritaire.

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Cette sortie de crise a été possible grâce à la promesse de la direction du groupe pétrolier de la pérennisation de l'activité des raffineries au moins pour cinq ans. Un accord qui ne concerne pas le site de Dunkerque, toujours menacé de fermeture, dont l'avenir sera discuté lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 8 mars. Désormais seuls, les raffineurs dunkerquois, qui ont décidé de maintenir leur mouvement malgré les consignes des syndicats, ne décoléraient pas mercredi contre la direction de Total et le gouvernement, qui ont joué, selon eux, la division syndicale pour casser la grève : "On a été oubliés, on s'est fait enfler. Il y a eu des avancées pour certains, pour les autres raffineries et les dépôts qui ont obtenu des garanties", a estimé Jean-Luc Carette, employé de la raffinerie des Flandres, en grève depuis plus d'un mois et à l'arrêt depuis septembre.

Margerie tente de rassurer

"Alors on va durcir l'affaire, au risque de coups d'éclats", a-t-il déclaré devant une centaine de raffineurs en tenue de travail, réunis autour des braseros fumants du piquet de grève. Un à un, les délégués Sud (majoritaire), FO et CGT ont appelé à la poursuite de la grève malgré les consignes de reprise du travail lancées mardi soir par la plupart des syndicats à l'issue d'une réunion avec la direction du groupe pétrolier à La Défense (Hauts-de-Seine).

Mercredi soir, la direction de Total a tenté un dernier acte d'apaisement. Invité sur France 2, Christophe de Margerie, directeur général du groupe, a voulu rassurer les salariés de la raffinerie de Dunkerque, affirmant qu'il n'y aurait aucun licenciement et que tout le monde serait repris. "Les salariés de Total n'ont aucun souci à se faire", a-t-il dit à propos du site des Flandres. "Pour pouvoir discuter, il faut que le calme revienne. Pour Dunkerque, on va s'occuper d'eux de manière responsable", a-t-il dit. L'avenir de ce site sera discuté lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 8 mars.
 
A propos des cinq autres raffineries de Total, qui ont obtenu l'engagement du groupe de ne pas les fermer ou ne pas les céder dans les cinq ans à venir, M. de Margerie a souligné qu'il s'agissait d'une annonce "exceptionnelle". "C'est la première fois qu'une société" s'engage "5 ans à l'avance", a-t-il dit. A la question de savoir s'il avait pris cette décision sous la pression du président de la République, Nicolas Sarkozy, qui l'avait convoqué à l'Elysée à la suite du mouvement de grève dans les raffineries, M. de Margerie a répondu "non". "Cela s'est fait sous la pression de nos équipes", a-t-il affirmé.

Par L.D. (Avec agence) le 24 février 2010 à 21:30
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15 Commentaires

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  • andromede77, le 25/02/2010 à 08h42

    Total Dunkerque et New Fabris il y a quelques mois, même combat, après avoir été soutenus dans la grève par leur syndicat ils se retrouvent seuls, comme des billes. Et dire que depuis quelques jours certains, ici, écrivaient que les syndicats se préoccupaient des grèvistes, je suis mort de rire

  • 8314roland, le 25/02/2010 à 08h22

    Je commence à comprendre pourquoi il n'y a que 8% de syndicalistes en France.

  • sylgui2002, le 25/02/2010 à 07h19

    C'est pas pour autant qu'on doit accepter leur comportement ignoble vis a vis de leur salarié

  • seb, le 25/02/2010 à 06h47

    Tout ca me rappelle ce que l'on vit en ce moment chez asf, avec le groupe Vinci. ce qui interesse ces gros groupe c'est de gagner plus au detriment des salari�s.

  • mathiash91, le 25/02/2010 à 06h22

    Encore un encore un bel exemple de solidarité ! Chaque salarié prend des "garanties" pour son "nombril" et on s'affiche "solidaire' , juste le temps de se donner bonne consciense . encore bravo

  • henri_bambelle, le 25/02/2010 à 05h00

    Dans toutes ces affaires industrielles, la gesticulation des politiques (Sarkozy pour Total, Estrosi pour Philips, Royal pour Heuliez) fait pitié. Les dés sont jetés et les politiques n'ont plus que la possibilité de farder le visage des plans sociaux. Leur influence est "cosmétique".

  • dan29, le 25/02/2010 à 01h08

    Tipoussy01 tu oubli que sans le capital pas d'entreprises pas de travail donc pas de gréves, alors faut arrêter de cracher dans la soupe

  • nemo_le_capitai, le 25/02/2010 à 00h36

    Gouvernement, Total, Syndicats : du Bla Bla Bla Bla Bla pour rien. La raffinerie de Dunkerque sera fermée en tant que telle à la date prévue, et les employés auraient de toutes façons été reclassés. Comme Total n'avait pas l'intention de fermer les autres raffineries pour le moment, elles resteront ouvertes 5 ans ce qui était prévu depuis longtemps, ça ne change rien. Mais tout le monde peut se vanter d'avoir gagné : Sarkozy a fait plier Total, Les syndicats ont fait plier Total, et Total n'a rien changé à ses projets. Une grève de plus qui n'aura servi à rien..

  • claude4472, le 24/02/2010 à 23h46

    Honte a vous, les syndicalistes qui ont abandonnés a leur sort leur collegues de Dunkerque moyennant un sursis de 5 ans... votre tour viendra tres vite car 5 ans c'est tres court vous verrez !!!

  • mikecostin, le 24/02/2010 à 23h34

    BSR Tout a fait d'accord avec vous, parfois je me demande si certains français ne souffrent pas d'amnésie... CDL

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