Un bateau de la SNCM dans le port de Marseille © TF1-LCILa Corse est de nouveau victime depuis mardi de l'interruption des liaisons maritimes avec le continent en raison d'une grève illimitée des marins CGT des compagnies SNCM et CMN. Les six ports de Corse sont bloqués ; mardi, les sept traversées prévues entre Marseille et la Corse ont été annulées, et un car-ferry de la compagnie privée Corsica Ferries - qui bat pavillon italien - arrivant de Toulon a été empêché d'accoster à Ajaccio. Il a été dérouté sur Calvi où les passagers ont pu débarquer après environ cinq heures d'attente à bord. Ce mercredi, la situation s'annonce identique.
Facteur aggravant, ce nouveau conflit se déroule à une période chargée de l'année en raison des vacances scolaires, une cinquantaine de traversées de la SNCM, de la CMN et de Corsica Ferries étant prévues jusqu'à la fin février. Et pour ne rien arranger, excédés par ce nouveau conflit, les transporteurs routiers qui estiment, selon le président de leur syndicat, Jean-Marie Maurizi, être "pris en otages par un conflit qui ne (les) concerne pas", doivent bloquer ce mercredi tout départ de fret au départ des ports français et d'Italie en signe de protestation.
Discussions bloquées
La CGT accuse la SNCM et la CMN, privatisées en 2006, de vouloir, en accord avec la Collectivité territoriale de Corse (CTC), démanteler le contrat et les missions de service public qui leurs sont attribuées au titre de la continuité territoriale. La CTC a réduit fin 2009 de 10% le budget de la desserte de service public entre Marseille et la Corse, entraînant la suppression de 108 traversées sur environ 400 par an.
Les syndicats de marins qui ont été reçus mardi par le préfet de la région Corse, sans que les discussions aboutissent, dénoncent aussi l'attribution d'une aide de la CTC de 15 millions d'euros à Corsica Ferries sans que celle-ci ait les mêmes obligations, ni les mêmes charges sociales. Lancée en 1996 sur les lignes de Corse, Corsica Ferries dessert Nice, Toulon et des ports italiens à des tarifs plus bas que ceux des compagnies françaises. La concurrence sera encore renforcée par l'ouverture à partir d'avril d'une liaison régulière Toulon-Bastia par une compagnie privée italienne, Moby Lines.
A quelques semaines des élections territoriales, les présidents sortants de l'Assemblée et du Conseil exécutif de Corse et têtes de liste UMP, Camille de Rocca Serra et Ange Santini, ont regretté qu'une proposition de service minimum en cas de grève ait été rejetée par les autres groupes de l'Assemblée. Pour tenter de désamorcer le conflit, le gouvernement a chargé mardi le sénateur UMP de Seine-Maritime Charles Revet d'une mission d'étude de la desserte maritime de l'île. Il doit notamment examiner la question de l'attribution d'aides publiques et des "conditions dans lesquelles la concurrence entre les opérateurs s'exerce" afin que celle-ci soit "équitable", a indiqué le secrétariat d'Etat aux Transports.
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