Eric Woerth (30 août 2009) © TF1/LCI
Intéressement des fonctionnaires : un projet sur les rails
Selon Le Figaro, un projet d'accord-cadre prévoyant une prime pour les membres des services les plus "méritants" devrait être soumis sous peu aux syndicats de fonctionnaires.
Publié le 06/02/2010
Débarrassez-vous de vos clichés sur les fonctionnaires
Salaires, grèves, retraites, licenciement... Tout ce que vous voulez savoir sur les fonctionnaires sans jamais oser leur demander.
Publié le 04/02/2010
Licenciement de fonctionnaires: cela ne concernera que "quelques cas"
Le décret qui pourrait permettre le licenciement des fonctionnaires ne concernera que "quelques cas de figure", a estimé mercredi le ministre du Budget, Eric Woerth.
Publié le 03/02/2010
L'Etat se donne les moyens de licencier les fonctionnaires
Un décret prévoit la mise en disponibilité d'office des agents publics après trois refus de réaffectation. Sans travail... ni salaire. Les syndicats s'insurgent contre la procédure qui peut aboutir au licenciement pur et simple.
Publié le 02/02/2010
"Dans cette loi, il y a un dispositif qui dit que si un fonctionnaire se retrouve sans affectation particulière parce que son poste a été supprimé (...), alors il a droit à une reconversion, à une formation individuelle, ce qui n'existait absolument pas avant", a-t-il poursuivi. "Et puis l'administration lui propose bien sûr des postes", a ajouté le ministre, qui tiennent "compte de ses capacités, de sa formation, de ses contraintes familiales ou de contraintes géographiques". Mais "si au bout du troisième poste proposé (...), il refuse, alors il peut, être mis en disponibilité, ce qui est bien normal", a encore fait valoir Eric Woerth. "Si la personne refuse, c'est qu'au fond elle n'a plus envie de travailler dans l'administration" et il n'y a "pas de raison que l'administration continue à ce moment-là à payer", a-t-il encore jugé.
Sans travail ni salaire
L'intersyndicale des fonctionnaires a dénoncé lundi ce projet de décret relatif à la "réorientation professionnelle des fonctionnaires de l'Etat", qui doit être présenté le 11 février au Conseil supérieur de la Fonction publique. Il prévoit qu'une fois placé en statut de réorientation, le fonctionnaire peut être placé en disponibilité d'office après trois refus d'affectation, c'est-à-dire sans travail ni salaire, ce que les syndicats dénoncent comme une possibilité de licencier des fonctionnaires.
Alain Vidalies, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, l'a de son côté jugé mardi "extrêmement grave" et a accusé le gouvernement de vouloir "démanteler le statut de la Fonction publique". "C'est un texte très lourd de conséquences et très contradictoire", a estimé Alain Vidalies. "Comment peut-on avoir, à quelques semaines d'intervalle, un président qui annonçait (ndlr: à la télévision) à un contractuel de la Fonction publique qu'il allait prendre des initiatives pour le titulariser et, aujourd'hui, présenter ce projet de décret ? (...)", a-t-il ajouté.
Alain Vidalies a fait remarquer qu'il n'existait, dans le projet, "aucune limite géographique à la mobilité". "Le texte dit que l'on va mettre des fonctionnaires en disponibilité mais la différence entre la disponibilité et le licenciement c'est que dans la disponibilité, on n'a droit à rien". "Ce ne sont même pas les droits qui existent dans le secteur privé car si un employeur licencie un salarié qui a refusé la mobilité, le salarié a droit à des indemnités chômage", a fait remarquer le député des Landes.
Des "dizaines de milliers de fonctionnaires" concernés ?
Même ton chez les syndicats. Ce projet risque d'affecter la mission de "neutralité et d'impartialité" des fonctionnaires a réagi mardi sur Europe 1 Jean-Marc Canon, secrétaire général des fonctionnaires CGT. Si le fonctionnaire est "corvéable à merci, si demain il peut être licencié, si on peut lui réduire son salaire de façon massive, comment pourra-t-il s'opposer à des actes éventuellement délictueux de son employeur public ?", s'est-il demandé, en prenant l'exemple d'un maire qui voudrait "favoriser une association, en dépit du bon sens", avec des subventions sans "lieu d'être". Si "je suis l'agent qui doit exécuter le versement de ces subventions, si demain je n'ai plus aucune garantie (d'emploi) pour le faire, je ne pourrai pas m'opposer à cet ordre", a-t-il souligné, en estimant que le travail des fonctionnaires s'effectue dans un "cadre d'impartialité et de neutralité".
Selon Jean-Marc Canon, plusieurs "dizaines de milliers de fonctionnaires risquent d'être confrontées" au risque de perdre leur emploi. Réfutant le terme de "privilégiés" pour les fonctionnaires, le syndicaliste a dénoncé les propos du ministre de la Fonction publique Eric Woerth, selon lequel les contraintes familiales seront prises en compte, lors des réorientations obligées. "Contrairement à ce que dit le ministre, il n'y a aucune garantie à ce que les emplois proposés soient proches" car "c'est simplement pris en compte" dans la loi de mobilité, mais pas garanti, a dit Canon, en rappelant que cette loi a été votée en plein été 2009.
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