Philips : la direction ne lâche rien, les salariés comptent sur la justice

Par , le 19 février 2010 à 12h01 , mis à jour le 19 février 2010 à 12h04

"Il n'y aura plus d'emplois Philips à Dreux prochainement", a réaffirmé vendredi le président de Philips France. La justice se prononce à 15 heures.

Philips : la lettre de trop ?Philips a annoncé la fermeture définitive de son usine de Dreux. C'est par une simple lettre recommandée que les salariés ont été informés qu'il était inutile qu'ils reviennent au travail lundi. 212 postes vont être supprimés. © TF1/LCI

Difficile d'être plus catégorique... "Il n'y aura plus d'emplois Philips à Dreux prochainement", a réaffirmé vendredi le président de Philips France, Joël Karecki, lors d'une conférence de presse à Paris, alors que les salariés dénoncent depuis plusieurs jours les conditions de fermeture du site lundi. "Les lignes de Dreux ne fabriqueront plus de téléviseurs et il n'y a pas d'autres produits Philips de prévus parce qu'il n'y a pas d'autres produits Philips utilisant ce type de technologie", a-t-il ajouté.

Plus d'infos

 
Depuis le mois d'octobre, le personnel sait que la direction veut fermer le site d'assemblage de téléviseurs à écran plasma, qui a déjà perdu 350 emplois en 2005 et 279 en 2008, en raison de pertes importantes (413 millions d'euros en 2008). Mais les 212 salariés de l'usine ont reçu samedi une simple lettre les invitant à ne plus se rendre à leur poste de travail, sans leur notifier leur licenciement. Ils ont ensuite trouvé portes closes lundi, la production ayant été arrêtée
 
Estrosi "choqué" mais Philips pas "voyou"
 
Les syndicats et les élus du personnel ont saisi la justice en référé pour obtenir la reconnaissance du "lock-out du site par la direction". Le tribunal de grande instance de Chartres, saisi sur "l'absence d'avis du comité d'établissement et du comité central d'entreprise" sur le plan social, doit rendre à 15 heures son jugement. Les salariés se réuniront en AG à l'issue de la décision. Environ 150 salariés du site, dont les portes étaient verrouillées depuis lundi, ont pu réintégrer vendredi les locaux de l'usine, la direction ayant respecté son engagement de leur laisser un libre accès sans toutefois reprendre la production de télévisions. "Les grilles ont rouvert à 8 heures 30, alors que des salariés de la production attendaient depuis 5 heures 30", a déclaré Jean-Amar Arrar, délégué central FO. "Les gens sont contents d'avoir retrouvé leur poste de travail, c'est ce qu'on demandait et on a eu gain de cause, l'ambiance est calme, on attend la décision du tribunal", a ajouté le syndicaliste.
 
"J'ai été choqué par la brutalité avec laquelle on annonçait aux salariés de Philips à Dreux dès samedi la fermeture des grilles à partir de lundi", avait déclaré jeudi le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi à l'issue d'une rencontre à Bercy avec les représentants CGT et FO de l'usine de Dreux. Il avait déclaré mardi que Philips n'était pas "un patron voyou" tout en disant vouloir vérifier si la lettre envoyée aux salariés leur demandant de rester chez eux s'inscrivait dans le calendrier normal de la procédure. Christian Estrosi s'est également dit "choqué" de la proposition faite aux salariés d'aller travailler en Hongrie pour 450 euros par mois.

Par Olivier Levard le 19 février 2010 à 12:01
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2 Commentaires

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  • an.ne, le 19/02/2010 à 14h58

    Une proposition d'aller travailler en Hongrie pour 450 euros par mois est choquante sur le fond. Mais je rappelle à tous ceux qui ont la mémoire courte que l'année dernière une entreprise française (dont j'ai malheureusement oublié le nom et qui avait fermé son site en France l'année précédente) s'est retrouvée devant les tribunaux pour n'avoir pas proposé à ses salariés un reclassement sur son site en Roumanie pour 200 euros par mois. C'est sur ce motif que les salariés licenciés avaient attaqué et cela avait coûté très très cher à cette entreprise. Conclusion: si on propose ce genre de reclassement, les syndicats et les salariés crient au scandale.. Si on ne le propose pas, les mêmes crient à l'injustice ! C'est beau la France... Quel entrepreneur étranger aurait encore envie de venir s'installer ici ????

  • fdd66, le 19/02/2010 à 13h42

    Que vient faire la justice dans cette affaire ? Si la maison mere veut fermer, elle fermera. Comment comptent-ils continuer à assembler ? Avec quelle matière première ? La justice ne peut obliger la Ste qu'a faire respecter la loi en matière sociale.

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