Pour protester, un chercheur refuse 15.000 euros de prime

Par TF1 News (D'après agence), le 15 février 2010 à 09h42 , mis à jour le 15 février 2010 à 10h35

Un scientifique du CNRS a refusé une prime d'excellence scientifique pour dénoncer la politique de différenciation salariale au sein des chercheurs lancée par le gouvernement.

TF1/LCI recherche expérienceUne expérience scientifique. © SXC

Pour le biologiste François Bonhomme, directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISE-M), tout commence en décembre lorsqu'il reçoit une lettre lui annonçant le versement d'une prime de 15.000 euros au titre de sa médaille d'argent du CNRS, obtenue pour ses travaux scientifiques en 1996. Mais cette prime, il n'en veut pas. Il refuse les écarts de salaires qui s'accroissent au sein du monde de la recherche. A l'automne, un autre médaillé d'argent du CNRS, Didier Chatenay, a déjà annoncé qu'il refuserait sa prime de 15.000 euros. François Bonhomme va donc faire de même et s'en explique dans une lettre.

"Je ne suis pas du tout partisan de la politique de différenciation salariale qui est en train de se mettre en place dans la recherche publique française", déclare le chercheur dans sa lettre postée sur le site du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS-FSU). "Je ne me berce pas d'illusions d'un monde égalitaire", poursuit le scientifique, qui juge cependant que les scientifiques "apprécient aussi de ne pas se sentir en concurrence trop directe avec leurs collègues".

Haro sur la prime d'excellence scientifique

Le chercheur refuse notamment un système dans lequel des "capitaines de recherche négocieront leur salaire à l'embauche tout en ayant à leur service une armée de contractuels taillables et corvéables à merci". François Bonhomme a demandé en conséquence que sa prime, étalée sur quatre ans, soit reversée à la Fondation de France, qui recueille des dons pour aider les personnes vulnérables, développer la connaissance et protéger l'environnement.

Fin janvier, cinq syndicats de chercheurs et le collectif Sauvons l'Université (SLU) ont adressé une lettre à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse demandant l'abandon de la prime d'excellence scientifique en échange d'une augmentation des possibilités de promotion et d'une "création massive de postes titulaires afin de résorber la précarité".

Par TF1 News (D'après agence) le 15 février 2010 à 09:42
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25 Commentaires

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  • a.1.2.c.4, le 16/02/2010 à 13h40

    Quel beau discours "tcaut" ... Ça donne envie de pleurer ... Euhhh pardon ... rigoler ...! Gérard Manfroid ... Avez-vous remarqué que je signe de mon prénom et de mon nom ? :o)))

  • a.1.2.c.4, le 16/02/2010 à 13h34

    Comme il est amusant de constater que ... vous faites exactement la même chose ... du matin au soir ... et du soir au matin ... Vous en devenez risible "aciery" ...! Gérard Manfroid !o)))

  • baal_, le 16/02/2010 à 13h27

    @criticdailleurs critique facile ? J'émets des hypothèses que les FAITS semblent confirmer. Une critique facile c'est plutôt ce que vous faites : affirmer des choses invérifiables pour justifier des arguments partisans. Vous affirmez que dans le privé les chercheurs fournissent "trop souvent" (ouf, ça vous exonère de la responsabilité d'une affirmation définitive) de faux résultats à cause de la pression des entreprises (contrairement aux chercheurs publics, dégoulinants de vertu, sont toujours parfaits, puisque en tant que chercheurs vous savez que le contraire d'une exception, c'est une règle). Selon vous une entreprise pharmaceutique est prête à vendre du gazon comme remède miracle contre le cancer, uniquement pour avoir des chiffres à présenter aux actionnaires, et tant pis si elle ferme boutique après un procès retentissant et des condamnations records ? C'est peut être un argument qui trouve un certains succès dans la recherche publique, mais dans le monde réel ça se passe pas comme ça. J'ajouterais qu'avoir bac+10 et avoir un job pourri c'est absolument pas un gage de qualité, bien au contraire. Arrêtez un peu de pleurnicher parce que les faits semblent montrer que la recherche en France est gangrénée par les abus de toute sorte, sous prétexte que c'est pas facile tous les jours.

  • criticdailleurs, le 15/02/2010 à 23h04

    Baal_ j'admire ta critique facile. Que dire du privé. Les chercheurs du secteur privé sont trop souvent esclaves de leur entreprises. Ils doivent obligatoirement apporter des résultats qui servent uniquement les intérrêts de celles-ci quitte à produire de faux résultats (Hélas pour nous c'est en matière de sécurité alimentaires mais aussi médicales qu'on trouve le plus d'abus) et peu importe les conséquences sur nous ou notre environnement du moment que cela rapporte du fric. Les chercheurs du publics sont peut-être les dernièrs à pouvoir faire leur travail en toute neutralité et avec une éthique, une déontologie qui disparait petit à petit dans le privé au nom du sacro-saint pognon. Donc oui à la recherche public et encore oui. Et pour te contredire beaucoup font 2 fois plus d'heures que toi car dans la recherce ça n'a jamais exister les 39 puis les 35 heures et n'oublie pas que se sont tous des Bac + 9 avec souvent 5 à 10 ans de "précarités" Post-doctorales. Il faut donc beaucoup de courage pour ne pas abdiquer Et encore plus pour rester en France quand tu vois le salaire d'un chercheur d'un pays anglophone (US, UK, CA, AUS).

  • mikecostin, le 15/02/2010 à 22h09

    Bravo Monsieur le scientifique François Bonhomme , ce refus vous honore , si tous étaient comme vous, profil bas....y a pas de mot .... mais comme l'on dit certains vous auriez pu la prendre est la diviser en parts égales avec les petits ...enfin ce que vous venez de faire vous grandit. Chapeau. Cordialement Thierry

  • enfer67, le 15/02/2010 à 19h08

    Réaction mesquine et tellement petite. La jalousie vous étouffe. Les chercheurs en France (dans le domaine public) gagnent une misère vu leur niveau d'études. Voilà pourquoi la plupart des jeunes diplômés préfère partir à l'étranger où leurs compétences sont reconnues à leur juste valeur. Merci de publier cette fois !!!

  • baal_, le 15/02/2010 à 19h00

    La recherche c'est difficile ... dans le public ! maintenant demandez vous pourquoi est ce qu'ils ne veulent pas (ne peuvent pas) aller dans le privé ? Peut être que le système actuel permet de se la couler douce (combien de sujets d'étude sont des plagiats déguisés pour justifier des fonds) ? Peut être que refuser des primes est un moyen d'éviter que ça change ? Franchement, quelqu'un qui refuse 15.000 euros, je trouve ça plus louche qu'admirable.

  • halx, le 15/02/2010 à 18h40

    A ysgawin : et payer des impôts pour une somme dont il ne profitera pas...

  • sara64, le 15/02/2010 à 18h02

    Au départ j'ai pensé aussi qu'il aurait pu partager, mais pour le principe c'est médiatiquement beaucoup plus marquant de refuser et de faire savoir ce qui se passe dans la recherche, extrêmement malmenée en France: des salaires peu élevés vu le niveau d'études (doctorat au moins), une demande accrue de productivité (articles, conférences, déplacements constants dus à la compétition entre les labos). Je ne suis pas chercheur, mais il se trouve que des membres de ma famille le sont et je vois leur quotidien et leur vie de famille: dur!

  • ysgawin, le 15/02/2010 à 17h19

    Et, "en tant que chercheur", vous pouvez aussi nous parler des "petits à côté" comme "par exemple" les rémunérations lorsque vous aller donner une conférence ou animer un séminaire ?

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