© TF1-LCIHommes et femmes ne sont pas égaux devant la crise. Selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques parue cette semaine, "une crise peut en cacher une autre" et selon les sexes, "la dégradation liée à la crise prend d'autres formes". Ainsi, l'emploi des femmes a au départ "mieux résisté à la crise que celui des hommes" mais la tendance s'est inversée fin 2009. Et comme "les femmes acceptent plus souvent des petits boulots", la pauvreté les guette, commente l'auteur de l'étude de l'OFCE, l'économiste Françoise Milewski.
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Cette pression croissante sur l'emploi féminin se manifeste par un effet de ciseaux qui fait chuter leurs revenus. "Pour les femmes, le ralentissement du nombre d'emplois s'accompagne aussi et surtout par un ajustement de la durée du travail (...) lourd de conséquences car il accroît à la fois le chômage et la précarité", souligne Françoise Milewski. "Embauches majoritairement en CDD ou sous-emploi durable fait de temps partiel imposé et accepté faute de mieux" constituent dès lors le lot quotidien de nombreuses femmes. Or, "quand un salaire horaire au Smic (ou à peine plus) et à temps partiel ne permet déjà pas de joindre les deux bouts, toute réduction des horaires fait basculer vers la pauvreté" et "de plus en plus de femmes voudraient travailler davantage".
Crise et conséquences
La timide reprise ces derniers mois s'accompagne d'une accélération des embauches de moins d'un mois et "nul doute que les femmes vont en faire les frais, quand on sait la structure des emplois et la ségrégation du marché du travail entre les hommes et les femmes", ajoute l'OFCE. "Même si le nombre de chômeuses de plus d'un an est un peu plus faible que celui des chômeurs (car les femmes acceptent plus souvent des petits boulots), la dégradation de 2009 va peser, tout particulièrement en fin de droits", prédit l'observatoire.
Au début, rappelle Françoise Milewski, "tout s'est passé comme si la récession avait d'abord conduit à des licenciements massifs, concernant tout particulièrement les hommes dans l'industrie". Les femmes étaient "moins pénalisées par les licenciements des grands secteurs industriels parce qu'elles sont davantage salariées des services". Mais elles ont "été confrontées à partir du début 2009, en même temps à des pertes d'emploi et à des offres d'emploi à temps réduit" et "au cours du second semestre les tendances se sont harmonisées et même inversées".
Selon l'Insee, au troisième trimestre 2009, les chômeurs (1,292 million en seule métropole) sont devenus plus nombreux que les chômeuses (1,291 million). "Une nouveauté", souligne l'OFCE. Le taux de chômage féminin reste néanmoins structurellement supérieur à celui des hommes : 10% de chômage DOM inclus, contre 9,1% pour les hommes, au troisième trimestre 2009. L'Insee publiera les données du 4e trimestre jeudi.
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