© SXC.HULes discussions durent depuis six mois et elles doivent trouver leur aboutissement ce vendredi : autour de la table, syndicats et patronat doivent s'accorder sur la manière et les moyens de lutter contre le harcèlement et la violence au travail, une préoccupation devenue majeure après plusieurs suicides de salariés, notamment à France Télécom. La négociation, entamée en octobre 2009, prend pour base de travail un accord-cadre européen, signé en avril 2007, que les partenaires sociaux devaient transposer en droit français. Le projet d'accord qui doit être finalisé a notamment pour objectif "d'améliorer la sensibilisation et la compréhension des employeurs, des salariés et de leurs représentants, afin de mieux prévenir ces agissements, les réduire et si possible les éliminer". Le texte précise aussi que le harcèlement et la violence "peuvent affecter potentiellement tout lieu de travail et tout salarié, quels que soient la taille de l'entreprise, son champ d'activité ou la forme du contrat ou de la relation d'emploi".
Tentative de suicide au Pôle Emploi d'Ajaccio
Les agences de Corse ont fermé leurs portes à la suite de la tentative de suicide d'un employé de la direction régionale d'Ajaccio. Il a été conduit à l'hôpital et ses jours ne seraient pas en danger.
Publié le 16/02/2010
Le harcèlement et la violence au travail touchent quelque 5% des travailleurs européens, selon une étude de 2005 intitulée "enquête européenne sur les conditions de travail". En France, 8% des femmes et 7% des hommes estiment avoir été victimes de harcèlement moral au travail, selon cette même étude. Le sujet est devenu d'autant plus sensible ces dernières semaines alors qu'en février, l'inspection du travail a transmis à la justice un rapport sur une série de suicides de salariés de France Télécom, dénonçant une "mise en danger d'autrui" et un "harcèlement moral" liés aux méthodes de l'entreprise. Autres cas moins connus : en novembre 2009, trois cadres de l'opérateur de bourse Nyse-Euronext ont été renvoyés en correctionnelle pour harcèlement moral à l'encontre d'un autre cadre qui s'était suicidé. Le même mois, la société de messagerie DHL et l'un de ses cadres ont été condamnés pour "harcèlement moral" d'un salarié.
Points d'accord et divergences
La violence au travail peut prendre la forme d'agressions verbales, d'agressions comportementales, notamment sexistes, voire d'agressions physiques : insultes, menaces, humiliations, brimades. Selon le projet d'accord, "le harcèlement survient lorsqu'un ou plusieurs salariés font l'objet d'abus, de menaces et/ou d'humiliations répétés et délibérés dans des circonstances liées au travail". Les partenaires sociaux ont également identifié des populations qui peuvent être plus affectées par ces risques, comme "les personnes potentiellement exposées à des discriminations", les femmes ou les personnes en contact avec le public, qui peuvent être victimes d'incivilités.
Mais les partenaires sociaux divergent sur un point majeur : les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) souhaitent que soit inscrit dans l'accord que "certaines formes d'organisations du travail et de gestion du personnel provoquent par elles-mêmes de la violence et du harcèlement", explique Joseph Thouvenel (CFTC). Le patronat (Medef, CGPME, UPA) refuse de son côté d'en faire une généralité. "Il est possible de trouver une formulation qui ne mette pas en cause le principe de l'organisation du travail en général, mais des comportements individuels de la part de certains employeurs", expliquait lors de la dernière séance de négociation le chef de file de la délégation patronale Benoit Roger-Vasselin (Medef).
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