André Daguin, Prédident de l'Umih restauration
Entre Christine Pujol, présidente contestée du principal syndicat de restaurateurs, l'Umih, et son prédécesseur et successeur par intérim André Daguin, c'est une guerre sourde, qui dure depuis des mois. A peine élue, Christine Pujol s'est vue destituée en novembre lors d'une assemblée générale extraordinaire, organisée en marge du congrès annuel du syndicat. Cette réunion avait alors désigné André Daguin comme président par intérim en charge d'organiser de nouvelles élections. Depuis, Christine Pujol a saisi la justice - et plus possible pour la présidente déchue d'accéder à son bureau, au siège du syndicat.
La confrontation était inévitable et le psychodrame a éclaté mercredi, au lendemain d'une décision judiciaire qui n'a pas tranché sur le fond, lorsque la présidente est revenue de force dans son bureau. La serrure avait été changée : elle a fait intervenir un serrurier. Et depuis lors, elle campe là avec quelques soutiens, affirmant à qui veut l'entendre que si elle est revenue, "c'est pour rester". Elle affirme qu'elle a décidé d'occuper son bureau pour tenter de "trouver une solution". Selon un communiqué de la nouvelle direction, qui lui est notoirement hostile, tout ce qu'elle a tenté en fait, c'est de négocier son départ contre des indemnités financières pour elle et une collaboratrice, ainsi que la prise en charge de frais de justice. Ce que conteste vivement son entourage : "elle n'est pas là pour une histoire d'argent", assure-t-on, rappelant que la présidente déchue est à la tête de quatre hôtels-restaurants à Carcassonne.
"Elle a perdu, il faut qu'elle s'en aille"
Ses détracteurs, élus de l'Umih et membres du directoire, ont annoncé avoir entamé des démarches judiciaires pour la faire expulser. Les services de l'Umih ont été fermés jeudi et la plupart des salariés priés de rentrer chez eux. "Mme Pujol a perdu, il faut qu'elle s'en aille", fulmine André Daguin, rappelant qu'elle "a contre elle tout le directoire et 70% du conseil d'administration".
Mais Christine Pujol conteste. Elle conteste la validité de l'assemblée générale extraordinaire qui l'avait destituée, tout d'abord. Elle conteste l'élection de nouveaux dirigeants annoncée lundi, ensuite. Elle conteste aussi avoir, comme le dit André Daguin, "perdu" sur le plan judiciaire. Certes, elle a été déboutée mardi par la justice, mais sur une question de forme. Et puisque le tribunal "n'a pas tranché sur le fond", elle explique avoir réintégré son bureau pour "parler" avec ceux qui ont pris le syndicat en main depuis le coup de force de novembre.
C'est dans ce contexte manquant quelque peu de dignité qu'une centaine de responsables départementaux de l'Umih devront élire lundi un nouveau tandem (Président et vice-président) à la tête du syndicat. Sont candidats, Pierre-Paul Alfonsi (Paca) et Alain Paulin (Bouche-du-Rhône), ainsi que Roland Héguy (Pays Basque) et Hervé Becam (Finistère).
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