La présidente de l'Umih s'accroche à son bureau

Par TF1 News, le 19 mars 2010 à 14h33 , mis à jour le 19 mars 2010 à 15h32

Situation bloquée à l'Umih, principal syndicat de la profession : Christine Pujol, présidente contestée, va pouvoir rester retranchée dans son bureau. La justice a débouté ceux qui réclamaient son expulsion.

[Expiré] [Expiré] Christine Pujol, présidente contestée de l'Umih, à la fenêtre du bureau qu'elle occupe (mars 2010) © AFP / E. Piermont

Une nouvelle fois, la justice a été saisie... sans véritablement trancher le conflit qui mine le principal syndicat de restaurateurs, l'Umih. Car la guerre fait rage à la tête de l'organisation entre Christine Pujol, présidente contestée, et son prédécesseur et successeur par intérim André Daguin. Au point que la première se trouve aujourd'hui enfermée dans son bureau, transformé en forteresse, d'où elle brave ses opposants... lesquels ont demandé à la justice de l'expulser. Mais ils ont été déboutés par le tribunal de grande instance de Paris, "en l'absence de tout trouble manifestement illicite".

  • La "patronne" des restaurateurs va quitter son bureau

    L'Umih, principal syndicat de la profession, a été débouté de sa demande d'expulsion de son ex-présidente, qui occupait son bureau depuis le 10 mars. Celle-ci peut désormais circuler librement dans les locaux.

    Publié le 19/03/2010 La "patronne" des restaurateurs va quitter son bureau
Plus d'infos

Le conflit a éclaté à la fin de l'an dernier. A peine élue, Christine Pujol s'est vue destituée en novembre lors d'une assemblée générale extraordinaire, organisée en marge du congrès annuel du syndicat. Cette réunion avait alors désigné André Daguin comme président par intérim en charge d'organiser de nouvelles élections. Depuis, Christine Pujol a saisi la justice - et plus possible pour la présidente déchue d'accéder à son bureau, au siège du syndicat. La confrontation était inévitable et le psychodrame a éclaté il y a un peu plus d'une semaine, au lendemain d'une décision judiciaire qui n'a pas tranché sur le fond, lorsque la présidente est revenue de force dans son bureau. La serrure avait été changée : elle a fait intervenir un serrurier.

Une semaine de Fort Chabrol au siège de l'Umih

Et depuis lors, elle campe là, affirmant à qui veut l'entendre que si elle est revenue, "c'est pour rester". Elle dort sur le sol dans son bureau de la rue d'Anjou, dans le VIIIe arrondissement de Paris, en compagnie de son attachée de presse. Des proches les ravitaillent en leur faisant parvenir des paniers de nourriture par la fenêtre, grâce à un système de poulie. Elle affirme qu'elle a décidé d'occuper son bureau pour tenter de "trouver une solution". Selon un communiqué de la nouvelle direction, qui lui est notoirement hostile, tout ce qu'elle a tenté en fait, c'est de négocier son départ contre des indemnités financières pour elle et sa collaboratrice, ainsi que la prise en charge de frais de justice. Ce que conteste vivement son entourage : "elle n'est pas là pour une histoire d'argent", assure-t-on, rappelant que la présidente déchue est à la tête de quatre hôtels-restaurants à Carcassonne. 

"Mme Pujol a perdu, il faut qu'elle s'en aille", fulmine André Daguin, rappelant qu'elle "a contre elle tout le directoire et 70% du conseil d'administration". Mais Christine Pujol conteste. Elle conteste la validité de l'assemblée générale extraordinaire qui l'avait destituée, tout d'abord. Elle conteste l'élection de nouveaux dirigeants, ensuite : car pendant qu'elle occupait son bureau, lundi dernier, le dirigeant du syndicat a changé - il a désormais pour nom Roland Héguy - mais Christine Pujol estime cette élection "tout aussi illégitime" que le coup de force qui avait porté une nouvelle direction à la tête du syndicat en novembre. Elle peut se targuer d'avoir reçu le soutien de dirigeants locaux de l'Umih représentant l'Aude, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire.

Depuis le début du psychodrame, la collaboratrice de Christine Pujol qui occupe avec elle son bureau a reçu, par huissier, sa "convocation à un entretien préalable à un licenciement pour faute lourde". Elle déplore aussi que son "téléphone portable professionnel ait été coupé" ainsi que la ligne fixe de son bureau. Les deux femmes affirment aussi que l'accès aux toilettes leur a été interdit au premier jour de l'occupation du bureau "pour les forcer à partir", puis de nouveau autorisé sur intervention de leurs avocats. L'un des avocats de Christine Pujol, Me Henri de Beauregard, a cependant annoncé à la presse que sa cliente entendait quitter les lieux de son plein gré dans la journée pour y revenir lundi "afin de poursuivre sa mission". Elle souhaite notamment, selon Me de Beauregard, "pleinement collaborer" avec le mandataire judiciaire que le TGI de Paris, dans sa décision de vendredi, a décidé de nommer au sein de l'Umih "avec pour mission de convoquer une assemblée générale extraordinaire, afin de permettre l'élection de son  nouveau président et de son nouveau vice-président".

Par TF1 News le 19 mars 2010 à 14:33
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

8 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • hc46, le 19/03/2010 à 21h52

    Justement ,c'est elle qui ne veut pas faire de zèle,pas lui

  • necronomicon66, le 19/03/2010 à 19h13

    J'ai voulu faire pareille dans mon bureau à la Défense mais au 27° Etage le ravitaillement par la fenêtre c'est pas facile même avec EADS lol... Surtout que les fênetres ne s'ouvrent pas .. Enfin le ridicule ne tu pas !!!

  • lhom35, le 19/03/2010 à 18h29

    ça doit être bien payé comme place...

  • juigne11, le 19/03/2010 à 17h38

    Il n'y a que son cas personnelle ,qui interesse cette personne,c'est une arriviste, Elle n' a pas fait grand chose pour les petits hotels, avec une étoile.

  • provincesavoie, le 19/03/2010 à 16h32

    Une preuve de plus (si besoin était) que le ridicule ne tue pas (hélas!)

  • suffren116, le 19/03/2010 à 15h56

    Pourquoi Daguin ne met pas autant de zèle à faire baisser les prix après le cadeau de la TVA ?

  • tongji01, le 19/03/2010 à 15h34

    Mais bossez donc et arretez de vous plaindre d'avoir un boulot.

  • 01lili18, le 19/03/2010 à 15h29

    Encore une preuve que la seule chose qui interesse ces personnes, est uniquement la place et non de défendre les intérets des personnes quelles sont sensées représenter.Et l'on s'étonne que si peu de gens adhèrent à un syndicat.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience