Sans-papiers : patrons et syndicats accordent leurs violons

Par TF1 News (D'après agence), le 10 mars 2010 à 11h30 , mis à jour le 10 mars 2010 à 14h38

Pour la première fois, des représentants du patronat (hors Medef) et des syndicats ont rédigé un texte commun sur les critères permettant aux salariés sans papiers d'obtenir un titre de séjour. Ils veulent en discuter avec Xavier Darcos.

Sans-papiers lors d'une occupation de locaux pour réclamer leur régularisation.Sans-papiers lors d'une occupation de locaux pour réclamer leur régularisation. © TF1/LCI

On estime officiellement qu'il y a entre 200.000 et 400.000 travailleurs en situation irrégulière en France. Le plus souvent, ils restent des travailleurs de l'ombre, sans statut et sans droits. Pourtant, depuis mi-octobre, environ 6000 sans-papiers de plus de 2100 entreprises se sont mis en grève pour exiger des critères clairs de régularisation par le travail, avec le soutien de onze syndicats ou associations. Une nouvelle circulaire diffusée fin novembre aux préfets et précisant les critères à prendre en compte pour l'admission exceptionnelle au séjour des salariés étrangers n'a pas mis fin au conflit.

Plus d'infos

Du côté des autorités, rien ne semble permettre de sortir de cette situation inextricable. Aussi des représentants du patronat et des syndicats ont-ils pris le problème à bras-le-corps. Les représentants de deux organisations patronales, la CGPME et Ethic, le Syndicat national des activités du déchet, l'entreprise Veolia Propreté ainsi que les syndicats CGT, CFDT, Unsa, FSU et Sud se sont rencontrés mercredi 3 mars. Résultat de leur entrevue : un texte commun, qui n'est pas encore un accord, sur les critères permettant aux salariés sans papiers d'obtenir un titre de séjour. S'il "n'a pas vocation à prendre position sur la question de la régulation des flux migratoires en France", ce texte "se veut pragmatique, constructif et positif", ont précisé patronat et syndicats dans un communiqué. "Il s'agissait d'établir les conditions précises et objectives d'obtention d'autorisation de travail et de séjour correspondant, pour les salariés étrangers sans papiers mais qui s'acquittent, de même que leurs employeurs, de leurs cotisations et impôts".

Le ministère du Travail botte en touche

La CGPME a tenu à relativiser la portée du texte, tout en expliquant la volonté qui avait présidé à cette recherche d'un compromis avec les syndicats. "Il s'agit d'une approche commune pour faire avancer les choses (...) sans la valeur d'un accord normatif, ni d'un texte signé", a souligné Jean-François Veysset (CGPME). "Il s'avère qu'il y a eu des divergences peut-être trop marquées" d'une préfecture à l'autre, et "on a donc recherché, dans le respect des textes, à dégager une approche qui pourrait peut-être permettre de meilleures prises de décision" au cas par cas. "Il ne s'agit pas de se faire complice et de faciliter la clandestinité" mais "n'oublions pas que derrière tout cela, il y a des être humains et des entreprises dont la priorité est de produire pour dégager des rémunérations qui permettent aux intéressés de gagner leur autonomie".

Le texte a été soumis lundi à Xavier Darcos, avec lequel les parties signataires jugent un rendez-vous "souhaitable et urgent", selon leur communiqué. Du côté du ministère du Travail, pour l'heure, on botte en touche en soulignant que les questions de régularisation relèvent du ministère de l'immigration.

Quoi qu'il en soit, le problème acquiert une visibilité croissante. Après une brèche ouverte début 2008 par les neuf cuisiniers du restaurant La Grande Armée à Paris, au moins 2800 salariés sans papiers ont été régularisés lors du premier mouvement coordonné notamment par la CGT et Droits Devants!. Mais de nombreux dossiers butent au niveau des préfectures. Parmi eux, des intérimaires, mais aussi des travailleurs du secteur de la propreté (une trentaine avaient occupé en avril 2009 un site de la société de traitement de déchets Taïs, filiale de Veolia Propreté, à Villeneuve-le-Roi dans le Val-de-Marne), de la restauration, du gardiennage, du BTP et des aides à domicile.

 

Manifestation d'un millier de sans-papiers à Créteil

Environ un millier de sans-papiers ont défilé mercredi, à l'appel d'une coordination baptisée "Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers", dans les rues de Créteil pour demander leur régularisation et réclamer une simplification de leurs démarches auprès de l'administration.
Brandissant une longue banderole appelant à "l'égalité de droits" entre travailleurs français et "immigrés", les manifestants se dirigeaient vers la préfecture du Val-de-Marne où ils espéraient être reçus.
Ce collectif, installé à Paris, a récemment organisé des rassemblements à Nanterre, Evry et Bobigny pour attirer l'attention sur la situation dans les préfectures de banlieue qui serait "plus compliquée" qu'à Paris.

Par TF1 News (D'après agence) le 10 mars 2010 à 11:30
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11 Commentaires

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  • robert51, le 11/03/2010 à 08h26

    Un grand BRAVO à "clementine 1218 " !!!! vous dites tout haut ce que les gens pensent tout bas et j'aime la franchise !! et même si cela ne plait pas à "syberya" ... point barre !!

  • robert.13, le 11/03/2010 à 00h24

    Les "Sans papiers" se présentent avec des "faux papiers" et c'est comme cela que l'on détourne la loi. Les patrons sont aussi fautifs que ceux qu'ils emploient.

  • syberya, le 10/03/2010 à 18h16

    @61clementine-- Ces travailleurs ne sont pas des sans papiers, ils sont en situation irrégulière du fait qu'ils n'ont pas un titre de séjour en bonne et due forme, pour nombre d'entre eux ils n'ont que des visas touristiques ou des titres de séjour temporaires, c'est tout. Les employeurs je vous l'accorde ne font pas dans l'altruisme en les embauchant ( mais cela existe néanmoins..), cependant ces travailleurs ne sont pas des clandestins, et sont intégrés...leurs enfants scolarisés etc etc..ironie de la chose, ce pourquoi cet accord, ils n'ont droit à aucune indemnité ni remboursement SS ni chômage, prestations pour lesquelles ils cotisent...car pas de titre de sejour valide donc pas de titre de travail...des incohérences que le gouvernement se doit de corriger, même si le procédé est à l'orée de la loi...c'est cool pour tout le monde..

  • margaux1942, le 10/03/2010 à 18h09

    Moi je voudrais bien qu'on m'explique comment des sans-papiers peuvent être employés légalement et cotiser aux diverses caisses ???? Quand on voit les démarches à faire pour l'affiliation, il y a là quelque chose que je ne comprends pas....

  • hc46, le 10/03/2010 à 17h40

    Je pense au contraire que ces clandestins doivent etre expulsés.appliquons la loi!Quant aux journalistes ,c'est ,de votre part ,l'aveu, qu'ils sont pour une bonne part des militants donc méfions nous des informations souvent tronquées ou déformées.

  • 61clementine, le 10/03/2010 à 15h56

    Les sans papiers cotisent à toutes les caisses mais reçoivent aussi, en retour, de certaines caisses ! Quant aux impôts, bien sûr qu'ils soient tellement nombreux à en payer ! Mais, le plus incroyable, c'est quand même qu'il y ait des entreprises qui recourent à ce type de main d'oeuvre illégale ! Quel intérêt pour elles d'engager des personnes en situation irrégulière tout en les déclarant socialement et fiscalement ???

  • syberya, le 10/03/2010 à 15h10

    Dites donc clementine1218, je trouve que votre" point barre " est quelque peu de trop...car quitte à émettre un avis autant que celui-ci soit empreint , et de bon sens et ce dans son intégralité et de modération dans l'ensemble, ce qui n'est pas le cas en l'occurrence...syberya

  • clementine1218, le 10/03/2010 à 13h40

    Un sans papier ne devrait même pas avoir de travail puisse qu'as la base ils n'ont pas de statut légal les patrons sont donc hors la loi point barre.

  • giromaxi, le 10/03/2010 à 13h16

    Les premiers responsables sont ceux qui les emploient non ?!... Donc les peines devraient être dissuassives et exemplaires .

  • baal_, le 10/03/2010 à 12h23

    Tiens, c'est marrant, ce sont les syndicats qui sont chargés d'édicter les lois en matière d'immigration maintenant ... Alors, juste pour info, c'est bien joli de dire qu'on exploite les sans papiers pour leur filer du boulot, en attendant on est obligé d'en refuser à la pelle parce qu'on a pas les capacités d'accueil. C'est sûr que ceux qui sont légalement sur le territoire, eux, faut les déclarer, donc quitte à choisir pour une entreprise vaut mieux éviter ..

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