La Commission européenne manque d'interprètes, notamment en langue française. Elle lance même une campagne pour susciter les vocations. © TF1/LCI
L'ONU cherche des Français, non pas pour faire la cuisine, mais pour interpréter et traduire dans leur langue tous les idiomes de la terre. La pléthore de traducteurs en simultané embauchés dans les années 1970 et 1980 arrivant à l'âge de la retraite, l'organisation craint de se retrouver bientôt à court de Frenchies. A tel point que pour anticiper la pénurie qui s'annonce, l'ONU a signé le 9 mars dernier une convention de coopération avec deux écoles réputées de l'Hexagone, l'ISIT (Institut supérieur d'interprétation et de traduction) et l'ESIT (Ecole supérieur d'interprètes et de traducteurs) qui forment à ces métiers. Marie Meriaud-Brishoux directrice générale de l'ISIT promet un "bel avenir" à la profession : " l'ONU recherche des interprètes et des traducteurs dans toutes ses langues officielles, dont le français. Avec le partenariat qu'on a signé, les stages à New York et les échanges avec les professionnels de l'organisation seront facilités pour nos étudiants". Â
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Bruxelles à court d?interprètes français
La Commission européenne manque d'interprètes, notamment en langue française. Elle lance même une campagne pour susciter les vocations.
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Pourquoi l'ONU, qui siège à New York, a-t-elle besoin de tant d'interprètes francophones ? Beaucoup l'ignorent, mais le français est parlé chez les grands de ce monde, du moins dans les organisations qu'ils ont mises en place. Jadis, avec un Louis XIV ou un Napoléon comme voisin, la communauté internationale se devait d'en parler quelques mots. Tout le monde faisait la guerre à la France, tout le monde lui faisait aussi la paix. La langue des traités et des ambassades, était donc, par commodité, celle de Molière. Certes, aujourd'hui c'est celle de Shakespeare qui est à l'honneur sur Terre, mais le français a su garder de son "glorieux" passé quelques prés carrés : c'est la première langue officielle des Jeux Olympiques, l'une des deux langues de travail de l'ONU, l'une des trois de l'Union européenne. Des institutions prestigieuses, qui rétribuent bien, voire très bien, leurs collaborateurs et qui recherchent donc ardemment dans les prochaines années à reconstituer leurs stocks d'interprètes francophones.Â
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"Un concours plus ouvert"
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Comme l'ONU, les institutions européennes ont également commencé à prévoir les années de vaches maigres : 200 interprètes francophones devront être embauchés pour combler les besoins de l'UE d'ici 2015. Problème : en France, seule une poignée de professionnels convenablement formés, selon les exigences stricts de l'Union, arrivent sur le marché du travail chaque année. Pour ceux qui envisagent ces métiers c'est donc le moment ou jamais :"Les besoins sont réels, on devra recruter très prochainement et un concours est prévu pour juillet. Il pourrait être plus ouvert que les autres années vu les besoins. Le phénomène devrait se poursuivre pendant quelques années", confirme Michel Catuhe, le chef du service traduction française de l'Union Européenne.
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Une fois tous les besoins de ces institutions comblés, intégrer le gratin de la traduction et de l'interprétariat mondial risque d'être beaucoup plus compliqué. Une fois en place, un traducteur en simultané s'accroche à son poste jusqu'à la retraite, et ça se comprend : un  interprète à New York ou à Bruxelles gagne en moyenne 5000 euros par mois... Lorsqu'il débute.
Devenir interprète: la marche à suivre |
Pour pouvoir postuler à ces emplois bien rémunérés, mais exigeants, être doué pour une langue étrangère ne suffit pas. En plus du français, il faut au moins maîtriser parfaitement deux langues de l'UE, pour exercer à Bruxelles ou à Strasbourg. La maîtrise du maltais ou du roumain peut aussi être un plus. Surtout, il faut être formé à ces métiers : "Interprète et traducteur, ce sont des métiers qui s'apprennent. Comme on ne devient pas chirurgien en bricolant, ce n'est pas en vivant 10 ans en Chine qu'on pourra se dire interprète du mandarin", explique la directrice de l'ISIT. Son école ainsi que l'ESIT, en signant un accord avec l'ONU, ont obtenu une sorte de label de qualité. Pour décrocher le diplôme d'interprète, les études sont longues, cinq ans. On peut y entrer après le bac ou à partir de la licence ou du master, en passant par une sélection sur épreuves et sur dossier. S'inscrire aux concours de l'Union européenne: http://europa.eu/epso/index_fr.htm Institut supérieur d'interprétation et de traduction: Ecole supérieur d'interprètes et de traducteurs:  http://www.univ-paris3.fr/esit/  |
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