Vous parlez français ? L'ONU recrute !

Par Idir HOCINI, le 23 mars 2010 à 19h57 , mis à jour le 12 avril 2010 à 18h05

Dossier : Une semaine pour l'Emploi

Plusieurs grandes institutions, dont l'ONU et l'Union européenne, recherchent des interprètes et des traducteurs en langue française pour combler les départs en retraite.

Bruxelles à court d’interprètes françaisLa Commission européenne manque d'interprètes, notamment en langue française. Elle lance même une campagne pour susciter les vocations. © TF1/LCI

Petit Logo semaine pour l'emploiL'ONU cherche des Français, non pas pour faire la cuisine, mais pour interpréter et traduire dans leur langue tous les idiomes de la terre. La pléthore de traducteurs en simultané embauchés dans les années 1970 et 1980 arrivant à l'âge de la retraite, l'organisation craint de se retrouver bientôt à court de Frenchies. A tel point que pour anticiper la pénurie qui s'annonce, l'ONU a signé le 9 mars dernier une convention de coopération avec deux écoles réputées de l'Hexagone, l'ISIT (Institut supérieur d'interprétation et de traduction) et l'ESIT (Ecole supérieur d'interprètes et de traducteurs) qui forment à ces métiers. Marie Meriaud-Brishoux directrice générale de l'ISIT promet un "bel avenir" à la profession : " l'ONU recherche des interprètes et des traducteurs dans toutes ses langues officielles, dont le français. Avec le partenariat qu'on a signé, les stages à New York et les échanges avec les professionnels de l'organisation seront facilités pour nos étudiants".  

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Plus d'infos

 
Pourquoi l'ONU, qui siège à New York, a-t-elle besoin de tant d'interprètes francophones ? Beaucoup l'ignorent, mais le français est parlé chez les grands de ce monde, du moins dans les organisations qu'ils ont mises en place. Jadis, avec un Louis XIV ou un Napoléon comme voisin, la communauté internationale se devait d'en parler quelques mots. Tout le monde faisait la guerre à la France, tout le monde lui faisait aussi la paix. La langue des traités et des ambassades, était donc, par commodité, celle de Molière. Certes, aujourd'hui c'est celle de Shakespeare qui est à l'honneur sur Terre, mais le français a su garder de son "glorieux" passé quelques prés carrés : c'est la première langue officielle des Jeux Olympiques, l'une des deux langues de travail de l'ONU, l'une des trois de l'Union européenne. Des institutions prestigieuses, qui rétribuent bien, voire très bien, leurs collaborateurs et qui recherchent donc ardemment dans les prochaines années à reconstituer leurs stocks d'interprètes francophones. 
 
"Un concours plus ouvert"
 
Comme l'ONU, les institutions européennes ont également commencé à prévoir les années de vaches maigres : 200 interprètes francophones devront être embauchés pour combler les besoins de l'UE d'ici 2015. Problème : en France, seule une poignée de professionnels convenablement formés, selon les exigences stricts de l'Union, arrivent sur le marché du travail chaque année. Pour ceux qui envisagent ces métiers c'est donc le moment ou jamais :"Les besoins sont réels, on devra recruter très prochainement et un concours est prévu pour juillet. Il pourrait être plus ouvert que les autres années vu les besoins. Le phénomène devrait se poursuivre pendant quelques années", confirme Michel Catuhe, le chef du service traduction française de l'Union Européenne.
 
Une fois tous les besoins de ces institutions comblés, intégrer le gratin de la traduction et de l'interprétariat mondial risque d'être beaucoup plus compliqué. Une fois en place, un traducteur en simultané s'accroche à son poste jusqu'à la retraite, et ça se comprend : un  interprète à New York ou à Bruxelles gagne en moyenne 5000 euros par mois... Lorsqu'il débute.

Devenir interprète: la marche à suivre

Pour pouvoir postuler à ces emplois bien rémunérés, mais exigeants, être doué pour une langue étrangère ne suffit pas. En plus du français, il faut au moins maîtriser parfaitement deux langues de l'UE, pour exercer à Bruxelles ou à Strasbourg. La maîtrise du maltais ou du roumain peut aussi être un plus. Surtout, il faut être formé à ces métiers : "Interprète et traducteur, ce sont des métiers qui s'apprennent. Comme  on ne devient pas chirurgien en bricolant, ce n'est pas en vivant 10 ans en Chine qu'on pourra se dire interprète du mandarin", explique la directrice de l'ISIT. Son école ainsi que l'ESIT, en signant un accord avec l'ONU, ont obtenu  une sorte de label de qualité. Pour décrocher le diplôme d'interprète, les études sont longues, cinq ans. On peut y entrer après le bac ou à partir de la licence ou du master, en passant par une sélection sur épreuves et sur dossier. 
 
L'ONU et l'Union européenne veulent les meilleurs. Il faut dont  passer des concours pour y exercer le métier d'interprète. Moins d'un tiers des postulants en moyenne réussit celui de l'UE. Mais l'impression d'un concours très sélectif est accentuée par le nombre de personnes peu préparées qui  y candidatent.

S'inscrire aux concours de l'Union européenne:

http://europa.eu/epso/index_fr.htm

Institut supérieur d'interprétation et de traduction:

 http://www.isit-paris.fr/

Ecole supérieur d'interprètes et de traducteurs:

 http://www.univ-paris3.fr/esit/

 

Par Idir HOCINI le 23 mars 2010 à 19:57
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14 Commentaires

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  • participante38, le 15/04/2010 à 08h50

    Il n'y a qu' à voir les prix des loyers !!!!!

  • participante38, le 15/04/2010 à 08h48

    Très bonne réponse ! On ne nous laisse même pas débuter, c'est quand même ECOEURANT de leur part ! Bref, nous n'avançons pas dans le bon sens !

  • valiha13, le 14/04/2010 à 15h52

    Bonjour. Malheureusement, c'est encore et toujours le même problème qui se présente : l'ONU, cette grande organistaion réunissant des centaines de pays de tous les horizons, mais qui, lors du recrutement de son personnel, ne s'ouvre qu'aux gens non seulement bardés de diplômes mais également avec déjà une expérience confirmée. Comment voulez-vous qu'on acquiert "des expériences significatives", si on ne nous donne même pas la possibilité de travailler !!! Les diplômes, parlons-en. Il vaut toujours mieux avoir des diplômes anglais, américains ou français à la rigueur pour espérer avoir une chance de concourrir. Si vous n'en avez pas, ce n'est même pas la peine de remplir le formulaire. Mais enfn, comme on dit l'espoir fait vivre .... le tout est de savoir qui peut en vivre et comment.

  • bilingue84, le 13/04/2010 à 15h50

    Bonjour, Jeune fille bilingue confirmée, motivée, consciencieuse, travailleuse et fiable; Je suis sérieuse, dynamique, aimable, souriante, et j'aime le contact. J'ai de grandes facultés commerciale et de communication (BAC+4 ANGLAIS et une formation pro en service client obtenue a londres ) Capable de travailler sous la pression, seule ou en équipe j'ai eu des experiences dans le secretariat, la traduction, la réception ...et je souhaiterais aujourd'hui mettre mes compétences à profit dans une entreprise offrant de réelles perspectives d'évolution. je vis a Limoges et j'aimerais etre contactée par des employeurs ou des personnes pouvant me donner des pistes d'emploi Bien a vous Nina Doua

  • angefall75, le 13/04/2010 à 15h38

    Et comme d'habitude, on nous fait croire que l'offre s'adresse au plus grand nombre. Alors qu'en réalité, il faut être encore dans le cursus d'étude ou avoir terminé ses études avec un bac+"10" d'une "grande école". C'est comme l'armée, on recrute dans tous les diplômes et divers profils, mais ils oublient de dire qu'il ne faut pas avoir le moindre pépin physique et cela même pour un poste apparemment administratif (du moment ou il faut porter un uniforme il faut être physiquement apte !!!!). Donc au final, dans la plupart des cas, il aura 36 critères qui feront que vous ne conviendrez pas ! A moins d'être à 100% en phase avec le recruteur.

  • jeco02, le 13/04/2010 à 08h16

    Il faut déjà que l'on réapprenne et que l'on parle français dans nos écoles, car les étrangers pratiquent la langue de Molière mieux que nous "pas ke nous".

  • terry_dallas_tx, le 12/04/2010 à 18h38

    5000 par mois a New York, ca frise la misere...

  • sophie70, le 12/04/2010 à 18h16

    Ben voilà, les chomeurs professionnels, hop, au boulot !!!

  • chouchou1940, le 12/04/2010 à 16h00

    Bien rémunérée la traduction simultanée mais très très dur !

  • mcg35, le 12/04/2010 à 15h23

    Ok pour les jeunes qui cherchent un premier travail ... Et les gens de plus de 50 ans, ils peuvent aussi postuler? Ils ont des chances?

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