Ils menacent de faire sauter l'usine, réunion à la mairie

Par D.H. (et agences), le 01 avril 2010 à 18h54 , mis à jour le 02 avril 2010 à 18h34

Des salariés de Sodimatex étaient toujours retranchés vendredi matin dans leur usine de Crépy-en-Valois dans l'Oise. Réclamant un meilleur plan social, ils menacent de faire exploser une citerne.

Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010 © TF1-LCI

Entre 30 et 60 salariés de Sodimatex ont passé la nuit de jeudi à vendredi retranchés dans leur usine de Crépy-en-Valois dans l'Oise, selon la préfecture. Pour faire pression sur leur direction, ils menacent de faire exploser une citerne de gaz présente sur le site. Ce vendredi matin ils ont disposé une série de cocktails Molotov tout autour. "On n'a plus rien à perdre" après un an de combat, a expliqué la veille au soir sur LCI un délégué FO. "Leur désarroi est tel (...) que beaucoup d'entre eux sont particulièrement affectés et ça peut aller très loin", a ajouté sur LCI l'avocate du comité d'entreprise. 
  • Le directeur de PTPM libéré

    Retenu depuis lundi par le personnel, le directeur du fabricant de tissus pour automobiles à Aÿ, a été libéré mardi soir après un accord sur des négociations concernant la réindustrialisation du site promis à la fermeture.

    Publié le 27/04/2010 Le directeur de PTPM libéré
  • Après Sodimatex, l'action des salariés de PTPM

    Après des plaintes en justice, les salariés de PTPM, propriété du groupe Trèves -comme Sodimatex, menacée d'explosion par ses salariés au début du mois- retiennent depuis lundi soir leur direction dans l'usine à Aÿ censée fermer.

    Publié le 26/04/2010 Après Sodimatex, l'action des salariés de PTPM
  • Demi-victoire pour les "Sodimatex"

    Après avoir occupé leur usine menacée de fermeture et menacé de la faire exploser, ils ont obtenu le doublement de leurs indemnités de licenciement. C'est moins toutefois que ce qu'ils réclamaient.

    Publié le 14/04/2010 Demi-victoire pour les "Sodimatex"
  • Les "Sodimatex" sont fatigués

    Il y a quelques jours, les salariés de l'équipementier automobile menacés de perdre leur emploi se disaient prêts à faire sauter l'usine. Ce mardi, ils reprennent les négociations. Avec fatigue et résignation.

    Publié le 13/04/2010 Les "Sodimatex" sont fatigués
  • Sodimatex : les salariés suspendent leurs menaces

    Un accord de méthode a été conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les salariés de Sodimatex à Crépy-en-Valois, qui menaçaient de faire exploser leur usine et la direction du groupe Trèves.

    Publié le 03/04/2010 Sodimatex : les salariés suspendent leurs menaces
  • Sodimatex : négociations tendues

    Les salariés de l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, qui menacent de faire exploser une citerne de gaz pour réclamer de meilleurs indemnités de licenciement, ont quitté vendredi soir pendant deux heures la table des négociations.

    Publié le 02/04/2010 Sodimatex : négociations tendues
Plus d'infos

Ils réclament de meilleures conditions de départ alors que le site spécialisé dans la fabrication de moquette pour l'automobile, qui emploie 96 personnes, doit fermer. Une table ronde a commencé à la mairie de Crépy à la mi-journée sous l'égide du préfet, pour décider de leur sort près d'un an après l'annonce de la fermeture du site. Elle rassemble réunit notamment les représentants des salariés et la direction du groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex.

Estrosi condamne l'occupation

En attendant, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a condamné "l'attitude inacceptable d'une minorité" de salariés et appelé l'ensemble des parties à une réunion de conciliation mardi prochain. "J'ai peur. On a affaire à des gens qui sont à bout, depuis des mois et des mois qu'ils demandent à négocier et que des négociations n'arrivent pas à aboutir. J'ai peur pour eux, j'ai peur aussi pour notre ville et j'espère qu'il n'y a pas d'acte désespéré qui soit engagé", a pour sa part déclaré avant la réunion le maire UMP de Crépy-en-Valois, Arnaud Foubert. Et Xavier Mathieu, le charismatique leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix, dans l'Oise aussi, a appelé vendredi le ministre du Travail Eric Woerth à intervenir dans ce conflit.

Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a dénoncé vendredi le "chantage" exercé par les salariés. "On n'est pas des voyous, on est des êtres humains. Fatigués, dépités,  déprimés mais toujours motivés", affirme François Heindryckx, 42 ans, dont 21 ans chez Sodimatex. Autour de lui, des collègues "rêvent de la voir exploser", la citerne. Certains ont passé la nuit à dormir sur des ballots déroulés de moquette pour intérieur de voiture, dans la pénombre de l'usine à l'arrê. D'autres ont passé leur temps à discuter, amers, de la tournure de cette journée qui devait être "une petite grève symbolique".

Mardi, "on nous a envoyé un conciliateur qui a proposé une prime de 15.000  euros", explique Fabrice Bel, 32 ans dont 10 ans de maison. Pour les ouvriers de  Crépy, pas question de partir avec moins que leurs collègues d'une autre usine Sodimatex, liquidée en 2006, qui avaient obtenu 21.000 euros en plus des indemnités légales. "Ce qui a déclenché tout le bordel, c'est quand ils ont envoyé les gendarmes  mobiles", pour libérer le rond-point bloqué de cette zone industrielle où sont implantées des plate-formes logistiques de la grande distribution, explique ce  grand gaillard. Constatant qu'il n'y aurait pas de négociation, les salariés se sont retranchés dans leur usine et ont préparé la citerne.

A Roanne, ils bloquent 2,5 millions d'euros de stock

Les 34 salariés du fabricant britannique de pièces aéronautiques GKN Aerospace bloquent un stock de pièces estimé à 2,5 millions d'euros depuis l'annonce mercredi de la fermeture de leur usine près de Roanne (Loire), afin de négocier leur prime de licenciement, ont-ils indiqué vendredi. "GKN Aerospace souhaite transférer notre production de pales pour réacteurs d'avions vers les Etats-Unis afin de bénéficier de la parité du dollar sur l'euro", a expliqué Francis Riveccio, secrétaire non syndiqué du CE, joint au téléphone par un correspondant de l'AFP. Les salariés, qui réclament chacun une prime de licenciement supralégale de 60.000 euros, bloquent un stock de pièces destinées à la Snecma (Safran), principal client du site de La Pacaudière (Loire), selon la même source. L'avenir du site sera abordé lors d'un CE extraordinaire le 7 avril.

En outre, la conserverie du groupe France Champignon à Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire) était occupée depuis vendredi matin par les salariés après l'annonce la veille de la fermeture du site d'ici octobre 2011, selon une source syndicale.

Par D.H. (et agences) le 01 avril 2010 à 18:54
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

75 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • redeared, le 02/04/2010 à 23h38

    A l'epoque, je suis partis aux USA pour etre avec mon epouse, j'etais jeune et insouciant! Apres avoir litteralement jete toutes mes economies par les fenetres a acheter plein de trucs dont j'avait pas besoin, et a faire des sorties dont j'aurait pu me passer, j'ai du me mettre au travail et c'est a ce moment seulement que j'ai commencer a me bouger les fesses. Je ne me plain surtout pas de ma situation, je suis un homme heureux meme si ma situation n'est pas geniale: j'ai appris a faire plus avec moins, mais surtout j'ai appris a avoir confiance en moi. Je n'ais plus peur de l'echec. Pourtant, il fut un temps ou moi aussi je pleurait a cause du trop peu d'argent dans mon compte en banque, des factures impayees etc... Aujourd'hui j'ai finis de pleurer et je me prend en main: en fait je ris de plus en plus ces jours-ci, et bizarrement je trouve aussi de plus en plus a partager avec les autres...

  • diktatur, le 02/04/2010 à 20h32

    Bijoux-cailloux-choux voyouS....poux...

  • syberya, le 02/04/2010 à 18h57

    @bandini273--C'est pas pour autant non plus qu'ils prêtent à ceux qui veulent entreprendre!!!! Ils sont FRILEUX ces chochottes de banquiers lesquels ne prêtent qu'aux riches....et que l'on ne me dise pas le contraire...propos que m'on tenu plusieurs banquiers : il est plus facile d'obtenir un prêt de 25.000euros pour acheter un véhicule que pour monter une entreprise..heuuu, cherchez l'erreur...syberya

  • maxpatrice, le 02/04/2010 à 18h33

    Ils n'ont qu'a construire et livrer le matériel sur le dos des usines des groupes voyoux.....

  • flacleco, le 02/04/2010 à 16h38

    C'est mal connaitre l'économie que de resoner comme cela.. Imagine que tous les pays fassent pareils..!! Qu'adviendrait' il de nos voitures produites en france??tu vas en acheter 20 par mois pour faire tourner les entreprises... etc etc etc etc

  • bandini273, le 02/04/2010 à 16h02

    Vous m'avez tiré des larmes là ... Pas de bol, je travaille dans une banque, les bénéfices sont de nouveau monstrueux. Ils embauchent pas pour autant.

  • pilonduroi, le 02/04/2010 à 15h58

    Tout le monde réclament des augmentations. OK, mais les prix des produits Francais seront plus chers, et ce seront les mêmes qui acheterons des produits importés moins chers.... Le chomage vient des Francais et de personne d'autre.. Achetons Francais , même si c'est plus cher.... Et ne dites pas que c'est parce que les gens ne gagnent pas assez qu'ils n'achetent pas Francais, je connais des personnes avec de bons revenus qui achetent des voitures etrangeres..

  • moicontribuable, le 02/04/2010 à 15h21

    Moi je suis a moitie parti deja; et ces gens qui se pleignent des riches, insultent les employeurs et detruisent leurs usine n'auront que leurs yeux pour pleurer.

  • moicontribuable, le 02/04/2010 à 15h18

    Yannjoss, ah oui, leur donner 15000 euros sans contrepartie c'est un extreme.

  • moicontribuable, le 02/04/2010 à 15h11

    Aucun rapport, les banques ont empruntes et ont rembousees de gros interets qui soulagent le budget de l'Etat. De plus, une banque qui ferme, et vous etes expulse de votre maison monsieur; et ce ne sont pas 5 employes mais toute la population qui est touchee.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience