Sodimatex : négociations tendues

le 02 avril 2010 à 19h51 , mis à jour le 02 avril 2010 à 22h31

Les salariés de l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, qui menacent de faire exploser une citerne de gaz pour réclamer de meilleurs indemnités de licenciement, ont quitté vendredi soir pendant deux heures la table des négociations.

Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010 © TF1-LCI

La tension est montée d'un cran vendredi soir, alors qu'un délégué FO expliquait jeudi sur LCI : "on n'a plus rien à perdre" après un an de combat. Les salariés de l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, qui menacent de faire exploser une citerne de gaz depuis jeudi, avaient claqué la porte des négociations vendredi soir, après une demi-journée de réunion, comme la direction n'a "pas l'intention de négocier", avait expliqué Patrick Testar, délégué CFDT de l'usine qui fabrique des moquettes pour automobiles. "On a décidé de sortir de la salle et ils verront les conséquences... Venez sur le site", avait-il lancé. Finalement, deux heures plus tard, les discussions ont repris. "L'objectif c'est d'obtenir des garanties sur la loyauté des négociations et la faisabilité des propositions", a expliqué leur avocate.
  • Le directeur de PTPM libéré

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  • Après Sodimatex, l'action des salariés de PTPM

    Après des plaintes en justice, les salariés de PTPM, propriété du groupe Trèves -comme Sodimatex, menacée d'explosion par ses salariés au début du mois- retiennent depuis lundi soir leur direction dans l'usine à Aÿ censée fermer.

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  • Demi-victoire pour les "Sodimatex"

    Après avoir occupé leur usine menacée de fermeture et menacé de la faire exploser, ils ont obtenu le doublement de leurs indemnités de licenciement. C'est moins toutefois que ce qu'ils réclamaient.

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  • Les "Sodimatex" sont fatigués

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  • Sodimatex : les salariés suspendent leurs menaces

    Un accord de méthode a été conclu dans la nuit de vendredi à samedi entre les salariés de Sodimatex à Crépy-en-Valois, qui menaçaient de faire exploser leur usine et la direction du groupe Trèves.

    Publié le 03/04/2010 Sodimatex : les salariés suspendent leurs menaces
  • Ils menacent de faire sauter l'usine, réunion à la mairie

    Des salariés de Sodimatex étaient toujours retranchés vendredi matin dans leur usine de Crépy-en-Valois dans l'Oise. Réclamant un meilleur plan social, ils menacent de faire exploser une citerne.

    Publié le 01/04/2010 Ils menacent de faire sauter l'usine, réunion à la mairie
Plus d'infos

"Il y a un semblant d'accord sur les indemnités", a indiqué le premier adjoint au maire de Crépy-en-Valois, Bruno Fortier. Selon lui, les négociations achoppent sur l'identité de la personne chargée de contrôler les comptes de l'entreprise. Les salariés exigent la nomination d'un expert indépendant pour vérifier la solvabilité de la société et sa capacité à verser les indemnités réclamées. La direction de Sodimatex veut imposer son propre commissaire aux comptes, a-t-il expliqué. Depuis jeudi soir, une partie des 98 salariés de l'usine menacent de faire exploser une citerne de gaz du site, dont la fermeture est programmée depuis avril 2009. Ils réclament des primes de licenciement de 20.000 euros et la réouverture des négociations avec la direction. Les syndicats assurent que les salariés sont prêts à faire sauter l'usine au moyen de cocktails molotov posés sur une citerne de gaz. Le site a été placé sous la surveillance des forces de l'ordre.

Estrosi condamne l'occupation

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a condamné "l'attitude inacceptable d'une minorité" de salariés et appelé l'ensemble des parties à une réunion de conciliation mardi prochain. "J'ai peur. On a affaire à des gens qui sont à bout, depuis des mois et des mois qu'ils demandent à négocier et que des négociations n'arrivent pas à aboutir. J'ai peur pour eux, j'ai peur aussi pour notre ville et j'espère qu'il n'y a pas d'acte désespéré qui soit engagé", a pour sa part déclaré avant la réunion le maire UMP de Crépy-en-Valois, Arnaud Foubert. Et Xavier Mathieu, le charismatique leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix, dans l'Oise aussi, a appelé vendredi le ministre du Travail Eric Woerth à intervenir dans ce conflit.

Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a dénoncé vendredi le "chantage" exercé par les salariés. "On n'est pas des voyous, on est des êtres humains. Fatigués, dépités,  déprimés mais toujours motivés", affirme François Heindryckx, 42 ans, dont 21 ans chez Sodimatex. Autour de lui, des collègues "rêvent de la voir exploser", la citerne. Certains ont passé la nuit à dormir sur des ballots déroulés de moquette pour intérieur de voiture, dans la pénombre de l'usine à l'arrê. D'autres ont passé leur temps à discuter, amers, de la tournure de cette journée qui devait être "une petite grève symbolique".

Mardi, "on nous a envoyé un conciliateur qui a proposé une prime de 15.000  euros", explique Fabrice Bel, 32 ans dont 10 ans de maison. Pour les ouvriers de  Crépy, pas question de partir avec moins que leurs collègues d'une autre usine Sodimatex, liquidée en 2006, qui avaient obtenu 21.000 euros en plus des indemnités légales. "Ce qui a déclenché tout le bordel, c'est quand ils ont envoyé les gendarmes  mobiles", pour libérer le rond-point bloqué de cette zone industrielle où sont implantées des plate-formes logistiques de la grande distribution, explique ce  grand gaillard. Constatant qu'il n'y aurait pas de négociation, les salariés se sont retranchés dans leur usine et ont préparé la citerne.

D'autres actions de salariés

Les 34 salariés du fabricant britannique de pièces aéronautiques GKN Aerospace bloquent un stock de pièces estimé à 2,5 millions d'euros depuis l'annonce mercredi de la fermeture de leur usine près de Roanne (Loire), afin de négocier leur prime de licenciement, ont-ils indiqué vendredi. "GKN Aerospace souhaite transférer notre production de pales pour réacteurs d'avions vers les Etats-Unis afin de bénéficier de la parité du dollar sur l'euro", a expliqué Francis Riveccio, secrétaire non syndiqué du CE, joint au téléphone par un correspondant de l'AFP. Les salariés, qui réclament chacun une prime de licenciement supralégale de 60.000 euros, bloquent un stock de pièces destinées à la Snecma (Safran), principal client du site de La Pacaudière (Loire), selon la même source. L'avenir du site sera abordé lors d'un CE extraordinaire le 7 avril.

En outre, la conserverie du groupe France Champignon à Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire) était occupée depuis vendredi matin par les salariés après l'annonce la veille de la fermeture du site d'ici octobre 2011, selon une source syndicale.

Enfin, les salariés de SeaFrance, soumis à un plan de redressement, ont entamé une grève vendredi, paralysant le trafic transmanche de la compagnie de ferries pour dénoncer certaines mesures du plan et le manque d'effectifs, a constaté un correspondant de l'AFP.

le 02 avril 2010 à 19:51
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16 Commentaires

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  • baptiste_31, le 03/04/2010 à 12h10

    C'est le sens de l'histoire, les emplois qui demandent peu de qualifications partent vers les nouveaux pays industrialisés et la France doit se spécialiser dans les services et la production de produits à haute valeur ajouté. C'est comme ça que l'on gardera notre avance.

  • pipott, le 03/04/2010 à 07h24

    Et les actionnaires qu'en pensent-ils?

  • fredou184, le 03/04/2010 à 04h34

    Préparé vos valises on part tous en chine ou ailleurs merci l'euro ( merci de me publié le modérateur ) na je dis ca parceque 'il en marre de se faire ignoré ...

  • jlub84, le 02/04/2010 à 22h59

    Ce n'est pas tant la fermeture des boites qui fout les boules que le fait qu'il y aie de moins en moins de masochistes pour creer des entreprises en France.

  • lucien31, le 02/04/2010 à 22h30

    De toute manière soupapes ou pas il y aura un sacré feu et puis il suffit d'en mettre plusieurs côte à côte les dégâts seront toujours important, et l'explosion est toujours possible, cela ne serait pas la première fois, une bouteille de gaz , désolé mais cela explose.Ils feraient mieux de délimiter un périmètre de sécurité pour les riverains afin d'éviter un massacre.....

  • rique57, le 02/04/2010 à 22h17

    Oui vous avez raison, mais pour qui???? et je répons à nicapae, avec le frique il n"y a pas de démocratie.

  • jlub84, le 02/04/2010 à 22h16

    Un autre secteur tres developpe en France: le manque d'imagination et de creativite!

  • lem122, le 02/04/2010 à 21h59

    Sodimatex appartient eu groupe treves et sachez le : Trèves avait pourtant été la première entreprise à bénéficier du soutien du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) afin que l'entreprise ne dépose pas le bilan. Ce fonds avait annoncé fin février 2009 qu'il injecterait 55 millions d'euros dans l'équipementier, sous la forme d'une prise de participation minoritaire dans son capital. En résumé, le groupe empoche 55 millions d'euros et quelques mois plus tard licencie pour délocaliser en laissant 15000 euros à chaque licencié. Je ne cautionne pas la violence mais je comprend que ces gens soient à bout!

  • tipoussy01, le 02/04/2010 à 21h31

    Aujourd'hui en France, seuls 2 secteurs ont un avenir grandissant: le Tourisme et le secteur lié à l'aide sociale à l'enfance. Le Tourisme, on sait pourquoi et l'aide sociale à l'enfance a de l'avenir parce que la crise structurelle économique qui touche notre pays est tellement puissante que les familles sont broyées et qu'ils abandonnent de plus en plus leurs relations avec la société et se retrouvent de plus en plus marginalisées, incapable d'éduquer correctement leurs enfants. Ces fermetures d'entreprises on le sait sont un choixx de société que Sarkozy et consorts renforcent en permettant au Patronat de faire ce qu'il veut. Mais les conséquences on le voit sont terribles et il n'est pas exclu que des salariés révoltés à bout d'espoir commettent l'irréparable en désespoir de cause.

  • tof.com, le 02/04/2010 à 21h29

    Est ce que quelqu'un peut leur dire gentiment que la citerne ne peut pas exploser car il y a 1 ou 2 soupapes de sécurité........et par la meme occasion le faire savoir aux Français tout simplement, merci

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